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Connaissez-vous cet homme, auquel vous vous êtes adressée?
Mlle DE BELLE-I
Je le connais comme tout le monde le connaît; qui ne connaît pas M. de Richelieu? d'aubigny.
Et le connaissant, \uus pouvez espérer que la protection qu'il vous accorde est désintéressée ?
MUe DE BELLE-ISLE.
Raoul! peut-être ai-je tort ; mais, je l'avouerai, je ne sais pas voir ainsi le mal a travers le bien. M. de Richelieu ne s'est offert jusqu'à présent à moi que comme un ami; s'il se prélente sous un autre aspect, vous avei bien, jele présume, assez de confiance en moi pour croire nue, si puissante que soit L'influence du duc, j'y renoncerai dès que sa protection pourra compromettre un honneur qui n'est plus à moi seule, et un nom que je vais échanger contre le vôtre.
d'ai iugny.
Oh ! c'est que, dans votre innocence, vous igno-
MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE
rez ce que c'est que cet homme, Gabrielle... Les âmes les plus pures se sont ternies au souffle de son amour ; il n'y a pas une réputation à laquelle il ait touché sans y laisser une tache... Une fois sa résolution prise, aucun moyen ne lui coûte pour arriver au but qu'il s'est proposé; et quelques-uns des moyens qu'il a employés eussent peut-être coûté cher à des hommes moins puissans que lui. Tenez, Gabrielle, vous voyez ce que je souffre ; eh bien ! ayez pitié de moi.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Que faut-il que je fasse, Raoul?... Tout ce que vous demanderez, je suis prête, dites.
d'ai biov.
Promettez-moi de ne pas recevoir M. le duc de Richelieu ce soir.
Je vous le promet-.