SCENE XIV
M DE Bl i Ll i-i ! i B I ni n vi. nu
Mlle DB BELLE-ISLE.
Oh I revoir mon père, mon Dieu quel bonheur!
oh • mais c est an aesje pour moi que la marquise!
m i kGJ1 ktl.
H, le chevalier d'Aubigny.
Ni 01 BEI LE-ISI U.
D'Aulo n\ : et pour la première fois do ma Nie,
avoir un secret qui ne soit pas à nous deux! Faites entrer. (Le chevalier entre, elle va à lui, lui tend la main.) Bonjour, Raoul.
d'aubigny.
Qu'avez-vous, Gabrielle? vous paraissez bien joyeuse!
Mlle DE BELLE-ISLE.
Ce que j'ai... j'ai le cœur plein d'espoir, Raoul; car, depuis que je suis arrivée, tout semble me réussir et marcher au-devant de moi. Ah! nous sauverons mon père, nous sauverons mes frères, et nous serons doublement heureux ; heureux de notre amour, heureux de leur bonheur. Remerciez Dieu par votre joie, au lieu de l'irriter par vos doutes. Quant à moi, je ne puis vous en dire davantage, mais je prie, je crois et j'espère. d'aubigny.
Oh! mon Dieu! comment se fait-il que, lorsque vous êtes si confiante et si heureuse, je sois si froid et si triste, moi? Vous voyez tout à travers l'espérance; moi, je vois tout à travers la crainte! Je ne sais pourquoi, mais je suis faible comme un enfant. Vous parlez de toutes ces choses qui viennent au-devant de vous et qui vous rassurent; elles m'effraient, moi. Vous les croyez mues par une puissance supérieure et bienfaisante, je tremble qu'elles ne tiennent à un pouvoir humain et fatal! C'est peut-être une folie, Gabrielle; mais c'est une folie qui f;iit bien mal et qui mérite qu'on la plaigne à l'égal d'un malheur réel.
MUe DE BELLE-ISLE.
Ah! vous ôtes ingrat envers la Providence, Raoul, dans ce moment-ci surtout.
d'aubigny.
Eh! qu'a-t-ellc donc fait pour vous? dites-moi cela, Gabrielle; voyons, je ne demande pas mieux que d'être rassuré : sur qui comptez-vous pour des jours meilleurs?
Sur M'"c de Prie, d'abord! qui a été si bonne et si charmante pour moi, qu'elle me traite en amie et presque en sœur... Vous le voyez, elle n'a pas même voulu permettre que je continue d'habiter un hôtel : quelles précautions plus grandes aurait prises une mère pour sa fille?
d'aubigny.
Eh bien! que voulez-vous? les impressions, comme je vous le disais , dépendent sans doute du moment où on les reçoit; il n'y a pas jusqu'à la bonté de Mrao de Prie qui ne m'inquiète. Vous ne lui avez point parlé de notre mariage, Gabrielle?
Mlle DE BELLE-ISLE.
N'est-ce point un secret?
d'aubigny.
Eh bien! gardez-le surtout ici... J'ai tout lieu de croire que, si la marquise l'apprenait , cela pourrait changer peut-être ses dispositions à voégard ; mais, dites-moi, n'avez-vous vu que la marquise, aujourd'hui?
Mlle DE BELLE-ISLE.
Oh! si fait, Raoul. J'ai vu une autre personne, sur laquelle je compte encore plus que sur la mar-
quise; car elle n'a pas les mêmes craintes de se compromettre.
d'aubigny.
Puis-je vous demander son nom?
Sans doute ; car son nom n'est point un secret!
d'aubigny.
Enfin?
Mlle DE BELLE-ISLE.
C'est M. le duc de Richelieu.
d'aubigny.
Le duc de Richelieu !
Mlle DE BELLE-ISLE.
Qu'avez-vous?
d'aubigny.
Le duc de Richelieu ! Vous l'avez donc vu aujourd'hui?
Mlu DE BELLE-ISLE.
Il n'a presque pas quitté le château.
d'aubigny.
Qu'y faisait-il ?
Ile
II a travaillé une partie de la journée avec M. le