LE 1)1 C
Je l'avoue.
DE BELLE-l-
Et vous l'avez jeté par cette fenêtre ?
le nie.
Par cette fenêtre.
■ Dl m LE-ISLE.
Et à qui ?
Le sais-je, moi? à celui qui L'attendait, sans
doute.
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V us étiez ici, dans eettC chambre \ Il Dl t..
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i i: i Mais', sans doute.
Mllt DB 11 l I .L-ISLE.
MAGASIN THEATRAL
LE DUC
Avec vous.
M,le DE BELLE-ISLE.
Vous mentez, monsieur le duc.
le duc.
Je mens! moi?
MUe de belle-isle.
Oui, vous; et impudemment encore !...
LE DUC
Pardon, mademoiselle; mais, lorsqu'une femme parle ainsi à un homme, il ne peut répondre qu'en se retirant.
M1,c DE BELLE-ISLE, l'arrêtant.
Oh! non ! non! vous ne sortirez pas ainsi!... parce que vous vous appelez Richelieu, parce que vous êtes deux fois duc et deux fois pair, il ne vous sera pas permis, monsieur, pour gagner un misérable pari où vous croyez votre honneur engagé, il ne vous sera pas permis de calomnier une femme, et, quand cette femme a tout perdu , excepté l'amour d'un homme qu'elle aime, de lui faire, par cette calomnie , perdre l'amour de cet homme! Oh! j'en appellerai à votre nom, à votre dignité, à votre honneur, qui fait fausse route, et qui peut se perdre, monsieur le duc ; et vous direz la vérité... oui, la vérité, oui, et cela, ici, devant moi ! devant moi, que vous avez offensée... et cette vérité... vous hésiterez d'autant moins à la dire, que je ne suis qu'une femme, et qu'on ne pourra pas supposer que c'est la crainte qui vous fait revenir sur ce que vous aviez avancé !
LE DUC
Eh! mon Dieu! oui. J'ai eu tort; j'aurais dû avoir l'air de perdre. Voyons! voulez-vous que j'écrive au chevalier? Je lui dirai que j'ai trouvé cette porte fermée, par exemple, et que, par conséquent, cette lettre que j'ai jetée d'ici par la fenêtre ne signifie rien ! Voulez-vous enfin que je lui avoue que j'ai perdu?... Tout ce que vous voudrez, je suis prêt à le faire ! A Dieu ne plaise que manque, par ma folle vanité, un mariage auquel tient, dites-vous, votre bonheur ! je sacrifierai le mien ! c'est bien le moins que je vous doive !...
Mlh' DE BBLLE-ISLB.
Monsieur le duc, il y a quelque chose d'infernal dans ce que vous me dites!.. .C'est vrai: Mais je ne pensais pas que la perversité pût aller si loin! Non! monsieur, non ! non! ce n'est pas une lettre que je demande! non! c'est un aveu que j'exige! un aveu ici, un aveu à l'instant même... un aveu que tout ce que vous ayez dit jusqu'ici est faux! que vous l'avez dit au mépris de la vérité, à l'oubli de votre nom! à la honte de votre honneur!... Je veux que vous disiez que VOUS m'avez calomniée, monsieur! oui, Lâchement calomniée... je ne mesure pas les mots, je les dis comme mon indignation me les inspire. . Oui, vous avouerez tout cela... Et je ne réponds pas que je ne vous mépriserai plus ! Mais je vous promets que je. vous pardonnerai !
le duc, à demi-voix.
Je comprends: que ne me disiez-vous par un
signe que quelqu'un dous écoutait, que quelqu'un était caché ?
M,le DE belle-isle, à haute voix.
Personne n'est caché, monsieur! personne ne nous écoute... il n'y a ici que moi... répondez donc à moi !
LE DUC
Eh bien! s'il n'y a ici que vous... si je ne dois répondre qu'à vous, je vous dirai alors que je croyais connaître les femmes, et que j'étais un grand sot; que chaque jour elles m'apprennent quelque chose de nouveau, à moi, qui, chaque jour, crois n'avoir plus rien à apprendre, et qu'à vous, particulièrement, était réservé l'honneur de me donner la leçon la plus complète que j'aie jamais reçue!
Mlle DE BELLE-ISLE.
Assez, monsieur le duc; sortez.
J'obéis, mademoiselle; mais je n'ai pas perdu tout espoir; je me présenterai ce soir, à la même heure qu'hier, et peut-être serai-je mieux reçu que ce matin.
Il salue et sort.
IU
Oh! oh! mon Dieu! mon Dieu!