SCENE III M,la DE BELLE-ISLE, LE DUC
M1Ie DE BELLE-ISLE.
Vous arrivez à meneille, monsieur; entrez , je vous prie.
LE DUC
Salut à ma toute charmante, chez laquelle je me présentais ce matin presque sans espérance de la trouver visible, et qui veut bien cependant me recevoir à cette heure.
M1Ie DE BELLE-ISLE.
J'allais vous envoyer chercher , monsieur. LEDUC, voulantbaiser lamainde MUc deBelle-Ide. Ah! mais voilà qui me comble!
Monsieur le duel...
LE DUC
Eh bien!...
Mlle Dl BELLE-ISLE.
Pardon... mais j'ai une explication grave et sérieuse à vous demander, une explication qui touche mon honneur!
LE di c.
Votre honneur! et qui Oferait y porter atteinte, mademoiselle! Parlez I je suis là si on l'attaque.-. Parlez donc... je vous écoule.
M l)K II I I L-ISI r.
Il >'agit d'un pari que vous auriez fait, monsieur le duc.
i \: ni e.
Eh! mon Dieu, oui, mademoiselle; il.laut bien
que je l'avoue; oui; mais je nous aimais, made-
1 le, avant de faire ce parL Du moment où
je von iperçue, j'afaii icnti que mon cœur
ii plus à moi; je nous ataii luirie de Paris
à VertaiUea, et de VertaiUei è Chantilly!.. J
venu ici pou roui... pou rOU seule, je vous le
jure... Ofl m'a propOfé un pari... deux autres Tous
comme moi... vous n'en étiez pas l'objet, votre nom n'avait pas été prononcé dans ce pari; il devait porter sur la première personne qui passerait!.. Vous avez passé... mon honneur était engagé ; le hasard a fait que mon amour s'est trouvé de moitié avec mon honneur... Voila la vérité, mademoiselle, la vérité toute entière. Si j'ai commis une faute, elle est involontaire, et j'espère que vous me la pardonnerez!
MUe DE BELLE-ISLE.
Oui, certes, monsieur le duc, je vous pardonnerai cette faute, quoiqu'il soit étrangementcruel, convenez-en, lorsqu'on a perdu dignités, rang, fortune, lorsqu'il ne reste plus de tout cela qu'une réputation sans tache, convenez, dis-je, qu'il est cruel devoir cette réputation , qui devrait être respectée a l'égal d'une chose sainte, passer comme un jouet aux mains de courtisans désœuvrés, qui, ne pouvant la briser, tentent au moins de la ternir. Eh bien! monsieur le duc... oui... en faveur de tout ce que vous avez fait pour moi, quoique maintenant je connaisse la \éritable source de cette bienveillance et de cette bonté que je croyais désint et pure, oui, je vous pardon-
nerai ce pari; mais à une condition cependant ! vous m'expliquerez comment ce billet a été jeté hier soir par cette fenêtre, entre dix et onze heures du soir... Voyez, monsieur, lisez...
LE DUC
C'est inutile... Je connais ce billet.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Comment! vous le connaissez?
LE DUC
Yest-il pas démon écriture? D'ailleurs, je voudrais nier, que la signature est la.
Mlle 01 I!'. I I L-ISLE.
Vous avez écrit ce billet .'