‹ Pièces de théâtreChapitre 265 sur 1241 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

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JULSS, tntrant. Que sois-je? monseigneur l'archevêque A Fersailles... ^ii<»t! l'arch£VÊqub. Que roules-TOusj mou

cher? quand on sollicite, il faut se lever de bonne heure... Sous le règne de madame de Pompadour, j'ai manqué le chapeau de cardinal de vingt-cinq minutes ; depuis ce temps je suis devenu matinal...

JULES. Et pourtant, vous n'êtes pas encore du sacré collège...

L'ARCHEVÊQUE. Non, mais cela viendra... Sous la duchesse de Châteauroux, Cotillon Ier (comme l'a dit Frédéric, roi de Prusse) je n'étais qu'abbé; je voulus m'amuser à faire de la morale , on m'envoya dire ma messe. Sous madame de Pompadour, Cotillon II, je fus beaucoup plus indulgent, on me fit évêque; sous madame Dubarry, Cotillon III, je fus archevêque, et le chapeau de cardinal n'est suspendu que parun fil au-dessus de ma tête. Vienne un Cotillon IV, et je suis pape. Ah ca ! et vous, mon cher, êtes-vous content de la place que je vous ai fait donner? Secrétaire particulier de la favorite, c'est un emploi d'or; vous devez avoir bien du crédit, et j'espère que vous m'aiderez à obtenir ce que je viens solliciter.

JULES. Si votre demande est juste.

L'ARCHEVÊQUE. Il s'agit bien de cela.

Je demande, voilà tout; je suis bien en cour on n'a rien à me refuser... je vous dirai , mon cher secrétaire, que mes créanciers me tourmentent.

JULES. Comment! vous avez des dettes ?

L'ARCHEVÊQUE. Ah! mon Dieu! oui...

elles datent de nia sortie du séminaire... aussi ces messieurs s'impatientent-ils, et je veux m'en débarrasser. La place de contrôleur des gabelles, à Rennes, est vacante; un riche traitant m'en a offert un bon prix si je puis la lui faire obtenir, et...

JULES. Comment! monseigneur, vous sollicitez un emploi pour le vendre !

L'ARCHEVÊQUE. Certainement... Ce sont le> pe venus fixes de la faveur... Est-ce que par hasard vous voudriez jouer ici le rôle de censeur? Mon cher ami, c'est un emploi qui n'aura pas de sut ces à la cour de Louis XV. Tenez, on voulut l'autre jour faire des remontrances au roi; le peuple murmure, lui disait-on, il finira peut-être, par se fâcher. Sa Majesté fit là-dessus une réponse charmante : tant que je vivrai i le peuple lestera tranquille ; après moi , mon successeur s'arrangera comme il pourra.

jules Heureux si son règne s'achève

en paix !

L'ARCHEVÊQUE. I li bath!.. Il y a longtemps qu'on parle de tempête, de volcan. et rien ne bouge. Nous pouvons encore dormir tranquilles.

JULES. Insensés que >ou? êtes... fermez les yeux sur l'avenir...

Air : N'espérez plus race maudite.

VA demain peut-être la France Sortira d'un trop long sommeil.

Ah 1 craignei tout de sa vengeance Quand sonnera l'heure de son réveil.

Trop abreuvé de mépris et d'outrage, Le peuple enfui se lassera ; Autour du trône on voit grossir Potage; Et sur les rois la foudre éclatera.

L'ARCHEVÊQUE. Allons, allons, encore un que Voltaire a perdu... Voltaire... ah! cet homme nous a fait bien du tort.

JULES. C'est, vrai, car il vous a fait connaître, messieurs du haut cierge.

Les prêtres ne sont pas ce qu'un vain peuple pense, Notre..-

L'ARCHEVÊQUE. Taisez-VOUS, insensé, taisez-vous, ou je vous excommunie...

Changeons d'entretien. On sort de chez la comtesse, dieu merci !

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