HENRIETTE, JULES
Pendant les derniers mots de l'arche\éqne, Jules s'ea iissis dc\aiit un petit nieuhle et relit les papiers qu'il lient à la main.
HENRIETTE, S* appuyant sur le fauteuil '. Eh bien ! monsieur le secrétaire) vous craignez le sermon et VOUS VOUS laites un rempart de toutes ces papera —
JULES , se levant. Si vous voulez me prêcher la morale de monseigneur, u'ai-je pas
COTILLON III
aison demedéfier demes forces ? je pense, omme lui, qu'on ne peut pas résister -i 'on vous regarde ou si l'on vous écoute.
HENRIETTE. Allons... on finira par TOUS jrmnr, far vous devenez flatteur et tous Sentez déjà avec inliniment de facilité.
JULES. .Moi! mademoiselle.
HENRIETTE. Ob' n'essayez pas de vous n défendre. Tenez, moi qui ne fut pas Loi ée à la cour, tant s'en faut; j'aurai beauoup plus de franchise que vous. Il y a uelque temps , je vous voyais souvent trlse, rêveur; je surprenais par fois de tenres regards, de langoureux soupirs; jaftifl l'amour-propre de croire que tout < cim'était adressé. Mais dan- les tête à- têtes ne j'avais la bonté de vous accorder, vos égards devenaient froids, Vos soupirs lisaient, el tout cela recommençait quand oua étions trois,.
.n les. Comment! mademoiselle, vous DOS êtes aperçue...
HENRIETTE. Que vous ne m'aimiez pas.
h! mon Dieu, oui. Je ne tardai pas à déouvrir mon heureuse rivale, et de cemoient je résolus de me venger de vous pour te consoler; car si la vengeance est le laisïr <l<> dieux, c'est aussi le bonheur es femmes.
Air du vaudeville du Baiser au Porteur.
Lu VOUS \(»\;mi si gaucho et si timide
- de L'objet «le rotre amour, \ votu servir alors je me décide:
Pour nous je déclare en ce jour, Oue rbtn cdur aime enfin ù sou tour.
iitidcnte de rcire flamme, Ha rivale aussi Rapprendra, le rciu qu'eue Mit rotre femme,
i elle qui me VeAgerS.
ji les. Comment! v;ous sures la bonté...
HENRIETTE. De parler pour vous? oui, kns doute. N pas verrez ( omme je Bais faire ne déclaration d'amour.
uéloi.m-:, <n dehors. Oui, madame la amtc—e {.Iules fait un mouvement,]
ui.MJi.i 11; i.b bien ! qu'aves-vous donc? bî je comprends; Le son de sa \m\...
u vérité , niDu cher, vous aiinr/. comme u temps des i be n aliers de la t ; • I ► l « - ronde.
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SÇÏSNE \.
HELOISE , 'titrant iO\
Juiêê.
M ademoisi lie Henriette , je \ ieni i« i
'lu'il faut pom la '"jl
de madame la comtesse. N'auriez-vouspas vu les bracelets de madame? (// percevant Jules , elle baisse les yeuœ et s'arrête.)
HENRIETTE. Comment, elle aussi... Eh bien! ma cbère amie, qui est-ce donc qui vous empêche d'approcher.»
JLLES. Mademoiselle, si je suis de trop ici , je me retire.
HENRIETTE, riant en les regardant. Ah, ah, ah! les drôles d'amoureux; l'un n'ose plus bouger de place, et l'autre se sauve. Enfans que vous êtes, puisque le hasard vous rassemble, ne détruisez pas ce qu'il a la bonté de l'aire pour vou».
HÉLOISE. Mais... mademoiselle Henriette, je ne comprends pas...
HENRIETTE. C'est très bien ce que vous dites-là... Une demoiselle doit toujours faire semblant de ne pas comprendre...
Mais, voyez-vous, avec vos petites dissimulations vous en resteriez dix ans au premier chapitre... Avancez, mademoiselle, et levez un peu les yeux. .. Monsieur a quelque chose de très important à vous dire.
HÉLOISE. A moi?
JULES, bas à Henriette. Ah! mademoiselle, vous avez deviné ce qui se passe dans mon cœur... mais je n'oserai jamais avouer...
HENRIETTE, à part. Ce pauvre garçon !.. je crois vrriment qu'il en est a M première passion... A son fige... Allons, voyons, puisque je vous l'ai promis, je parlerai pour vous. (Haut.) Ma chère Héloïse, monsieur n'ose pas vous dire qu'il vous aime à la folie... Eh bien! vous ne dites rien non plus; allons, comme j'ai fait la demande, je vais faire la réponse. Mademoiselle Héloïse, camériste de madame la comtesse, reçoit avec plaisir l'hommage de
HÉLOISE. Qu'est-ce que vous dites donc mademoiselle?
Henriette. Je réponds... Si j'ai mal dit parlez V0US-méH16.
.11 LES. NOD, non, continuez... fotu parlez comme un ange.
Henriette, regardant Hé toise. Hem!
faut-il que...
héloïse. Puisque vous avez commen-
henriette. Ma lionne heure. Monsieur
i toujours mademoiselle qui parle),
je suis sans fortune, profites de l amitié
que vous porte madame la omtessc pour
obtenir no riche emploi , el alors...
HÉLOISE, d Jules, iloi
lunfeun 1 1-- i l« bien ! alors vous me tfçmanderei en m u )e suis orpheline ,
eeule maitn »sc d< dire ou] ou DOh, ci je
LE MAGASIN THEATRAL
dirai... Hein! qu'est-ce que vous direz?
HÉLOISE. Dam! ce que vous voudrez, mademoiselle Henriette.
HENRIETTE. Voilà tout ce qu'on vous demande... Là-dessus, monsieur Jules va tomber à vos genoux, vous baiser la main. .. Allons donc, monsieur, en bonne conscience, je ne puis pas faire encore cela pour vous.
JULES. Ah! mademoiselle, je puis donc espérer...
HENRIETTE. A genoux.
JULES, m'y voilà.
HENRIETTE, tombant sur un fauteuil. C'est bien heureux!... Ouf! voilà une déclaration qui m'a donné bien du mal. A présent prenez-vous les mains, levez les yeux au ciel, et vous serez fiancés comme au temps des amours des Gaules, et puisqu'enfin vous voilà d'accord, je me charge de faire venir l'emploi le plus tôt possible.
JULES. Ah ! mademoiselle , toutes les femmes ne se vengent pas comme vous.