SCÈNE VI
Les Mêmes, L'ARCHEVÊQUE, LA COM- TESSE.
LA COMTESSE Oui, monseigneur, soyez tranquille, j'ai de la mémoire...
L'ARCHEVÊQUE. Alors vous vous rappellerez aussi que j'attends encore le chapeau de cardinal.
LA COMTESSE. Nous ferons écrire à Rome... Vous aurez voire chapeau pour l'hiver prochain... ch bien! Héloïse, el mes hracelets ?
^ HENRIETTE. Ne la grondez pas, madame, c est moi qui l'ai retenue.
LA COMTESSE. Monseigneur, voulezvous bien permettre que devant vous j'achève ma toillette.
L'ARCHEVÊQUE. Comment donc ! mais C est une laveur!
LA comtesse. Ah! bonjour, Jules...
yous m'apportez votre travail... attendez un peu, je l'examinerai tout-à-1'heure.
JULES. J'attendrai, madame.
LA COMTESSE. Allons, mesdemoiselles , dépêchons nous. (Pendant ce temps Heloise a approché une toilette; la comtesse s'est assise.)
L'ACHEVÊQUE. Si j'osais , j'offrirais à madame la comtesse mes humble services; à la cour j'ai la réputation d'être une excellente femme- de-chambre.
la COMTESSE. Comment, monseigneur, vous savez habiller les dames?
L'ARCHEVÊQUE, à une femme-de-chambrt qui apporte des souliers. Donnez, donnez, mademoiselle.
LA COMTESSE. Ahî voilà, par exemple, le superfin de la galanterie... Me présenlei vous-même...
l'archevêque.
Ain: J'ai vu te Parnasse des dames.
Comtesse, mes soins et mon zèle Se forment dans votre salon :
Ce soulier mignon me rappelle La pantoufle de Ccndrillon.
Bas à Jules, qui le regarde avec surprise. Pourquoi cette mine ébahie ?
JULES
Le trait me passe , il est nouveau.
L'ARCHEVÊQUE. Eh! mon cher...
Dans cette pantoufle jolie,
De loin , moi , je vois un chapeau.
JULES. Ce chapeau-là sera bien mérité Pauvre peuple ! et voilà les services que ti payes!
LA COMTESSE. Eh bien ! monseigneur la cour de Louis XV garde-t-ellc toujour: rancune à la grisette?
l'archevêque. Madame la comtesse nos grandes dames ne vous pardonneron jamais d'être plus jolie qu'elles.
LA COMTESSE. Ou du moins plus aimable. Quand je suis arrivée dans ce château, personne ne i'y amusait qu'avec 11 permission du grand-maître des cérémonies. Le roi lui-même n'osait qu'en secre braver le cérémonial dont on voulait entourer ses plaisirs. Dieu merci! j'ai chang< tout cela.
Air : d'Henri W en famille.
J'ai corrigé l'air trop pesant dos OOUIS| Et sur l'ennui ma \ Ictoire rst complette : Dans ce palais ramenant les amours, J'ai chassé devanl moi la morgue et l'étiquette,
Noble sans nom, teigne sans majesté, Le plaisir seul a tresse ma, couronne;
COTILLON III
A mes genoux il met la royauté, Et mon boudoir est la salle du trône.
L'ARCHEVÊQUE. Ah! j'aimerais mieux :tre roi de France un seul jour tout enier, que pape pendant dix ans.
HENRIETTE. Heureusement qu'il ne sera û l'un ni l'autre.
L'ARCHEVÊQUE. Voici l'heure de ma nesse; je me rends à la chapelle du ch.1eau. Vous le voyez, Dieu lui-même ne >asse qu'après vous : vous avez eu ma prenière visite.
LACOMTESSE. C'estbeaucoup trop d'honicur.
L'ARCHEVÊQUE. Vous m'avez promis, :omtesse , d'avoir de la mémoire ; j'y compte et je reviendrai prendre la comnission que vous aurez fait signer au roi.
Air : de ta vcalse de Robin des Dois,
Sans adieu, ma belle comtesse; Oui, je me rends à mon devoir :
Mais aussitôt après la messe Je reviendrai vite vous voir.