SCÈNE XI
Les Mêmes, JOSEPH.
JOSEPH , entrant sur les derniers mots. Hein!... qu'est-ce que c'est?
elisy. C'est lui !...
M. RizOT. Josepli !...
M,ne meunier. Voyez-vous!... ils l'ont relàclié...
JOSEPH. Eli! oui, me v'ià... ne pleurez donc pas comme ça... c'est bête...
Mme meunier. N'est-ce pas, Josepli...
mon enfant. .. que ce n'est pas vrai... que tu n'as pas volé. ..
ÉLISA. Non... non.
joseimi, stupéfait. Volé!... vous avez pu croire... on a pu dire... moi... nie soupçonner... d'un vol... d'un vol... c'est affreux!...
Mme meunier. Calme-toi...
JOSEPH, hors de lui. Mais qui donc... le scélérat!
EXTSA. Eh!..". M. Bizot, donc,
m. rizot, reculant. Oh!. ..j'ai dit...
JOSEPH, veut aller à lm\ M™ Meunier et Klisa le retiennent . Monsieur Bizotl... c'est lui!... toujours lui!... m'accuser. . . venir dire à grand'mère que je suis... que j'ai voie.,, vous voulez donc que je vous tue... Vous voulez donc... vieux coquin... non , laissez-moi !...
M""' meunier. Joseph*., je vous ordonne...
ELIS \ , le tirant par sa blouse. Mon frère!. .
joskimi. Allez -vous-en... tenez, allezvous-en... car je ne sais pas ce que je Vous ferais... sans le respect que j'ai pour votre âge...
M. rizot. Oui... il y paraît!...
Mrae meunier. Mais enfin... tu étais arrêté... et il a pu croire..
JOSEPH. Arrêté... arrêté...
elisa. C'est pour quelque espièglerie!
JOSEPH. Moins que ça, encore moins...
vous n'avez qu'à demander à votre M. Médée...
elisa. Amédée!...
Mmt meunier. Il est là dedans?
M. RIZOT, bas. Lui aussi... hein?...
JOSEPH. Oh !. . . il passait. .. (Bas à Elisa.) Un fameux secret que j'ai appris, va....
Mmc MEUNIER. Enfin, dis-nous donc... *
JOSEPH. Voilà ce que c'est... grand'mère... Je sortais démon imprimerie, où c'que j'avais pris ces épreuves, et je les portais à M. Paul de Kock... qui les attend depuis trois jours... quand je me trouve au milieu d'un houra... Bref, je vois des municipaux... des agens de police... on court... on crie... les chiens aboyaient... j'ai cru que c'était une émeute... comme on ne sait pas ce qui peut arriver, je ramasse quelque chose...
M"u meumer. Tu as toujours des idées.
JOSEPH. Ce n'était pas une idée, grand'mère... c'était une pierre. ..écoutez donc... on peut avoir besoin pour se défendu.. ça s'est vu!... Bref, voilà une pierre qui casse un réverbère... ce n'était pas la mienne... parole d'honneur. Un municipal qui était devant moi se retourne... il prétend que c'est moi qui viens de casseï un réverbère... (l'ariam sa voix.) Municipal... vous vous trompez, que je lui dis. — C'est toi, gamin... qu'il me répond. — Municipal, .je vous jure que c'est une erreur profonde. — Tais-toi , insolent... galopin... ces, gens-là ont des expressions... défaut d'usage. — Municipal... je porte les épreuves à M. Paul de Kock... je suis pressé. — Je m'importe peu que tu sois pressé... toi et ton monsieur Paul de Kock... c'est toi... je t'ai vu. — Quelle bêtise!... il me tournait le dos... connue si un municipal avait des yeux derrière la tète. — Municipal... v'ià encore ma pierre! — Ah!... vois-tu' — Bref... il veut m'einpoigner... Moi qui vois sa couleur, je lui passe la jambe.... un crochet... et v'ian... en deux temps, le voilà par terre à s« poser de ses fatigues. Pendant qu'on rit, je veux me sauver... mais qu'est-ce que je trouve derrière moi!.... trois sergens de ville, qui nu* prennent au collet.
ELISA. Ah! mon Dieu!...
Joseph. Trois; plus que ça de monnaie pour passer mon hiver... et comme je nui que deux jambes, je ne pouvais pas !< * M, Uizot, Elisa, Joseph, Mmr Meunier.
LE GAMIN DE PARIS
seoir sur la même banquette... iln'y avait pas moyen, cette fois... je suis pris et emmené... avec l'autre.... un grand , qui ivait voir.
M. bizot. C'est donc ça...
JOSEPH. Qu'est-ce qu'il dit?...
M"" mei mi: n. Mais enfin... enfin?...
JOSEPH , regardant Eli sa et appuyant.
Enfin... il s'est trouvé là... m\ monsieur... un jeune homme décoré... qui a dit un mot tout bas au commissaire.
elisa, U part. Ln jeune liomme.
JOSEPH, vivement. Le commissaire...
vous savez, ce gros, qui louche d'un œil... et qui a l'autre de moins. 11 est laid... mais c'est un brave liomme...
Air : Vaudeville du Premier Prix-
Sans lui, in;i foi! ) rivais mon compte , J.t bon g*é, mal pir, c'est certain , J'allais , j'en serais mort de honte , Coucher à la .-aile Saint— Martin.
Ça m rappel" , malgré ma colère, Qu'jai Fa il I* plongeon... j'en ris d'hon cœur, Dans l'canal Saint— Martin!... grand'mère , Ccàt un àaint (jui iii'[iorte malheur.
ÉLISA. Ainsi c'est le commissaire?,.
JOSEPH. Il a vu que je n'étais pas fautif et il m'a fait nu lire dehors... voilà pourquoi je ne suis pas dedans.
Mmt Mi:r\iEit. C'est tout!...
JOSEPH. Dam! oui... excepté qu'il m'ont Jéchire ma blotiM .
■*• MEL'MER. Kncore!... c'est la sceonde d'aujourd'hui. . .
JOSBPH'. Ah! bas... c'est devant... ça ne se voit pas...
ELISA. Ouand on en est quitte pour cela...
M. BIBOV. Alors... c'est l'autre...
JOSEPH. Hein?... vous dites?...
W* Jn:i.Mi:n. Taisez-vous ! ilàneur... se fane arrêter. ..nous faire une peur pareille.
josi:ph. C'est pour de rire...
M"" BEI NIEE. Pour le coup... c'est trop fort... et t'est fini... je ne vous le pardonii» irai pas... mauvais sujet... N enez, monsieur BizOt..'. j'ai bien des choses à \ olis
pire., mais pas devant ce garnement. .
M. feIZOT. Je ne demande pas mieux...
JOSEPH. M ind'mère. . .
m m i mi il. Non, jamais...
JOSEPH, suivant M . fjizôt, <t imitant r<i- ''oiv/nriit d'un chien. Hou , hou, hou !.. M. BIZOT, '•//</; • Ah
m i iVier. Qu'< i ce que < 'esi ' / ïoseph.) Jamais!. ..
(Elle sort avec M Bixot pai la droite )