l.NKUAL
Voyons, avance auprès de moi.
JOSEPH
Au fait il n l'air d'un bon diable.
LE GliNÉKAl.
Eh bien !
JOSEPH
Pour moi, c'est trop d'honm m .
Mais In recules , il me stml le.
JitSIVII.
Certain ment vous n'nic lait ça pas peur, Mais c'est singulier comrn je rrembje.
LE GÉNÉRAL. Tarie . ou \ î-tYn Joseph. C'est juste: je suis franc, f| j<î vas tout 'ous dire... vous conter...
LE GAMIN DE PARIS
LE GÉNÉRAL. A la bonne heure ! .. Approche et dépêche-toi.
(Il s'assied cl s'occupe de son chocolat.)
JOSEPH. Voici ce que c'est, mon général... Je vis chez nous, avec nia grajxTmère qui est une bonne femme... et nia sœur, un ange... ISous sommes de braves j'/ns... c'est-à-dire moi... hier encore, un enfant... mais aujourd'hui. ..
ll général. Oui , hier, tu as ra^r mes carreaux , et aujourd'hui tu me débites un tas de sornettes...
JOSEpn. Pour ce qui est des carreaux* c'est l'affaire du vitrier.
I.r. GENERAL. Mais voyons... Omis rapports as-tu avec mon fils?... te doit-il de l'argent ?
Joseph. Kh ! si ce n'était que ça...
Votre fils, voyez-vous... oh! c'est indigne., il vient loger à côté de nous... comme un pauvre jeune homme, un ouvrier, un artiste sans ouvrage, quoi!... avec un habit râpé , un air honnête. .. {Le gênerai laisse son chocalat.) Et puis, entre voisins, on se Hit un mot en passant... comme ça... bonsoir... de rien à rien... il n'y a que la main... Et sous prétexte de faire le portrait de ma grand'mère , pauvre bonne femme... comment se douter?., et moi donc... je l'aimais, M. Amédée... comme un frère... il me tutoyait... (Le général se retourne et le suit avec intérêt.) Et puis, ma soMir, si bonne, si sage !.,. Ah ! votre fils, votre fils, c'est un faux ami... c'est un... c'est un...
(Il suffoque.)
LF. GÉNÉRAL , se levant. Allons, assiedstoi... continue... du courage donc... 11 a du cœur , cet enfant.
joseph. Oui, du cœur .. c'est ce qui
m'étouffe., j'en mourrai, et ma grand'inère... ah 1 mon général !
LL <. i:\lkal. Continue , mon gui «on... Je tremble de devim r...
JOSEPH, QtfCC rurrgic. Votre (ils, c'est vin traître, un Lâche... Mouoement du gènrrul.j Oui , oui, un lâche ! il nous trompait tous... Hier, sur quelque! toupÇOOS,
quand on lui a dits n l'<b bien! parle —
demande sa main... épou>e-la, lien-, ta
promesse... • il ■» répondu : noM.»% «t »1
est parti... et ma pau\n i m ni | tauté au COU en pleurant... et elle ma dit :
pésbonon , . . perdu» \ oiU . won gênerai;..
LL GÉNÉRAL , < rufsant le t le regardant. Oui, j'attends ... d. fthoRO-
.. perdue '..• Qu'est-ce que tu reui
que j'y fasse .'
JOSilii. Mais vous n'avez donc pas entendu ?... déshonorée!...
LE GÉNÉRAL, se promenant,. Eh! parbleu!
voilà le fruit de Foisivi té , de la paresse ! Séduire une pauvre fille... des roueries du bon tems.. une régence au petit pied. Qù il vienne!... oh! je le traiterai... 11 partira... il quittera Taris... il le faut...
JOSLI'H. Et ma sceur , monsieur... que voulez- vous qu'elle devienne?
m: GENERAL. Ta sœur... ta sœur... c est marin m i n.\ sans doute , mon garçon*., .le conçois ton chagrin ; mais au bout du compte, pourquoi taaccur s'est-elle laissé séduire? .
(1! \ ■ l'asseoir.)
JOSEPH*. Pourquoi?... Ah! vous aviez l'air d'un brave homme, vous m'aviez écouté avec tant de bonté!... je vous aimais déjà... mais vous êtes dur, insensible; je ne vous aime plus... Pourquoi ?.-; parce que votre lils a nanti... lâchement menti; parce qu'il n'a pas dit : Je suis M. Amédée, fils d'un général, d'un pair de liante, d'un comte, est-ce que je sais ?.. parce qu'il n'a pas dit : je suis noble , riche, puissant... On voit la distance alors, on se méfie... mais un ouvrier, un artiste qui vous aime, qui vous épousera.». Il l'a juré... il avait l'air malheureux... Parbleu!... nous l'aimions tous... ma sœur aussi ! et si elle a failli, c'est qu'un ange aurait failli COtnme elle... Dam! il cachait
son nom sou rang et jusqu'à cette
croix... cette croix d'honneur qu il porte., oh! il a bien fait... il n'y avait pas de cœur dessous !
LE GÉNÉRA/., vivement. Malheureux !...
{Se cdntraigfiatlt.) Mais oui... un déguisement, une trahison... une lâcheté...
joshPH. Et vous son père... un brave général de l'empereur... vous demandez
ce qu'il faut que vous fassiez, ?..,
LE GÉNÉRAL. Parbleu!... tu me ferais plaisir de me l'apprendre.
JOSLI'H. (i'esi bien dillirile.
il GÉNÉRAL. Je vomirais te voir à ma place.
JOSLI'H. T.< Rf ! et moi S USAI...
m i.i m.i m . Qu'est-ce que tu ferais ?..
.IOMIMI <Mi! si vrais ne devine/ pas... CC m la peine. . . Mais si fut ! ... A
vnii, niai ' . moi . ous,jè i« nia
veuii mon fils ; je bu di i Vlonsieui le
llte,VOUSé( S ItngU UX, ou misérable,
.|( braVI s ;- us . . une
:ne tille. , , VOUS fOOS el< s lait
i e< que rous n ont
h un .r i m, un ou\ iui... Eh bien ! vous
LE MAGASIN THEATRAL
p serez artisan, monsieur, vous travaillerez » Dour vivre.»
le générât.. Eh bien !
jOSEPn. Et vous épouserez la pauvre jeune fille que vous avez trompée.
le GÉNÉRAL , souriant. Comme tu y vas!...
JOSF.PH.
Ara: Epoux imprudent .fils rebelle.
Je n'voiis (liMiKirnl' pas voir'1 richesse, On *'[>«'»**' de lui lune et d'»iaruleui ; Je mmoqn' que ma sœur soit comtesse, Btais i'vetix qu'on lui rende l'honneur ; Son uniqu1 bien est son honneur!
Yirîime d'une ruse infâme, ,1'vcux qu'elle e'nous' tout d'suit' son séducteur, j'.iic ne »'ra pas la femme d'un grand seigneur, Mais cil' doit èlrc une honncT femme !
u: général. Bien ! bien!... mais épouser... (// part.) C'est qu'il y a du bon dans ce gaillard-là... de l'aine, de la franeliise, du désintéressement !
( Il se lève. )
JOSEPH. Eli ! pourquoi pas épouser ?. . ..
LE GÉNÉRAL, avec bonté. Eh! mon pauvre ai ni j tu ne sais pas que c'est précise* m eut la chose impossible...
JOSEPH. Impossible !... mais alors, où est-il donc ? car ce n'est pas vous que je cherchais... c'était lui!... Impossible!... vous n'êtes pas un honnête homme.
le général. Eh! va te promener... tu lasses ma patience.., 11 n'y a pas moyen de s'entendre avec ce drôle-la.
(Il se rassied.)
JOSEPH avec une fureur croissante. Impossible je veux qu'il me dise ce motlà lui-même... Alors... alors... il me tuera ou je le tuerai... oui , je le tuerai... je ne sais pas comment . c'est égal ; les épées , les pistolets... ça ne me connaît pas; mais entre hommes , il doit y avoir des moyens. Oui, oui , il y en a , monsieur le général, n'est-ce pas?... il y en a?
LE général. Allons donc! es-tu fou?...
c'est à moi qu'il demande...