SCENE VII
^es Mêmes, Mme DE MORIN*.
Mmc DE MORIN , entrant. J'attendrai Ainédée ici.
JOSEPH , tressaillant. Amédée !
(Il veut courir vers la porte.)
LE GÉ\Éu\L, le retenant. Reste !
Mm" de morin. Qu'est-ce? à qui en a-t-il donc, ce garçon?... Eh bien ! général , ce n e'tait rien , disiez-vous Je sais enfin la
* Le général, Joseph, M1"» de Morin.
vérité ; la malheureuse bonne ma tout avoué.... Savez-vous ce qui est arrivé à Octave? hier , en jouant sur les bords du canal... il y est tombé.
josepii , écoutant. Hein !
LE GÉNÉRAL. 0 ciel!
Mrae de morin. Et sans un... je ne sais qui... un ouvrier... qui s'est trouvé là
("Mouvement de Joseph.)
le générxl. Cela vous apprendra à confier volve enfanta une jeune fille, la première venue... Mais, tenez , vous arrivez, fort à propos, et puisque vous aimez tant votre neveu, venez entendre son éloge.
JOSEPH , à part. Oh! la tante... je sais.
Mmc de morin. Tant mieux! car j'ai pour lui une bonne nouvelle à vous donner.
LE général. Une bonne nouvelle...
Eh! que m'importe ?... (// seleoe*.) Savezvous ce qu'il a fait votre élève ? car c'est votre élève, madame la baronne.... Vous nie lavez gâté , et je devrais m'en prendre à vous de ses sottises. Il se déguise , il court les ruelles , il porte le désordre dans les familles...
Mn,c de morin. lîah ! vraiment !
LE général. Demandez à ce garçon. .
Une jeune fille trompée...
Mme de morin. Amédée ! vrai !... une séduction... Voilà donc ce qu'il me cachait... une amourette ! {Riant légèrement.) Ah! ah! ah! ah!
josepii. De quoi rit-elle donc , cette baronne-là ?
le général. Taisez-vous; vous voyez bien que cet enfant-là vous écoute.
Mme de morin. Bien! bien!... et qu'estce qu'il veut? qu'est-ce qu'il demande ?..
LE général. Il demande une réparation... un mariage... ah!
Mm0 DE MORIN. Un mariage... Amédée, votre fils... avec... J'y suis... une jeune fille , bien timide et assez ingénue pour écouter... {Riant.) Ah ! ah ! ah ! un nia-
riaSe!-\- . .
LE GENER \L , lui serrant la main. Tai-
scz-vous donc !... Son frère...
JOSF.PH. Ah ça ! madame, est-ce de moi que vous riez?... Est-ce de ma sœur que vous parlez ainsi ?
Mme de morin. Qu'est - ce qu'il a ce petit bonhomme?
josepii. Ali! c'est que je me moque des grands airs.
M"" de morin. Insolent !
josepii. Elle a dit?
•Ios<
fienc
M<ne de Morin.
LE GAMIN DR PARIS
LE oEM.it ai . ' .1 Joseph. ) Paix donc î paix donc !.. (// M'nc Je Marin.) Ne laites pas attention.
Mmem: HOMN. Et vous ne le faites pas jeter à la porte ?
JOSEPH. Je ne suis pas chez vous.. . je suis die/. M. le général, qui est un brave homme , lui... au lieu que vous et votre neveu... votre neveu et vous...
LE GÉNÉRAL. Allons, tais-toi auSsi.
Mmc DE MOniM , S efforçant de SOU H te. Va vous écoutez cela , vous... et vous avez la patience...
Joseph. Ca voua parait drôle , n'est-ce pas, madame?... I n jeune homme de bonne maison s'amuse, c'est son état... il n'a que ça à faire. Et c'est le repos, l'honneur d'une pauvre famille qui sert à ses plaisirs! c'est drôle tout-à-fait... (liiantet pleurant,) Oh! oui, c'est bien drôle; parce qu'il n'y a pas de Loi qui condamne aux assises ceux qui nous enlèvent le repos de toute noire vie, qui font mourir une pauvre vieille mère de chagrin, qui assassinent dans sa maison une famille entière... On rit de ça , on dit: C'est bien fait!., tant pis!. . et ceux-là, on ne les punit pas, on leur donne de bonnes places , des honneurs... Oh! vous avez raison de rue, madame... c'est bien drôle !
LE GENERAL. Ce petit diable-là... il
m'attendrit,
3i",c DE mori\. A la bonne heure ! mais ce n'est pas une raison pour qu'd pénètre ici... pour qu'il m'insulte... Sa soeur! estce voire faute? est-ce la mienne?... Nous n'v potirons que faire. ..
JOSEPH. Je voudrais bien vous voir aujourd'hui... Si j'avais dit cahier, plutôt de IV e |« U i dans le ranal.. .
m"° de mou in. Qu'est-ce qu'il dit?
i.E i;i:m.ii\e. Dans le canal !
JOSI ni.
Aia : J'en guette un petit de mon àgr. Oui, «Yl.iil l'| r ix «lYiii jur' nue vous mt> faites, Obi, i V'i.n.i iiioi. . \c n* voulais pas me trahir , Nous in'\ I. i « i /., loni' baron n «pic vous êtes, J'en »ots ronieitt f «m • i a pcul-élf* rougir. Nous n'rii i« 7. pas , vous ii';ih ' m JE p.is tant de joir, Si |*avaM * t • i In r , prêt ilu ranal: bien! lanl pis, ça m'est f'^.«! , Ce u ( ' nu un baron >|i t e noie. •
mm" m homn, altant à M. Il se pourrait !.. . C'est toi. . . c'est ron in .'. ■ .
Ll 01 \i:i: IL. C'etl l»i< ii fait.. . Ça vous apprendra. . .
■ " • de non IN. . Lui , qui a sauvé mon (il. s !.. Mon .mu t ,i j'avais ■ n. . . vous êtes un brave garçon , je ne dis p nia
reconnaissance... Je m'occuperai de vous,
* Joseph. M«« de Moi in, le zên{\ .il.
de votre sœur. . . Nous réparerons cela •.. n". ut-ce pas, général ?