‹ Pièces de théâtreChapitre 395 sur 1241 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Mêmes , AMEDEE puis IIILAIRE.

AMÉDÉE , entrant virement par la porte à gauche. Ma tante, dites-vous ?..

le généu vl. Le voici !..

Mmc DE morin , se jetant au-devant d'Amédée. Aniédéc ! sortez!..*

amédée. Eh! pourquoi?

le générvl. Ilestez , monsieur. . , approchez.

(Il jette sa canne.) M'ne DE MORIN, a mi-voix. Surtout ne l'irritez pas...

(Elle passe à la droite du général. **) \MéDi.é. Qu'est-ce donc, mon père?..

cet air agité. ..

LE GénéR \L. VOUS V' >us cl es désliouore,

monsieur...

* Le général, M",r de Morin, Amédée.

** Mm le M iin , le général , Amédée.

LE GAMIN DE PARIS

amédée. Générât..

LE GÉNÉRAL. Vous vous êtes introduit depuis quelque teins dans une famille pauvre, mais honnête... à ce que je puis croire...

amédée. Général... vous savez...

le général. Point (le feinte... point de phrase !.. répondez...

amédÉE. Il est vrai...

LE GÉNÉRAL. Vous y avez porté le désordre... l'opprobre.. . en abusant une jeune fille sans défiance.

Mme DE MORIN. Folie de jeune homme.

le général. Je ne vous parle pas... (A son fils.) LJne jeune fdle que vous avez trompée pour la perdre.

AMÉDÉE. Vous savez tout, mon père...

oui, j'aimais cette jeune fille vers laquelle mon cœur m'a emporte'' malgré moi... et cette faute que je voudrais payer de mon sang...

M,ue DE MOU IN , lai faisant signe de lu tête. Bien ! bien/..

LE GÉNÉRAL. Cette faute !.. c'est un crime, monsieui... Eh ! je sais ce que l'âge permet... ce que la passion excuse... mais, quand c'est une trahison... une lâcheté...

amédée. Général... je suis coupable sans doute. .. mais le ciel m'est témoin que viii(jt fois , honteux, désespéré... j'aurais voulu nie jeter à vos pieds... vous avouer notreamour.. . vousdemander votre aveu...

mais j'ai craint votre colère...

LE GÉNÉRAL. Et vous avez bien fait!..

le nom que vous portez vous impose des devoirs...

M,ue DE MORIN. Assurément.... il ne peut...

LE GÉNÉRAL, brusuuement à M'"* de Mutin. Je ne vous parle pas... (.7 son fils.) Des devoirs qu'il fallait vous rappeler plutôt!., l'honneur de cette fille... de son frère... de sa bonne vieille mère, dont elle tst le soutien sans doute... Qu'élait-re lonc pour un dandy 7 pour un fashionaile?.. il fallait tuer ce tems que voua peliez... et iris doute eu sortant d'une •ryie (pu: cette belle R*ce vous est venue !

AMÉDÉE. 11 me semble que ni i nmluite?..

le général. Votre conduit elle

d'un imposteur .. . d'un infâme...

AMÉDÉE. .Monsieur !

Mme DE MORIN Monsicilt le COUU4...

songez...

il i.i.Mn \i. . à W"" de Marin. Je ne vous parle pis... / (médée. Oui. . infâme!.. Comment vous êtes-voua présenté

dans cette maison ? Avez-vous dit à ces bonnes gens : <« Je suis un homme à la » mode, l'héritier d'une grande famille... • perdant mon teins dans l'oisiveté ou pis » que cela... pane que mon père a eu l'a- » vantage de se faire cribler de blessures >» pour me laisser un nom, un ran-j , une » fortune? » On vous eût terme la porte... mais non... mais non... vous avez eu recours au mensonge... vous vous êtes donné pour artiste... pauvre comme elle... vous avez promis d'épouser...

AMÉDÉE. (Mi! grâce, mon père!..

LE GÉNÉRAL. Pour l'abandonner un jour...

Mn,e DE MORIN. Parce qu'il a caché son nom !..

le GÉNÉRAL. Oui, son nom... son rang...

et jusqu'à ce ruban que vous ave/, obtenu pour lui... pour le mettre à la mode... on vous l'a donné à cause de moi... pour me flatter, me cajoler peut-être... (A Amédée.') et vous , vos titres?., rien, comme tant d'autres...

(Mouvement d'Ame' tle'*.' Air : J'aime Agnès.

Pour quel talent , pour quel me'ritc ,

Vous a-t-on accorde' cela?

Avec cette croix est-on quiltc , Quand on l'obtient ?... Tout ne finit pas là

Non , non, tout ne finit pas la !

I.c cœur sur lequel on l'attache , A dc^ devoirs qu'il lui faut respecter,

Monsieur!... Kt celui qui la cache

-Voit pas digne de la porter.

(Il lui arrache le ruhait noue à sa boutonnière )

AMEDEE. hors de lui. Monsieur...

M"1" de morin. Grand Dieu ! que faitesvous ?..

le gi.néiwl, &\>et noblesse. Eh bien !

monsieur?. .

MÉDÉE. Monsieur... vous êtes mon général... vous êtes mon père... je dois baisser la tète... mais je me vengerai.

(Il soi i précipitamment par la gaucbe<)

M"" m; moiuv Vous êtes un eheval de

bataille . .

LE GENERAL. Je ne vous parle pas, madame , laissez-moi.. .

(Il IC jeltC dan, un ! mit ml \ dioiu-.ï

M Dl Momv Mais VOUI l'.iidoim, a \ OtJ e fils. . .

i I i.lM.n \l .l.nii us , |j | QUI VOUS en

mêlez.

■ Dl RORIM, Je p| i li il ;e V | , H ,-

jeune aile. . |<- \.ih m ei si i upi r. .. savon de votre fib. . je ne Le quitte pas. . .

I m i tomme \m«:.l.'r.)

m i.i m h m . te levant et f, ûûetsant le Mlez-rout-cn tu diable et lui

LE MAGASIN rilBATRAL.

aussi! et toutes les grîsettes de Paris... ils me feront remonter la goutte... ils me tueront'... (// se jette sur son canapé, lliluire paraît au fond?) Qu'est-ce?

iiilaire. Pardon ! je venais... Monsieur ne déjeune pas ?..

LE général. iNon !.. emportez cela... et iaissez-moi... je ne veux voir personne... personne, entendez-vous ?

(Hilairc soit par la chambre du gênerai.)

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