SCENE X
LE GÉNÉRAL , JOSEPH , puis ELTSA.
Joseph , entrouvrant la porte du fond.
Général!..
LE GÉNÉRAL, se retournant. Tïein? encore! qu'est-ce que tu me veux?
JOSKiMi. (le n'est pas moi, {{«'néral...
c'est ma soeur.
LE GÉNÉRAI*. Ta sœur...
JOSEPII. Cliut!.. vous vouliez la connaître... je ne demande pas mieux... et comme votre goutte vous retiendrait encore îong-tcins peut-être... il parait que c'est très-gênant... alors, j'ai dit : c'est elle qui viendra... chaud ! chaud ! et je l'ai amenée .. et puis la grand'mère, voyez-vous, nous ne voulons pas qu'elle se doute de rien.
le général. Eh Lien! ta sreur ! ta sœur!..
JOSEPH. Je vais la faire entrer. (Il va pour sortir et reoient.) Dites donc , elle ne sait pas qu'elle est chez vous au moins.. elle n'aurait jamais voulu... je lui ai parlé d'ouvrage... de musique à copier.
LE GENER IL. Ah ! c'est son état. ..
JOSEPH. Causez-lui de ça... mais n'ayez pas l'air de savoir...
LE GÉNÉRAL. bien ! bien ! mon ami...
yJoseph sa au fond.) Bon petit homme, j'aurais été fâclie de ne pas !e revoir.
JOSF.PH , dans le fond. Entre, Lisa... astu essuyé tes pieds?.. N'oie pas peur, salue M. le général... (à rni-cot.v) c'est un général... un vieux...
LE GÉXÉUAL. Approchez, mademoiselle, approchez! {A paît.) In enfant !..
élisa. Monsieur... (A Joseph.) "Nais tu m'avais dit que c'était une dame...
JOSKIMI. Oh! une dame... ou un général... qu'est-ce que ça lait?
LE GÉNÉR AL. Oui, j'ai voulu vous von, causer avec vous... asseyez-vous...
ÉLISA. Monsieur...
LE GÉNÉRAL. Assevez-vous donc!*,
JOSEPH. Assieds- loi... et ne tremble pas. {A mi-voix.) Il a l'air brutal... mais c'est un bon homme... tu sais, les vieux troupiers... c'est toujours comme ça...
lu en as vu au Cirqne.
( lllisa s'asseoit auprès du gênerai.)
LE QÉNÉRAL, d'un ton brusque. Mademoiselle... c'est donc vous?..
(Elisa se relève.)
JOSEPH , à mi-roix , au général. Ah ça ! dites donc... ne brusquez pas ma sœur comme ça, vous... c'est qu'elle n'y est pas habituée... avec votre grosse figure... votre grosse voix... quelqu'un cpii ne vous connaît pas... moi, je vous connais, c'est di lièrent.
M CÉ.XÉRAL \ doucement. Tais-toi ! .'A Elisa.) Allons, mon enfant, asseyez- vous, je vous en prie... (avec bonté) je VOUS en prie...
(11 regarde Joscj h qui lui fait signe que e'ert bien.)
JOSEPH , derrière le fauteuil d' Elisa. A la bonne heure , c'est gentil.
LE GÉNÉRAL. Mademoiselle, rassurezvous... j'ai à me plaindre, mais pas de vous... vous m'avez l'air honnête !..
ÉLISA i Monsieur, mon frère m'a dit que c'était pour...
JOSEPH. Tais-toi donc !.. laisse-le parla* cet homme...
le général. Vous ne me connaisse^ pas... je suis le général Moi in... le père de M. Amédée...
élis a. Monsieur... monsieur...
(\ oulaul se retirer.)
JOSEr-H. Comme c'est adroit !..
LE général, la retenant. Restez!., jq
ne vous accuse pas... je ne me fâche pas...
élis \. Ah ! Joseph ! tu m'as trompée.,.
JOSEPH. C'est pour ton bien , ma fille... n'est-ce pas, général... Allons, ne pleuré donc pas comme ça!., tu vas me faire pleurer aussi.
LE GÉNÉRAL. Allons, éloigne-toi
laisse-nous...
Élis \. Mon frère...
Joseph. Sois tranquille... je suis là...
(Il va au fond et s'assied sur un bras de fauteuil.)
LE GÉNÉRAL. Oui, je suis son père... il vous a trompée, n'est-ce pas?
ÉLisx. Ah! monsieur... si vous saviez quelle perfidie... je l'aimais tant! je le croyais de si bonne foi !..
Ai h d'Henri //'.
11 se ilisaïl noire « pal , notre ami ; Kl to/Ui li* jours de le voir, lie l'entendre J'étais contcnt'd , et ma grand'mère aussi, O'tflltil jour elle un lil<, et !c fils le plus tendre.
M. GAMIN Dt l'A!'. JS.
De moi , loujouri il fé tabla il s** >ccuner ,
lit je croyais a .son amour extrême.».
J'ignorais que l'on pût tromn.T Celle à qui l'on dit : je VOUS aune !...
le général. Mais votre mère...
élisa. Ce n'est que d'hier qu'elle a eu ces soupçons, et s'il faut jamais qu'elle sache la vérité... Oh! non, monsieur, TOUS r.c savez pas... vous ne pouvez pas comprendre à quel point je suis malheureuse...
(.los.rph tient son mouchoir, et s'essuie les yeux y LE GÉNÉRAL. Voyons , voyons... mon enfant , du courage... (A part, s'essnyant tes y eut .) Allons, allons. (////«/, l'observant.} Vous ignoriez clone tout-à-fait qu'il était noble, riche... et...
ÉLISA. Oh! oui, monsieur... ce n'était qu'uti peintre de décors, travaillant pour un théâtre...
JOSEPH , s' approchant vivement. Puisqu'il me promettait des billets et que...
. LE GÉNÉRAL, vivement. Je t'ai dit...
JOSEPH. Oui, mon général \... (Il retourne s'asseoir en disant à Elisa. ) Après!... ?près !...
ir.iSA. Il venait toujours assez tard... à lavcillée... après son travail, disait-il... juand ma grand'mère était endormie... et que j'étais seule à copier de la musique. . . il m'en faisait copier même... pour lui ou mis... je ne sais pas...
le GÉNÉRAL. Il vous payait votre travail .. bien cher.. .
ÉLISA. Il le voulait toujours. .. mais moi je n'ai jamais rien reçu... ( h' général te rapproche d'elle.) Oh ! mon Dieu!... j'ai bien fait!...
LE GENERAL. 11 devait vous épouser... il disait...
élisa. Oui, monsieur le général... mais
toujours des retards... je lui en faisais des reproches... mais il avait tontes sortes de
raisons... et moi je le croyais toujours*
« Mon père est très-dur, tres-sévère, »dilait-il!...
LE GÉNÉRAL. Ah!... il disait cela. . .
Il is \ «>ll ne me I | me marier que
» lorsque j'aurai mon état fait... mais ce i bientôt?... tu seras ma femme ] » là
puis il était triste... il ne travaillait pins... il voulait mourir... et moi , p tuvre fille...
ina confiance était sans bornes comme mon amont. (Se laissant aller a genoux») Oh!
pardon , monsieur le général...
JOSEPH , te rapprochant. Ha sœur..t Élis A. Je ne l'aime plus., je veux le fuir. . qc jamais le voir... < G n'< il que d'hier leulcmcnt que j'ai appris mon inalhctu
on qu'il m'a Iroi de voir ma pauvre mère mo irii de cfaa
;;rin... oh ! oui. . je le d-'tesle autant que je l'ai aimé... et je voudrais être morte..
LE GÉNÉRAL, trc.-emu. Soyez tranquille... je l'ai ch issé de ma présence... il n'est plus rien pour moi. . .
ÉLISA , te relevant, O ciel!... chassé par son père... et pour moi !.. à cause de moi... Oh! non, monsieur... que je sois la seule à plaindre, ne chassez pas votre fils... je von- en conjure à genoux... il serait s» malheureux... c'est votre (ils... votre enfant., oh ! de grâce... pardonnez-lui, monsieur.. . pardonnez-lui...
(Jos"()li vient aupn'i du cina[n:,el se placé à la gauche .lu général.)
LE GÉNÉRAL, ému et à part. Et elle dif qu'elle ne l'aime plus !...
josepii, s' essuyant les yeux. Il a bien fait , le général.
ELISA, avec plus de chaleur. Un père ne plus revoir son (ils est-ce que c'est possible? mais, non, vous souffririez trop... et votre vieillesse serait trop malheureuse...
i.t: GÉNÉRAL, rêpn'tnant son émotion. Oui, seul., toujours seul... mais vous... (uprîë réflexion.) vous savez lire:'
ÉLISA, étonnée. Oui, monsieur...
JOSEPH. Celte bêtise?.** ma sieur qui a été élevée à Saint-Denis, à la Légion-
d' Honneur... une éducation superbe*..
LE GÉNÉRAL. Ah !... votre père, un militaire'.'...
ÉLISA; Oui , monsieur...
LE GÉNÉRAL, Et son nom?
josi:imi. Meunier.
LÉ GÉNÉRAL. Meunier!... je connais ce nom-là... oui... un servent.
JOSEPH. PaSM lieutenant à E\Iau. . . rien
que ça.
LE GÉNÉRAL. I i:e connaissance de Wngram... un brave homme... c'est moi qui l'ai fait décorer.
JOSElMi. A Wagrain !... c'était lui.
LÉ GÉNÉRAL* aitCC hésitation. Kt... il
i i is\ Morti
us GÉteÉRAL. Moi y'.... encore un !
IOSBPHi II i si mort capitaine aux Inva
lith
il. GÊNÉS IL. Ah !..
JOSEPH, t emportant. S il vivait., nous m ORS pas I i.. <'ii ne nous insulterait pas. I I IS \ ,•/ I, fé ri il NI, ui
pei e . .
m gémi R il Mlona . voyons, .. qui aafocc
<[ni v>n, insulte '.. qui es! , ,• qnj vous dit ?
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