‹ Pièces de théâtreChapitre 415 sur 1241 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MARIE, puis FERDINAND.

maiui:, à la porte et les suivant des yeux. Vous ne serez pas long-temps, monsieur Maurice ?... [A i Ile-même.) Décidément, il ne viendra pas aujourd'hui.

FERDINAND, paraissant au fond, et à part. Us sont partial et mon oncle qui a dos soupçons !...D'Hérigny a peut-être raison; si je pouvais vaincre mes scrupules...

MAKiK, sur le devant de la seine.

Amoureux !... ça ne devrait pas l'empêcher de me donner nies leçons... on ne laisse pas comme ça une éducation incomplète... {Elle remonte et se trouve pria de lui.) Ah! {Avec joie.) Comment! vous étiez là, monsieur Ferdinand ?

MAURICE

FERDINAND

J'arrive à l'instant, ma chère Marie.

marie, émue.

C'est unique, je ne vous ai pas vu venir ; j'étais cependant la à guetter... (Se remettant.) J'aibien travaillé, allez, vous serez content; vous allez \oir...

FERDINAND, l'arrêtant.

Oh! je n'en doute pas... tu as une facilité... mais dans ce moment je ne pourrais... une affaire qui me préoccupe...

MARIE, souriant.

Oh î oui ; maintenant, vous avez bien d'autres < I <MS en tête!

FERDINAND, étonné.

Que veux-tu dire ?

MARIE, avec une malice ingénue.

Ah! ah ! je sais de vos nouvelles... (A mi-voix ci souriant. ) Vous êtes donc amoureux, monsieur Ferdinand ?

FERDINAND, vivement.

Amoureux, moi!... Qui a pu t'apprendre...?

MARIE

Ne vous fâchez pas, mon Dieu, je n'en dirai rien ; je ne vous en parle que par attachement; si vous êtes amoureux, c'est de quelqu'un qui vous aime; et un cœur de plus qui vous sera dévoué, qui s'occupera de vous, de votre bonheur... cela me fait plaisir; il me semble qu'il n'y en aura jamais assez pour vous rendre aussi heureux que yous le méritez.

FERDINAND

Bonne Marie ! (A part.) Elle ne sait rien {Haut, et d'un air confiant.) Eh! bien, oui, c'est vrai, je suis amoureux.

MARIE, d'un air triomphant.

Voyez-vous !

FERDINAND, le do'ujt sur la bouche.

Mais garde-moi le secret.

le crois bien, une confidence... {D'un air d'intelligence.) Dites donc, est-elle gentille? (Se

iant.) Oh! cette question, un marquis... elle doit-être très-jolie.

FERDINAND

Sans le savoir, et c'est la moindre de ses qua- S'animant peu à peu.) Figure-toi, .Marie, la

s implicite même, on tr> mté, d'innocence;

une âme tendre, confiante, qui ne soupçonne jamais le mal, et qui lait le bien par UUtinCt, par nature, saussc douter qu'il y ait quelque mérite a le faire.

MAI

Qu'elle serait heureuM île mu Ire!

I TIU'IN \>l>.

I chaque jour un r.i>u\eau trait de boni [Changeant <. DJfHBOl donc, Mine, la

bonne M venue .e matin me rap-

porter les mou. In j,« |n| ftfilj fan]

broder; elle m'a avoué qu'une autre les avait faits à sa pi i<

mahie, baissant Us u.

ComuicuU oUq voui a dit...

Ferdinand, d'un air attendri.

Oui ; elle m'a dit que, malade, alitée, elle avait été obligée de renoncer a tout travail, et qu'en venant la veiller, la nuit, tu avais trouvé moyen de finir ce qu'elle avait commencé.

C'était bien naturel... pauvre femme! deux enfans, et rien !... d'ailleurs, je savais que vous étiez pressé de ces mouchoirs, que vous les destiniez à votre grand' maman.

Ferdinand , la regardant avec émotion.

Non, j'ai changé d'idée, le dessin me plaît, je garde ceux-ci pour moi.

MARIE

Tant mieux, ce sera une autre commande pour la pauvre Madelainc; etpuis, si vous voulez, moi, je vous en ferai de bien beaux, oh! mais, de bien beaux... vous savez? pour elle... quand vous vous marierez.

FERDINAND, frappé.

Quand je me marierai !

MARIE

Ah! mon Dieu! est-ce que, sans le vouloir, je vous ai fait de la peine?

terdinand, avec désordre.

AJh! c'est que tu ne peux deviner... je l'aime, vois-tu, comme un insensé! s'il me fallait y renoncer, j'en deviendrais fou! et ce qu'il y a d'affreux, c est que personne ne me comprendra ! le monde est si absurde! ma famille, mes amis, ces femmes de Paris, si futiles, si légères... dont pas une n'a son cœur! ils me condamneront tous!.. Ah !.. pour échappera ce tourment, je n'ai qu'un moyen : oui, je m'éloignerai, je partirai! MARIE, inquiète.

Vous, monsieur Ferdinand?... oh! ne dites pas cela !

FERDINAND, lentement et la regardant avec amour.

Et cependant, si elle le voulait, nous pourrions être si heureux! il ne dépendrait que d'elle... marie, vivement.

Eh bien, est-ce que je la connais ? J'irai la trouver, je lui dirai combien vous êtes bon, comme nous vous aimons tous, et elle vous aimera aussi, allez! elle consentira à tout ce que vous voudrez! mais ne partez pas! mon Dieu, ne plus vous voir! qu'est-ce que nous deviendrions? moi, d'abord, je serais trop malheureuse l

ri ui»i>a>d, avec joie.

Il serait vrai! (Lu voyant essuyer une larme.) Ah! je ne me trompe pas! Lh bien! Marie, apprends donc...

LANDOl >rt.

Ah! ra ne peut eonime ça!

iium>\m>, H retournanlcl n»cc humeur.

Qui vient I

MAHl 'mr.

L Landoufudl qu'il est insupportable! il allait me dire son noiul

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