MAI II H I
C'est vrai! tu m'y fais penser! mais il se portait à merveille.
MARIE
Ah ! monsieur Maurice ! il était bien pâle ! Vous souvenez-vous? vous lui avez demandé s'il souffrait?
MAI ItICE.
C'est vrai 1 cette petite a une mémoire prodigieuse! [Ava uutn r.) El cet évanaiissamcaiH
LE BARON
N'a duré que peu d instans.
i a v uionm:. On l'a transporté dans >a chambre...
LA >i tBJH IH Qu'il n'a plus quittée...
maiui:.
Depuis quinxe jours I
mm mu ■ . ramonfani ' '.
I t vous ne m avez ptl appelé?
• Maria prh dmcanmpê'r la Baroooa, Maoriet, U lltr-
•• Marie, la Baronne, la Marquée, Maurice, le Baron.
MAGASIN THEATRAL
LE BARON
Il s'y est toujours opposé!
MARIE
Mon Dieu, si l'on avait pu deviner !
MAURICE
Parbleu! je serais venu ! Il n'a pas de fièvre?
LA MARQUISE
Non, mais une humeur sombre l
LE BARON
Un silence obstiné!
Impossible de lui arracher une parole!
LA MARQUISE
Tout le fatigue, l'irrite... ou s'il s'aperçoit de tos soins, il y répond par un sourire, qui me perce l'ame!
MAURICE
Lui connaissez-vous quelque chagrin?
LA MARQUISE
Aucun !
MAURICE, bas au Baron.
Et cette idée que vous aviez? cette cantatrice de Morangy ?
le baron, de même.
Elle était partie depuis huit jours, mon cher ! et il n'y avait jamais mis le pied !
MAURICE, haut.
Il n'a pas eu des momens d'agitation?
LE BARON
Si fait, ce matin, quand la cloche de l'église a sonné, je ne sais quoi, un baptême, un mariage...
MARIE
Oui! c'était un mariage!
LA BARONNE
Cette malheureuse cloche est d'un faux!
LA MARQUISE
Un vrai chaudron !
Ça lui a donné une crise... il courait d'une chambre à l'autre...
LA BARONNE
En criant : Mon Dieu, mon Dieu ! faites donc cesser ce bruit!
LA MARQUISE
C'est alors que je vous ai envoyé chercher !
MAURICE
Tout cela ne m'apprend pas grand'chose!
LA marquise, à Maurice.
J'avais pensé, moi, que les eaux de Vichy...?
LE BARON
Ou des bains russes...?
LA BARONNE
Du tout! les distractions de Paris! les bals, les spectacles! si l'on veut, je me sacrifierai... je l'y conduirai.
maukice, 1rs regardant ïun après ïautre. Il parait que vous êtes tous médecins! alors, je vais prendre mon chapeau et vous tirer ma révérence.
tous, remontant et l'arrêtant.
Ah ! docteur !
MARIE
Monsieur Maurice !
Maurice, revenant.
Mais non ! que diable! chacun sa besogne! des bains, des drogues ! c'est excellent quand le corps est malade... mais ici, il est évident qu'il y a quelque affection morale qu'il faut d'abord connaître ?
LA MARQUISE
S'il ne veut rien dire?
MAURICE
Il faut deviner... c'est mon affaire!... Un médecin qui ne sait que donner de l'émétiquc ou de la rhubarbe est un âne... Nous en avons quelques-uns de cette robe ! mais il en est d'autres qui vont plus loin, qui interrogent l'ame!... et je me flatte que je suis de ceux-là ! {A la Marquise. ) Je m'installe ici pour la journée
LA MARQUISE
Ah! docteur...
MAURICB.
Et, comme il ne faut pas oublier ses autres malades... {A Marie.) Marie, tu as bien fait de venir*. .
marie, avec joie.
N'est-ce pas, monsieur Maurice?... Je pourrai vous aider... et s'il faut veiller...
MAURICE
Mais non, ma bonne ; cela ne te regarde pas... et ton ménage !... Tu vas retourner à la maison. MARIE, déconcertée.
Ah!
MAURICE
Tu prendras dans mon secrétaire, le second tiroir à main droite... deux consultations et une ordonnance que l'on attend à Dammartin... Jacques les portera sur-le-champ... Ne va pas te tromper, au moins... Tu entends bien?... dans le tiroir... ( Voyant qu'elle est distraite. ) Tu ne m'écoutes pas?...
marie, regardant la porte de la chambre de Ferdinand.
Si fait... si fait... monsieur Maurice... le tiroir... le secrétaire... à Dammartin...
MAURICE
Va vite !
MARIE, à part.
Partir!... et sans savoir... Oh! je reviendrai... Mam'zclle Victoire, la femme de charge, me donnera des nouvelles.
Kilo sort.
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