SCENE VIII
Les Mêmes, LE BARON, paraissant au fond.
LE BARON, à mi-voix.
Hum! comment cela va-t-ilî
MAURICE
Ah t le voilà, lui !
LA BARONNE, au Baron en luimontrant Ferdinand.
Ne faites pas de bruit I LEBARONjS* approchant de Maurice avecprécaulion. Êtes-vous parvenu à découvrir...?
MAURICE, entre ses dents*.
Oui, j'ai fait de belles découvertes !
LE baron, se frottant les mains.
Tant mieux! jesuis curieux de connaître l'objet...
Maurice, à part.
Je lui conseille de se frotter les mains!
Eh bien?
Maurice, à part.
Le diable m'emporte si je sais... et pourtant, il faut qu'ils soient instruits! il faut prendre des mesures... {Haut.) Baron... connaissez-vous l'histoire de Stratonice?
le baron, étonné.
L'histoire de Stratonice? Pourquoi me demandez-vous cela ?
MAURICE, appuyant.
Enfin, connaissez-vous l'histoire...?
le baron, cherchant.
Mais oui, je me rappelle confusément ! un roi grec, ou perse, dont le fils se mourait d'amour pour sa belle-mère. Est-ce cela?
MAURICE
C'est parfaitement cela! Eh bien...
11 lui montre Ferdinand.
LE BARON
Eh bien ?
MAURICE
Votre neveu ?
LE BARON
Comment?
MAURICE
Voilà !
Mon neveu! ah!... mais Ferdinand n'a pas de belle-mère?
MAURICE, à son oreille.
Non... mais il a une tante.
LE BARON, troublé.
Une tante! qu'est-ce que vous dites? (Âla Baronne, qui s'est approchée pas à pas de Ferdinand.) Ma chère amie, venez donc par ici !
Maurice, lui imposant silence.
Silence !
la baronne, revenant à eux.
Vous savez?
LE BARON, ému.
Je sais, je sais! (-4 Maurice.) Ce n'est pas que j'aie peur, au moins, parce que ça ne se peut pas ; d'ailleurs mon neveu m'est trop attaché.
* Ferdinand, la Baronne derrière le canapé, le Baron, Maurice,
la baronne, avec curiosité.
Qu'est-ce donc?
le baron, s'efforça7it de rire.
Rien, une folie! le docteur qui s'imagine que la maladie de Ferdinand... c'est qu'il est amoureux de vous.
LA BARONNE
De moi!
Maurice, bas au Baron, Que faites-vous?
Il n'y a pas le moindre danger.
la baronne , flattée et souriant.
Amoureux de moi! Oh! ce pauvre garçon! Pourquoi donc ne m'en a-t-il rien dit?
LE BARON, Choqué.
Comment, madame?
LA BARONNE
Certainement, je lui aurais parlé raison, je lui aurais dit : «Mon petit Ferdinand, c'est ridicule ! je ne peux pas me fâcher, parce que je suis ta tante, mais... Ah! quand tu venais avec ton oncle... tu te serais présenté... j'aurais vu... »
LE BARON
Vous auriez vu ?
la baronne, se reprenant.
J'aurais vu à le calmer, à lui faire comprendre... parce qu'au fond, c'est un excellent garçon, un charmant cavalier. ( Le regardant de loin.) Et j'aurais autant aimé... {Se reprenant encore.) Mais est-ce étonnant que je ne me sois pas aperçue... 1 le baron, de loin, à Maurice.
Allons, voilà que ça va l'occuper ; vous aviez bien besoin...
Maurice , à voix basse.
Mais c'est vous-même; pourquoi diable aller lui dire...?
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