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SCÈNE IL

BERNARD; THÉRÈSE, un pot au lait à la main et un pain sous le bras.

THERESE, qui a entendu les derniers mots. Eh bien! me voilà, moi, monsieur Bernard.

BBRH&RO, se retournant.

C'est vous , ma petite Thérèse?

THÉRÈSE, gaîment.

AiB : Papa et maman.

Oui, chaque matin, Au marche voisin

Je vais encore

Avant l'aurore :

Lorsque l'on n'a pas 1)' servante ici-bas,

Il ne faut pas

U'grelter ses pas.

DERMARD, montrant la porte de Pcrrin , et faisant signe de parler bas. De votre oncl' ménageons la tête.

THÉRÈSE

Dans Paris il court Dès le point du jour :

( Montrant le pain et le lait.)

Vlà son déjeuner que j'apprête.

Je me dépêchais ; Car je me disais :

Ne lardons pas trop, Et rentrons bientôt. . .

( Lui souriant.)

Quelqu'un, je crois, m'attend là-haut.

ENSEMBLE

Oui , chaque malin , Mou amour soudain

M'éveille encore,

Avant l'aurore ; El nie dit tout bas Viens, ne tarde pas, i e bonheur conduira tes pas.

I III 1 ÈSK , souriant.

Vous veniez Hoir notre armoire , n'est-Ci

pas?

ItKUNAlU), (jaîmciU.

J'allais me mettre à l'ouvrage. (Otant son bonnet

et retroussant ses manches.) C'est commode, tout de même, d'avoir apporté un établi dans cette petite cuisine, qui ne servait pas à grand'chose.

I ni M >K, soupirant.

O mon Dieu ! à rien du tout... par de bonnes i usons.

BBMABD.

Ça Fait qu'en paasa.nl , je puis donner un coup

de rabot .i \ olre niobilui ; et plus tard , e.i (er.i

mon cabinet de travail.

'i "iii'rkse, posant le pain et le lait. Sur quoi uvic/.-vous donc besoin d'un conseil, tout-à-l'heure ?

liERNARD, avec embarras.

Oh! sur rien... Une affaire de menuiserie... une persienne qui vient tout de travers... THÉRÈSE, le regardant.

Vous mentez, monsieur Bernard.

HERNARD.

Moi?...

THÉRÈSE, le menaçant.

Vous mentez; ce n'est pas cela.

Air de la Fiancée du Poitou.

Car vous avez rou^i , Et j'en étais bien aise :

Je m' disais, n' vous déplaise:

Dès qu'il s'ra mon mari...

Il n' pourra pas, je gage, Me tromper eu ménage Sans qu je 1' sache, avant lui !

BERNARD , riant.

Vous croyez?

THÉRÈSE

Ensuite... depuis deux jours... vous ct< - triste... inquiet?

HERXARD, à part.

Est-ce qu'elle aurait vu mon jeune homme? (Haut.) Moi? du tout...

THÉRÈSE, vivement.

Comment, monsieur, vous n'êtes pas triste, malheureux; quand notre mariage est encore retardé... Ah! bien! c'est joli!...

BERNARD

Si fait... Qu'est-ce que je dis donc?... je suis furieux!... Mais pourquoi mon mariage est -il retardé?

THÉRÈSE

C'est tout simple : vous savez combien j'aime mon oncle ?...

HERNARD.

El moi donc ! je me mettrais au feu pour lui ! le citoyen Mie bel lYirin... un si brave homme!

THÉRÈSE

Et un si bon cour! si attache à ma mère' Quoiqu'il ne lût pas riche!... un pauvre petit curé de campagne, c'est tout dire!... il nous envoyait sans cesse de l'argent, des cadeaux; et quand il est arrivé ici pour chercher un asile, a-t-il été désole* de m- plus trouver... quemoi seul»

( Elle essuie une larme. ) IIERNARD , vivement.

Et moi , qui ne vous abandonnerai jamais... ni votre oncle non plus. Mais comment ont-ils eu le COSUr de le renvoyer de sa Cure? ^i celui-là

a jamais conspiré, par exemple!

Ce ne sont pas h > habitants... \\ en était BUSH

rc. Et d'ailleurs il ne se mêlait de rien que d<

donner aux pauvio. Mais via qu'un beau jour,

on entend battre la générale: c'étaient les repré-

cf*

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