BERNARD, JULES
JULES, regardant sortir Thérèse.
Très jolie , ma toi! je t'en fais mon compliment. ( Voyant son air contraint. ) Ah ! çà , mais dismoi donc, lîernard , tu me fais une singulière figure : est-<«; que tu as déjà oublie... BERNARD, vivement.
Que je vous dois la vie? Non vraiment; et plût au ciel que je pusse vous rendre le même service , au prix de tout mon sang ! vous verriez que Bernard n'est point un ingrat. Mais c'est justement pareeque je vous suis dévoué, parce que je sais que vous êtes un brave et digne jeune homme, que votre présence ici me fait trembler. J'i{;nore quel est votre nom , votre rang; mais le drapeau sous lequel je vous ai connu, le parti que vous défendiez : tout me dit que vous courez des dangers à Paris.
JULES, froidement.
Aucun.
BERNARD , étonne.
Comment! vous avez donc renoncé?...
JULES , de même.
Absolument.
BERNARD, avec joie.
Est-il possible ?
JULES
Nous suivions une fausse route. La guerre civile ! des déchirements intérieurs ! lorsque nous voulons tous la gloire et le bonheur de notre belle France! Fi donc! c'était une folie!... j'ai changé de projet.
BERNARD, lui serrant la main.
Ah ! vous n'imaginez pas le bien que vous me laites. Maintenant, disposez de moi, de ces jours qui vous appartiennent : je serai lier de les exposer pour vous.
jci.es, lui tendant la main.
Tourbe là : j'y comptais.
BEI1. NARD
Ain iez-vous quelque insulte à venger ?