CIERS
(Au lever du rideau, Nalmchodonosor, assis ou plutôt ;i demi-coucbûct entouré d'officiers. Deux d'entre eux sont prosternes devant lui.)
NABUCHODONOSOR, avec im patience. Vous avez parcouru la ville... interrogé tout le monde ?
PREMIER OFFICIE (t. Oui, seigneur, et tout le monde a parlé; car la mort était le prix du silence.
NABtJCnODONOSOB. Tous a-t-on nommé les chefs de cette exécrable révolte?
PREMIER OFFICIER. Oui, seigneur.
NARUCBODONOêOR. Et les chefs, quels sont-ils? Pourquoi hésitez -vous à me les nommer?
DEUXIÈME OFFICIER. C'est que l'un de ces chefs...
NABUCHODONOSOR. Est Abigaïl, n'est-ce pas? 01» 1 accusez-la sans crainte ; car elle n'a plus le pouvoir de se venger... Les chefs?., nomme /.-les moi tous!
PREMIER OFFICIER. Abigaïl... le grand-
pretre, et Us prêtre* <ie Bel.
NABUCHODONOSOR. Et quel était leur
but?
PREMIER OFFICIER. S'emparer de la régente, la tuer et nommer Abigaïl reine.
NABUCHODONOSOR, à part, lleine !..
Abigaïl!! oh ! jamais. . [jamais ! .. {Haut.) Et le peuple avait pris les armes }
PREMIER OFFICIER. Oui, seigneur, tant est puissante sur lui l'influence des ministres de Bel... mais ta présence a suffi pour étouffer la rébellion**. on n'a opposé aucune résistance, et le peuple de Baby-
lone attend avec calme et soumission la justice que LU vas rendre.
NABUCHODONOSOR, à lui - même. Ainsi
donc, une femme et quelques préires ont failli détruire mon ouvre... et dépouiller
mon enfant.'.. Oh! malheur à la femme
palais du roi.
imprudente et folle!., malheur aux prêtres ambitieux!.. La mort n'a pas encore glacé mon bras... et mon bras en s'étendant sur eux les écrasera tous!.. [Haut.) Que l'élite de mon armée entrée avec moi dans Babylone défende toutes les avenues du palais... que mes gardes occupent les jardins suspendus, et qu'ils se tiennent prêts à frapper sans pitié tous ceux que je condamnerai... Allez!.. (Deux officiers sortent. ) Abdal, les ordres secrets que je t'avais donnés?
ardal. Sont exécutés... seigneur. Pendant la nuit qui vient de finir on a dressé un riche autel au milieu des jardins... sur cet autel, j'ai fait élever la statue d'or confiée à ma garde ; j'ai fait appeler, suivant tes instructions, les seigneurs de ta cour, les chefs de ton armée... ils trouveront au pied de ton trône les places que tu as voulu leur réserver... Les premiers d'entre les esclaves juifs seront amenés et assisteront aussi à la solennité que tu prépares... Enfin, au signal que je donnerai, les portes cl ii palais s'ouvriront pour le peuple qui déjà se presse à toutes les issues...
NABUCHODONOSOR. Mail tu ne me parles pas desmages?.. Ne viendront-ils pua?
je les veux tous sous ma main, tous... enlemls-tu bien ?
ABDAL. Au message envoyé par moi, voilà la réponse qu'a faite le chef des mages.
\ \m CIIODONOSOR, lisant. « Notresainte » religion avant consacré ce jour au re- » cueillement et à la solitude, chacun de » nous, prosterné aux pieds des autels, » priera pour le puissant roi de Baby- » loue. » Ils prieront!.. maH ce ne sont pas des prières que je veux , i est l'obéissance , L'obéissance aveugle .. Tu l'entends... retourne chez le grand-prêtre...
emploie la menace... la violence... trainele, s'il le faut, jusqu'au palais.
NABUCHODONOSOR
abdal. Mais c'est un sacrilège, et le dieu Bel me punira.
NABLCHODONOSOR. S'il manque un seul de ces insolens ministres, tu verras qui du dieu Bel ou de moi sait mieux punir.
ABDAL. J'obéirai.
(Il sort.)
NABLCHODONOSOR, à un autre. Toi, va dire à mes femmes de se couvrir de leurs plus brillantes pierreries, de se parer de leurs plus riches costumes, je veux les voir à cette fête... va !..
UN officier, entrant. Seigneur, Pliénenna ta fille, que tu as mandée, est là qui attend l'ordre de paraître devant toi.
wiiLCHODONOSOR. Qu'elle entre! (A un autre. ) Toi , va dire à Abigaïl qu'elle ne songe pas à sortir de son palais avant que je ne l'aie fait appeler... Maintenant, qu'on me laisse !
(Tous les ofliciers sortent au moment où Phcncnna paraît.)