‹ Pièces de théâtreChapitre 538 sur 1241 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

NABLCHODONOSOR , PHÉNENNA.

NABLCHODONOSOR. Approchez!..

i»iilnln\ \ , aoec crainte. Seigneur...

NABLCHODONOSOR. Coupable et repentante, venez-vous à votre roi pour implorer sa pitié? ou venez-vous à lui, innocente et calomniée, pour éclairer sa justice et lui demander vengeance?

PHÉNENNA, tombant à deux genoux. Je venais demander grâce à mon père.

NABLCHODONOSOR. Quelle pâleur!....

Phénenna, relevez-vous.

phim.nn v, essayant et retombant. Je ne puis... Ah ! seigneur, pitié, pitié pour votre fille qui va mourir peut-être.

nabi ciiodonosob. Mourir!.. Ah! Phénenna, ma fille, ne tremble plus... regarde-moi... il n'y a plus de colère sur mon front... Le roi... le maître a disparu... tu n'es plus que devant ton père... ton père qui te prettC dans ses hias... qui te pardonne... entends-tu, ma fille.' qui te pardonne.

imilnlnn \ , appuyée *ur h- sein du roi. Je us que vous allie/, me maudire et me chasser.

HAii ciionoNosoR. Te maudire ... toi !.. ma fille... i<- chasser! toi!*, tout ce que

j'aime au inonde !.. Mus que deviendi

is toi , où sci aient mon bonheuj 1 1 ma [oie? Sache donc, pauvre enfant, que le plus pi i •« ieui de au i Un ors, que la plus riche perle de ma courmjatj «

toi, ma Phénenna: les adorations de nus courtisans... les acclamations île mon aimée, les cris d'amour que la crainte ou mes largesses arrachent à mon peuple...

tout cela ne vaut pas un sourire de mon enfant... Je donnerais ma plus ;,'< rieuse conquête pour une de tes caresses.., I.i pour toi, ma Phénenna, pour toi, je donnerais Bahylone, mon empire, nia gloiie, ma vie!..

phénenna. Oh! mon père, jene mérite

pas tant d'amour... je suis indigne de

vous... Si vous saviez combien jY coupable !..

NMJLCHODONOSOR. Vu-tu pas l.ohle-

ment racheté ta faute, en défendant contre tous la puissance que je t'avait . innée?.. N ai-je pas été heureux a B r, en

apprenant que la jeune fille n'avait pas

manqué de cesur au milieu «lu péril!..

Faible entant., tu n'as pas lui devant un

peuple égaré... lu t\s soutenue que le

san;; de ^Nahiuhodonosor coulait dans n B veines, et tu allais combattre pour ce trône où d'avance mon amour l'avait placée.

phénenna, à part* Le trône!.. ( m! non; c'était Ismael que je voulais défendre !..

NABLCHODONOSOR. DésOl mais, tn n'auras plus de semblables luttes à soutenir... Pour que la révolte ne se réveille pins, je vais la frapper au cœur... <-t puis, je t rai si grande, ma fille bien-aimée, que les orages ne pourront plus gronder qu'a tes pieds; mais il faut ramener à toi ce p< it-

pie (jue la coupable Ibigail avait su ll.itter. Cesse de protéger de misésables est laves qu'il déteste*., o tse de lui disputer le Bang abject dont il ■ soif.*. Onta fait un crime d avoir sauvé cet Ismael... eh bien! étouffe une dangereuse pitié... tout-àl'heure, et devant tous, proteste de ton indifférence et de ton mépris poui les infinis d'Israël.

l'IH.M.NN \. îMoi !

N \itu iionONoson. Appelle sur < n\ BU juste colère; le peuple surpris .t'applaudira, et pOUr qu'il ne d<nilr plus de U

sincérité, moi, je lui en jettei ai pcair pai il e et pour g ige la nu- d'ismaèl.

l'HLM NN \. H"i mil !.. Oh ! n

pas que i n . omplisse cette - • 1 1 * < u

mou ! . . Moi, demanda la mortd'Itinaél!..

laperaecutMmdeaJuila...c'estimpoaaibia.«i

Ali ! mon péri , devant tou

du ( oodamné que je vous dem indei .»>.. .

<|ii<- vous ne me i < ht < i < t .u |. rons soIIk i... i u \ • us

m*. i\- / «In que rous m '.uniit/... Isa :

n'a pas inci iti; de mourir... je ne veux pis

ciuil încin ... 11 est aobU ... brave.. . it

le Magasin théâtral.

qnelusagevoulait-ilfairede la liberté et des

armes que je lui avais rendues?., il allait défendre ce trône au pîed duquel tu veux faire couler sou sang !.. Qli ! mon j ère, ce serait un crime... un crime bien horrible...* Oh! mon père, dis-moi donc que tu lui feras grâce !

NABI (iionOXOSOU , apris u:i moment de silence. Phénenna , je veux croire que la pitié seule t'arrête et te parle encore pour ce Juif... mais écoute bien... Si tu hésites... si tu ne jures pas de m'obéir, Ismaël sera dans un instant traîné devant le peuple qui se presse et gronde autour de ce palais... et mes bourreaux crieront à ce peuple, en lui livrant le Juif: Gloire à Phénenna? Babyloniens, voilà ce qu'elle vous donne !

i»n i: N E \ N a . Arrêtez! . . a rrêtez ! . . j e fera i ce que vous avez dit... tout ce que vous avez dit. .mais jusque-là. qu'il vive, jusque-là ne le livrez pas à ces tigrés altérés de son sang?

.v\BUCHODC30SOR. 'Il vivra... mais jusque-là seulement... n'espère pas me fléchir... ma tendresse pour toi me fait un devoir d'être inexorable.

mÉNENNA, aoec égarement. Non... non., je ne vous prierai plus... que la destinée d'Ismael s'accomplisse... Mon père, puis-je me retirer?

i\\bl'<:iiodo\osor. Oui, rentre dans ton palais et dérobe à tous les yeux ce trouble que tu caches mal... ces larmes que tu essaies en vain de retenir... Phénenna, ce trouble et ces larmes auraient suffi pour condamner' Ismaël !.. plus que jamais maintenant, je veux qu'il meure.

imii:m:\v\, à part'. Et moi, je veux qu'il vive au prix de tout ce que je possède..'. au prix de tout mon sang, je le sauverai... oui, je le sauverai...

(Elle sort.)

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