ACTE DEUXIEME
On voit le boulevard du Temple. A droite, un marchand de vin, les tables devant la porte. Plus loin, du même côte, une maison bouigcoisc, au premier de laquelle est une fenêtre garnie de persiennes. Ln face, des arbres. Au premier plan, à gauche, un banc de pierre.
JOSÉPHINE, ADÉLAÏDE , puù FÉLI- CITÉ.
Au lever du rideau, Joséphine est assise sur le banc de pierre ; Adélaïde est debout et regarde dans la couiisi
ADÉLAÏDE. Dodophe Dodophe!... ne
vous éloigne* pas du polichinelle surtout.
Joséphine, ïl ne peut donc pas tenir en place, ton mioche?
adél MDE. Ne m'en parle pas. .. il a des fonnnis dans les jambes; et les parens qui voudraient que je ne le quitte pas .. le plus souvent!
JOSÉPHINE. Les bourgeois sont si injustes... Ah bru! quand est-ce donc qu'il n'y aura plus de maîtres!... et que je pourrai lue faire servir à mou tour!...
Adélaïde. Ah' v'ià Félicité.
félicite, sortant de la maison à droite.
Rendez moi ma patrie, Ou laissez-moi m' périr.
JOSÉPHINE. Bonjour, Félicité.
félicite. Tiens!... c'est Joséphine et Adélaïde. Par quel hasard , mesdemoiselles , êtes- vous sur le boulevard du Temple ?
Joséphine. C'est pas l'hasard... Adélaïde promène le petit de ses maîtres... moi, je l'ai accompagnée, vu que c'est mon jour de sortie... et nous avons tourné par ici à ton intention.
FÉLICITÉ. Comment donc ça?
Joséphine. Tu ne comprends pas... nous attendons les jeune hommes du 32'.
i i licite, lhs militaires... ceux que j'ai vus l'autre jour avec vous?
Joséphine. Oui. .M. Fleur-d' Amour...
LE TOURLOUROU
ADELAÏDE. Et puis l'antre, dont j'ai oublié le nom... qui nous donne toujours du pain d'épice. ..
félicité. E' leur camarade... M. Pierre...
viendra-i-il aussi ?
JOSÉPHINE. Ils tâcheront de l'amener...
mais ça ne sera peut-être pas facile à cause d'une mélancolie qu'il a sur le cœur, et qui l'empêche de rire.
félicite. ODieu!... c'est si intéressant les hommes tristes.
Joséphine. Oh ! nous savons que lu en tiens pour M. Pierre.
félicité. Mais je ne dis pas... d'abord, moi, j'ai toujouis eu un faible pour les uniforme*.
Air : Rata plan.
Oui, c'est mon caractère, .!c dois en convenir , I 'aspect d'un ixilitairc M fait toujours plaisir!
Quand le tambour passe Et rju' j'entends son roul'ineut, Je n' tiens plus en place Mon cœur fait au même instant, Rapataplan, plan, plan, plan.
Etc., etc.
Du chasseur l'anifonM
D'abord m'enflamma , Du casque aimant la forme , Le drapnn m' cliarma, Pour l'houzard ensuite Mon cœur eut un doux penchant
A c't' heure il palpite...
N'importe pour quel régiment, Rapataplan, plan, plan, plan.
Etc., etc.
ADÉLAÏDE. Moi, je préfère le pompier.
félicité. Ali! si M. Pierre était moins sauvage... je lui offrirais de bien bon bouillon...
Joséphine. Tu es bien heureuse de pouvoir offrir du bouillon ! . . .Tu sers donc mii ;;r ind lurc?
i i licite. Oh! mieux que ça!., je t'assure que je n'ai pas envie de quitter d'où <j»ic je suis... c'est moi qui achète tout... qui ai 1rs clefs de tout! .. ma maîtresse est |eune fille qui n' connaît rien de rien.. . Okl «est tonte une histoire que je vous Conterai... mais ils vont ce sou au spec- , et il faut que j'aille bien vite leur ebereber une loge*. . Attendez-moi. ..jevous xiverai ici.
I sort.
JOSÉPHINE. Sois tranquille... on ne nous enlèvera pas.
ADÉHide. A-t-elle de la chance!... une pllte comme celle-là... ça tombe toujours à celles qui ne savent rien faite
josÉrnixE Garnirait si bien à moi,
qui suis dans um bar.u|ue.. . des personnes gênées... du petit monde.
On entend fredonner dans la coulisse.
adÉlmde Ah! dU donc... je crois qu< les voici.
joséphink. Les 32% faut pas a vo rlaii
rasissons-nous.
ADÉLAÏDE. Oui... rasissons n- " . et tout en travaillant , faisons semblant de chercher des coquillages à nos pieds.
Elles se rasseyent sur le banc, et font mine iïe chercher à terre.