‹ Pièces de théâtreChapitre 58 sur 1241 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

PIQI ILLO, assis , S I L \ IV mirant, fait signe aux valet* de sortir} PaïuUlo se levé.

sn\i\. Ne vous dérange^ pas, monseigneur; i<- suis contente qu,e vous preniez » liez moi 1< qui t ouvicuucul à un

boninie de voire raiq;.

PIQUILLO. Ali! fusse'- je sur un trône,

madame, ma plaie est à nos pieds, du moment ou je vous vois paiailie.

Sli.\i\. Je n'osciai» y tenir long-temps

une personne de si grande condition... Et cependant je ne sais encore de quel titre vous saluer ; vos traits nie sont inconnus et vous n'êtes assurément pas de Madrid.

piquillo. Je suisdon Alphonse Oliferno y Fuentes y Badajos y Rioles, troisième fils du vice-roi du Mexique, et je viens simplement prendre l'air de la cour d'Espagne et lui donner un peu du ton de la notre, si vos seigneurs sont gens de goût. . Avez-vous vu mes équipages?

SILVIA. Ils faisaient si grand bruit, que j'ai bien été forcée de regarder par la fenêtre.

piquillo. C'était par mon ordre et pour vous faire honneur...

SILVIA , à part. Allons, c'est un original... [Haut.) Sont-ce là, seigneur don Alpbonse, les dernières modes que l'on portait à Mexico?

piquillo. Et les premières, je l'espère,

que l'on portera à Madrid Nous ne

suivons pas vos modes, nous les devançons. Mais parlons de vous, mon bel astre d'Europe, ma belle étoile d'Orient I Savez-vous que vous me faites mareber au rebours de mes aïeux ? ils sont allés chercher un trésor d'Espagne en Amérique; moi , j'en viens découvrir un d'Amérique en Espagne...

SILVIA. Ob ! que voilà une déclaration d'un goût supérieur et bien appropriée au sujet ! cela |fte donne une grande idée de l'esprit qu'on a dans le "Nouveau-Monde.

PIQUILLO , lui montrant le pommeau de son éfjce. Que pensez-vous de ce brillant?...

SILVIA. Qu'il est de grand prix, s'il est de bon aloi.

piquillo. Fi ! mon père en met de pareils aux gourmettes de ses chevaux , et je ne le porte que pour ne pas humilier les gentilshommes de ce pays... Et maintenant, ma divinité, maintenant que vous commisse/ votre adorateur . permettez-lui

de se déclarer l'humble soupirant de vos charmes , et de changer tous ses oœuds

de ruban pour les porter de la eouleur des vôtres.

SILVIA , à part, .l'élais dans Teneur, c'est un fit... {Haut. Ifak il n'\ a qu'un

inconvénient à cela , cVst que j'en porte ions les jours de différente couleur.

piquillo. Je prendrai tous l«s soirs votre fantaisie du lendemain. . .

bilvia. Prepe* garde, je change aussi lupirans tous les matins.

piQt illo. Que ce ^>u donc mon toqi si j'ai m le bonheur d'arriver le prem*

MAGASIN THEATRAL

SILVIA. Hélas ! non, seigneur Oliferno, il y avait quelqu'un inscrit avant vous. PIQUILLO. Pour longtemps?

SILVIA. Pour toujours.

PIQDILLO. I n caprice ?

silvia. Un amour.

PIQDILLO. Oh ! du sentiment.' SILVIA. Mieux encore , de la passion.

piqdillo. Ainsi rien à espérer?.*.

SILVIA. Pas la moindre chose.

PIQUILLO. 01» ! tout au moins je vous requiers, au nom des muses et des silènes, de me faire entendre quelques sons de cette voix délicieuse dont l'Espagne dit des merveilles , et que mon pays envie à l'Espagne.

silvia. Veuillez m'excuser , je ne suis

pas en v

piqdillO. N'est-ce que cela? nous avons remède à la chose.

SILVIA. EteS-VOUS médecin?

piqdillo. Je mus enchanteur.

SILVIA. IÙ vous ave/, des recettes?

PIQDILLO. J'ai des talism

sil\ iv. Je serais curieuse d'en faire l'essai

PIQDILLO. Rien de plus facile... détourne/ La tetc et tendez le bras... Là... (// lui met un bracelet.) \ pus n'aurez pas pins ce bracelet que la voix vous j v\ iendra.. .

SILVIA. ^e bracelet... ( Elle regarde.) Que vois-je :'

PIQ1 ILLO. i h liii'ii ! n'éprouvez-vous

pas du mieux

SILVIA. Oui, oui , déjà.,. (A pmt. Mais sans aucun doute.» c'est le mien... Gomment les bijoux que l'on m'a volés bier se trouvent-ils entre les mains de ce seigneur?

l'ioi ILLO. E DOUS de Hier un

SILVIA, à part. Voyons jusqu'où cela i, ,. .. ( Elle < hante ) AI.: ab l ah! ah! ( ElU tousse. ) Il v a encore quelque chose IDILLO. Diable !...

SILVIA. Pourque la ci ' complète .

je crois qu'il faudrait...

piqi ii.i.o. Que faudrait-il , mon enchan-

SILVIA. Il faudrait 1 i i /.-vous

PIQI ii.i.o. Sans doute

silvia. Voilà «h- merveilleux bijoux!..

Viennent-ils du Mexique

PIQDILLO. Je les y ai lait ia!>i ;qn

voire intention.

silvia. Vous même?

piqi ii.i.o. Moi-même.

silvia, à part. J*' m'étais trompée, ce n'était ni un original ni un l'ai.... c'est un fripon.

PIQDILLO. Eh bien! cette voi.\

silvia , tendant l'autre bras. Je vous ai dit ce qu'il manquait pour qu'elle revint...

piquillo. Oh I ne soyons pas trop prodigue ; quand vous aurez chanté.

SILVIA. Allons, soit pour la ballade...

( appelant. ) Paquita !

PIQDILLO. Que voulez-vous, madame?

SILVIA. Ma guitare. (A Paquita.) Prévenez l'alcade, et qu'il vienne à l'instant même.

PAQUITA. Ici ?...

silvia. Ici... allez...

piquillo. Permettez-vous que je vous accompagne ?

silvia. Volontiers. La ballade que je vais vous chanter est intitulée : La femme du bandit.

PIQUILLO. Ah! je la connais!...

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