‹ Pièces de théâtreChapitre 580 sur 1241 · FÉLICITE, PIERRE · texte numérisé non relu

FÉLICITE, PIERRE

PIERRE, à part. Non, non ! je ne sors pas... Quand .Marie est en danger... Oh! je veux la sauver à tout prix.

FÉLICITÉ, revenant. Les voilà partis !

Mais il n'e>t guère que dix heures rt

quart Mon monde ne rentrera paj

avant onze heures.

pierre. Ah! encoretroisquartsd'heures.

FÉLICITÉ, allant et venant autour dr Pierre. \ oyons. . . tout est-il bien rangé ici ? Tra, la, la... tra, la, la... Oh ! oui ! on ne se douterait plus que nous avons soupe... ( 1 part.) Ah çà ! mais est-ce qu'il ne m'en dira pas davantage, ML Pierre?... Alors, pourquoi donc a-t-il voulu rester?... Ah! il est peut-être timide!... [Haut.) Monsieur Pierre !

pierce. Mademoiselle!

félicite. Vous accepteriez bien encore un petit verre... de doux.

PIERRE. Non, non... je n'ai besoin de rien.

FÉLICITÉ. Oh! vous êtes autrement sobre que vos camarades... vous n'avez presque pas mangé.

pierre. Ah ! c'est que j'ai autre chose qui m'occupe... Vous verrez bientôt que ce n'est pas pour votre souper que je suis venu ici.

félicité, à part. A la bonne heure, c'est déjà plus aimable ! {Haut.) A ous êtes bien honnête, monsieur Pierre, certainement...

On voit bien que ce n'est pas la gourmandise qui vous fait agir et je n'ai jamais

eu l'idée... (./ part.) Allons, le voilà qui retombe dans sesréfle\ions. . . Ca commence à devenir très-ridicule.

PIERRE, se levant, et se promenant avec agitation. Ali ! ils tardent bien !

1 i LICITE, à part. Singulière manière de dire sa cour. Le voilà qui se promène, à présent... Mais c'est qu'il ne s'occupe pas plus de moi que s'il était tout seul... \ oyons, voyons. .. faut l'encourager. (Elle tousse.) Hum ! hum! monsieur Pierre.

PIEB.EE. Mademoiselle.

FÉLICITÉ. Vous êtes bien triste... J'aime assez les hommes mélancolique:» pourtant, quand on est avec une personne qui plaît, on peut bien sY; amuser,

chanter... Les militaires ISTCBl de m jolies chansons. Monsieur I vous m :

bien aimable de mVn apprendre une.

Pli. rue. Ob! mademoiselle, en ce mo-

îii m dispenses-moi.

1 il IC1TÉ Ah çà! mais, si vous ne voulei

LE iuLKLolKUl.

ni parier ni chanter, c'était pas trop la peine de rester alors.

PIBHBE, regardant la pendule. Enfin voici L'heure! Mademoiselle, par grâce... dites-moi où est votre chambre?

félicité. Ma chambre?.. Comment, monsieur, vous voulez que je vous dise?

PIERRE. Oui, car il faut que je sache où je pourrai me cacher.

félicité. Vous cacher? mais jen'entends pas cela.

PiEiiRK, brusquement. \ otre chambre, vous dis-je? Réponde/, je le veux!

FÉLICITÉ. Mon Dieu! q«uel ton! il me fait presque peur. {Lut montrant la porte.) C'est par là ma chambre... mais je vous défends bien d'y aller... et... je...

PIERRE, écoutant au fond. Chut! taisez-

FÉLICITÉ. Allons, voilà qu'il veut que je me taise à présent... Monsieur, je ne comprends rien à vos gestes... si vous êtes venu pour jouer la pantomime, ça ne

m'amuse pas du tout D'ailleurs ma

maîtresse va rentrer...

pierre. Ah! je l'espère bien!

félicité. Comment, vous l'espérez? Ce n'est donc pas pour moi que vous êtes venu ici ?

pierre. Silence! On a frappé en bas...

félicité. Ah! mon Dieu.... Que doisje faire?

pierre. On monte l'escalier.

félicité. Je meurs de frayeur.

pierre. Je vais me cacher dans votre chambre... mais pas un mot, pas un signe...

félicité, tremblante. Je vous le jure, monsieur. (// entre dans la chambre à gauche.) Il est dans ma chambre... et il met le verrou... Dieu du ciel! qu'est-ce que ça va devenir?... ( On sonne au fond. ) Voilà ma maîtresse... Allons, tàchousde prendre sur moi...

Elle va ouvrir.

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