‹ Pièces de théâtreChapitre 582 sur 1241 · MARIE, D'AULNAY · texte numérisé non relu

MARIE, D'AULNAY

d'aUL\AY, s1 as seyant près de Marie. Eh bien ! cher ange, vous avez donc eu du plaisir ce soir?

MARIE. Sans doute, monsieur, et quand Mœ* de Blainville sera ici, oh! je la prierai de me mener souvent au spectacle.

d'aulnay. Il n'y a pas besoin d'elle pour cela... Ne suis-je pas toujours trop heureux de faire ce qui peut vous plaire ?

MARIE. Ce qui m'a le plus frappée dans la pièce que nous avons vue... c'est ce jeune homme qui fait semblant d'aimer une demoiselle, parce qu'elle a de la fortune.

n'AULNAY.Oh! c'est bien invraisemblable! je ne sais pas on maintenant les

auteurs vont chercher leurs sujets... mais,

au contraire, les jeunes gens île ce liècle sont < \ti èmement désintérêt <. cimj'i me citer pour exemple...

m \i\\\. Vous, monsieur?

n'ai i s w Oui, moi, charmante Marie!

Ne vous rappelez-vous pas que jevousado- (juand vous uYtiezqu'une simple paysanne. . «t si je vous aime encore plus maint! nuit, ce n'est que pour vous seule. MARIE, reculant sa chaise. Monsieur, que BIC dites fOUJ ?

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d'aulnay. Ce que mes yeux vous ont cent fois répété... et d'ailleurs pourquoi cacherais-je mon amour?

marie. Monsieur, si vous m'aimez en effet... ce n'est pas à moi... c'est à Mmede Blainville qu'il faut le dire... Ah! bientôt, je l'espère, elle sera de retour, son absence ne saurait encore se prolonger.

d'aulnay. Ah! ah! ah! J\Jmc de Blainville, vous l'attendrez long-temps.

MARIE. Que voulez-vous dire?

d'aulnay. Tenez, Marie, il n'est plus temps de feindre, Mme de Blainville n'avait aucun droit sur vous... elle vous a recueillie pour vous rendre à la duchesse votre mère... eh bien! moi, j'en ai fait autant... je vous ai enlevée, et maintenant vous êtes ici chez moi.

marie. Grand Dieu ! serait-il vrai ?

d'aulnay. Pourquoi cette terreur ? n'avez-vous donc pas quelque amitié pour moi?

marie, se levant. Monsieur, je veux sortir de cette maison, ce soir, à l'instant même.

d'aulnay, la retenant. Oh ! voilà qui ne se peut pas... songez que vous êtes ici en mon pouvoir !

marie. Quelle infâme trahison! Félicité! Félicité!

d'aulnay. Vous l'appelez en vain, elle a reçu mes ordres, elle ne viendra pas.

marie. Oh! mais c'est affreux !

d'aulnay, lui prenant la taille. Allons, Marie, voyez en moi l'amant le plus tendre... le plus épris !

marie. Laissez-moi, monsieur, laissez-

moi :

d'aulnay. Non ; il me faut un baiser, et je l'aurai.

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