SCENE III
Les Mêmes, MARIE.
Mœe de blain ville , allant à elle. Ma chère Marie!...
marie. Madame!... [A part.) M. d'Aulnay .'
MmeDE blainville. Jeté revois enfin!..
Ah ! si tu savais quel plaisir me fait ta présence... que je t'embrasse encore...
d'aulnay, à part. Comment me tirer de là l...(Haut.) Mademoiselle Marie!., comment c'est vous!... j'éprouve un plaisir!...
Mme de blainville. Mais apprends-moi donc par quels événemens tu as disparu de chez moi depuis six semaines.
d'aulnay. Pardon, je me retire, je craindrais que ma présence...
Mme de blainville. Non,Hector, non...
vous n'êtes pas de trop... vous, notre ami... je m'en rapporte à Marie.
marie. INon, sans doute, madame, et je n'ai rien à dire que monsieur ne doive savoir.
d'aulnay, à part. Elle va se venger !
HABIB, à part. L'accuser devant elle!...
Mne de blaiwille. Parle, chère enfant, nous t'écoutons.
HABIB, cherchant ses n;o/.v , Vous vous rappelez, madame, que pendant quelques jouis vous m'aviez laissée seule au château... Un matin, je me promenais dans le jardin... lorsque tout-à-coup deux hommes parurent devant moi... ils me saisirent... me portèrent dans une voiture qui attendait sur la route et qui partit sur-le-champ pour Paris.
M,ne DE BLAINVILLE. Deux hommes!...
une voiture!... Ah! grand Dieu!
d'aulnay, à pari. Où veut-elle en venir?
marie. J'arrivai dans une belle maison... où je fus traitée avec beaucoup d'égards... mais où l'on me retint prisonnière... Un monsieur... jeune, et dont la mise annonçait l'opulence, se présenta devant moi.
M"" ni; BLAINVILLE. Un jeune homme?
Lavais-tu vu quelquefois}
marie. typn,, non, madame, il m'était inconnu.
Air. de Teniers.
Et cependant ma crainte fut extrême Quand il revint me dire chaque jour...
Que je devais, c'était sa loi suprême, Pour ètie libre... écouter son amour ; Mais ètie libre avec ignominie !
Oh! non, jamais!... s'il m'eût fallu choisir, Dans ma douleur., la mort ou l'infamie!...
Ii e%a rda ni d' Aulnay.
Il a compris que je sauiais mourir.
Enfin aujourd'hui... touchée de mes larmes, une servante me procura les moyens de me sauver... Ayant découvert votre adresse, je suis accourue, et me voilà, madame!
d'aulnay, à part. J'en suis quitte pour la peur.
Mme de BLAINVILLE. Chère enfant! Saistu que voilà une aventure bien romanesque... N'ètes-vous pas de mon avis, d'Aulnay? ne trouvez-vous pas cet enlèvement fort extraordinaire?
d'aulnay. Moi!., mais non! madame...
ce sont de ces choses qui arrivent tous les jours.
Mme de blainville. Sans doute , cet homme qui t'a fait enlever connaissait le secret de ta naissance... Pauvre petite... quels dangers elle a courus!.. Mais enfui, la voilà!... et toujours pure... toujours digne de la tendresse de sa mère.
D'AULNAY, à part. Je l'espère bien.
Mme DE BLAINVILLE. Juge, mon enfant, si je devais être désolée... la duchesse est arrivée... aujourd'hui même j'attends sa visite.
marie. La duchesse!... ma mère!... je vais la voir!... Oh! quel bonheur!
LE DOMESTIQUE , entrant, et allant à /J/n" de Blainoille. Madame , il y a là un villageois qui demande à vous parler... il arrive de Véteuil...
marie. De Véteuil?
Mmp de blainville. Oh ! je devine. . la duchesse, ignorant que tu es près de moi, avait écrit à Gobmard... 11 m'envoie quelqu'un pour nie faire part de ce message. .. Je vais trouverce villageois .. attends-moi ici, ma chère Marie.
Elle soit par le fond.