SCENE PREMIERE
GASPARD, GOBINARD.
Au lever du rideau, ils sont à table et boivent.
GASP\RD , levant son verre. A vot' santé , papa Gobinaid !
GOBINARD. Ah ! Gaspard !... ça ne va plus comme autrefois... c'est-à-dire... si , ta nanti* est toujours bonne ; mais Paub* rpe est en souffrance... Depuis le départ
• le Marte, Us pratiques désertent... c'était pour elle... qu'on venait boire rhez moi...
« lie avait des yeux qui altéraient Ses
y( n\ altéraient beaucoup.
G tSPAttD. Eh l)en ! que ne prenez-vous Une autre fille... aussi avenante?..
GOBI N ABU, Si m ciois que c'est facile... GASPARD. Peut-être! .. Laissez- moi
• 'i . ; je vous eu tiouverai une autre qui h vaudra bien... J'ai même idée qu'elle
mil » uni n.\.
Giibinard. Ah ! Gaspard! tu me renias un fameux service. [VI ais c'est égal* je rtgieite Marre! j'y étais attaché! je la con- Mtii'-r.iis comme ma fille ... lu maintenant qu elle n est plus duchesse, et que M""" de Blainville l'a mise à la porte, elle aurait du i ( venir «In i. moi . . je lui aurais ouvert mes bras et ma cuisine.
(". \M' an Ali ht n ! oui ! ••• revenir '... Elit est in p vaniteuse pour ça ! ..
GOBI n An n Ki puis s(.. p,nens l'auraient pem-eti lamé\ plus ai ri ; car « ufin
elle doil a . uu père... ou ça m'eumnerait beaucoup.
Gaspard. Et moi aussi. A vot' santé !...
GOBixard. Mais qu'est-elle devenue depuis six semaines qu'elle est sortie de chez Mme de Blainville? Toi qui vas à Paris à chaque instant... car à présent tu ne fais que la navette... tu aurais pu découvrir...
Gaspard. Ma foi , non, je n'ai rien appris... elle se sera peut-être jetée à l'eau.
GOBINARD. Comme tu dis ça froidement !
jetée à l'eau! Il faut que tu aies le cœur bien sec !...
Gaspard. Dam , je lui en veux , c'est vrai : elle a tant tourmenté ce pauvre
Pierre... Ah ! c'est celui-là que j'aime
et je le lui prouverai pas plus tard qu'aujourd'hui... car nous allons le voir... il va revenir.. .
gobiwrd. Pierre ! Comment ça ?
GASPAiiD. Son régiment va tenir garnison à Evreux... et il passe par ici ce matin.
gobinard. Vraiment?...
GASPARD. Et tous ses camarades viendront se désaltérer chez vous... Est-ce que ça ne vous fait pas plaisir?...
gobinard. Oh! ça ne c'est-à-dire
si ! j'en suis enchante' î
Gaspard. Vous verrez comme Pierre est changé... lui qui était si triste ! Il est gai maintenant... c'est presque un luron.
GOniNMiD. Il n'est donc plus amoureux ?
GASivard. Il commence à prendre son parti. ( On entend Pierre (hanter flans la ci'uliss'-. * Tenez j l'entendez-vous? C'est lui qui arrive en chantant.
LE TOLKLOIROU.