LA DUCHESSE, DE NERVAL
i.v ni CHESSE Ali! vous êtes resté, monsieur de Nerval/ j'en suis charmée, car je pourrai vous offrir de nouveau tous nies remerc ieineiis.
de m r. \ \l. Et de quoi donc, madame?
la di CHESSE. Vous avez mis une complaisance extrême à nous lire cette relation du voyage de M. de Juinilly dans le désert.
de nbrval. > mis l'aviez désiré, madame , et vous savez qu'un désir de vous est un ordre pour moi.
la DUCHESSE. Je ne le savais pas, mais je suis bien ai.-e de L'apprendre.
ni: \kk\ al. Et pourtant cette lecture , les discours auxquels elle a donné lieu, m'ont inspire'' de bien cruelles réflexions.
la Di ciiesse. En vérité?
DE m: il \ ai.. Est- il vrai que vous êtes aimée de M. de Juinilly, madame?
iv DUCHESSE. Voilà une t r*nge question.
de Nerval. Veuillez y répondre, je vous en conjure !
LA DUCHESSE. Y répondre?... mais ce serait fort difficile; et d'ailleurs que vous importe?
DE iverval. Que m'importe?.. Ignorezvous ce qui se passe dans mon cœur?
LA OOHTBSSE. le n'ai pas cherché à le savoir
De NERVAL. Quoi! mes regards . ma
conduite depuis le jour où j'ai eu le bon- Jieur de vous voir, tout ne vous l'a pas appris?
la duchesse. D'abord, monsieur, je ne me pique point d'interpréter les regards ; puis, qu'y a-t-il donc d'étrange dans votre conduite' vous êtes riche ei bien né; à votre arrivée à Pans, AI. de Vaudel, le prétendu de ma sœur, vous a présentée moi, je vous ai lieu avec plaisir, vous avi / paru satisfait de mon accueil, vaus ii h devoir prolonger votre séjour à Pai ts, et vous me fait* s l'honneur de
nir llie VOir souvent : que dois-je Ik>ii\> i
lé «le si extraordinaire .'
DE m. u\ il. Oh! i nu d'extraordinaii
inad.um ! car, des qu'une lies on voiis a
\ ne on voudrait ne plus vous oui
i\ m i B16SB. Ceci i ' fort monsieur , et je vous en reiueri ie,
in m u\ \i M. us quand je mus venu .1 Paris, j'étais prêt à me mai ici.
l\ DiT.nrssr Eh Lien! Monsieur?
de m:h\ m.. D'importantes affaires m'avaient appelé ici : une jem une que
j'aimais, que je ON nui du m<
< omptail sur un proini
mon retour ; j'ai é< rit mie j'avais 1 h
de pensée, que je nianqu
sermens.
LA DUCHESSE. Vous avez peut-être eu tort.
m: mit w.. Je vous avais vue madame, la m chesse. Comment ! est- que
mon aspect dégoûte du m l
de m .k\ \i . \\ 1 . nue antre que roua .'
oui !
IV DUCHESSE, souriant. S'il , ,, était
ainsi, monsieur, et qu'il me Fallût ép .-.Matous ceux qui trouvent quelque pi 1 me voir, vous conviendrez que j'aurais
fort à faire.
de M.i-,\ il. Mais ce saci -m ave-
nir certain à une lointaine 1 n'avez pas pu l'ignorer; ro accueil, vos discours, tout semblait m'en faire un devoil !
la duchesse. Je ne me souviens pas
de vous avoir dit un mot de cela.
DE M.it\ XL. Non, sans doute, m i,| une, vous ne me l'ave/ pas dit ; m ii lire dans vos veux...
LA DUCHESSE. Où avex-VOUS feCE jusqu'à présent , monsieur.'
di: m.iix xl. A La Rochelle, mus
né, madame.
LA 1)1 CHESSE. Ali !.. <\ |t donc es !..
ni: NÉBi il. Ainsi . madame . ces d 1 trds qui faisaient l> ittre mbienveillantes p irol s qui n, ll( llt
à demeurer près de vous, tout cel 1
qu'un jeu .' On disait donc vi 11 toi
l heure? porter le trouble dans les ai et rester impassible , faire h iftn d'un
roup-d'o-il et déU mie d'un mm |, 1 |||,,
aions de ceux <jm vous approt hent
est VOtre Imnln m ' .1 , , que 1 aujourd'lmi. M. de .limnll\ 1'.. H\r
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1 1 m < ni ssi S. n t , ,,, rp
votre jeunesse ne i |,jM(. ,,,
• lui,;. nCl . »VeX-1 Os Lu 11 que je ; me I n li
DI M n\ XI . \ "Il - I"!, !
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vous .n | un ûs donné I subir wn intei 1
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nu n : impossible que roui n'ayi 1
leviné mon d m 1 ificc qui
LE MAGASIN THEATRAL
fait sans hésiter, vous avez eu l'art de m'y contraindre sans me le prescrire ; vous avez accueilli mon hommage, et je viens d'apprendre que, dans le même tems, vous encouragiez celui de M. de Jumilly.
la DLCHESSE. Encore, monsieur!..
de NERVAL. Et c'est moi que vous choisissez pour lire le récit de ses exploits , la relation des glorieux événemens qui ont illustré sa vie!...
la duchesse, souriant. Est-ce que cette lecture ne vous a pas intéressé?
de Nerval. J'ai l'ame assez élevée pour admirer le courage , même dans un rival.
la duchesse. Ce sentiment vous fait
honneur.
de nerval. Mais daignez vous prononcer, madame; si j'ai bien compris ce qu'on a dit devant moi, M. de Jumilly vous aime!... qui de nous deux peut espérer d'être aimé?
la DLCHESSE. Qu'auriez-vous à dire , monsieur, si je vous répondais : ni l'un ni
l'autre?
de nerval. Rien, madame! je sortirais d'ici pour n'y jamais reparaître.
la duchesse. Ce serait une folie de plus.
de nerval. Dites que ce serait ma seule action raisonnable.
la DLCHESSE, tres-gracieuse. Vous êtes un enfant!