SILVIA, FABRICE
FABRICE. Bonjour, ma belle Circé; où m sommes-nous de nos encbantemens?
S1L\ IA. \ OUS le voyez, je ks prépare. FABRICE, ÎNe smnmes - nous donc pas
pins avancée que tes apparence* ne L'indiquent ?
SILVIA. Si lait, il est venu.
fabiucl. Et il doit revenir?
SILVIA. Pour qui ai-je lait toilette ?
I Millier:. Tenez, Silvia, j'ai une peur.
SIL\ IA. LaqUi lie.'
FABRICE C'est que vous n'oubliiez mes intérêts pour vous occuper des voues.
sn.\ i v. Ne sent-il pas les même
FABRICE. Mais moi, je suis amoureux.
SILVIA. Eh bien ! liioi, j'aime.
FABRICE. Vous, Silvia !... Ah! pardieu, voilà un habile liomine et notre maître à tous, puisqu'en vingt-quatre heures il est plus avancé que Henrique et Paez au bout
de six mois.
SILVIA. C'est que je connais le seigneur Diego depuis lou.;;-leinps, voilà tout.
FABRICE. \ «mis ;.• connaissez, d;tes-vous?
silvia. Oui, Fabrice ;.«t à vous> qui paraisses -ous L'influence d'un amour réel,
je puis ouvrir mou cœur, fermé au\ regards
de ces jeunes ions... Oui. depuis longtemps je; l'ai vu et je l'aime; et c'est cet amour (pii m'a fait quitter Madrid, renoncer à la vie de plaisirs que j'y nu nais... A Séville, je l'ai retrouve'' ; je ne le cherchais DBA mais, en le ieyo\ant, un
espoir que j toujours repou
emparé de moi... celui «le nu- faire aimer
de lui... I u projet, qui avait pour appartint: de vous sci vu -, à peine conçu, a été
mis a exécution., .le l'ai revu hier.. . je l'ai revu Bujourd Imi !
I àBRICE. Eh bien?
SILVIA. ldi bien, Fabrice, je suis la
plus heureuse ou La plus malheureuse des
l( mu u je ne puis eiic à lui.. . l'a-
il m'aime.
FABBICB. M VOUS aime. . il vous l'a dit?
Silvia. Non, mais j'en suis sûre a sa
les yen pai <>l< - même •
i ibbice.H voua a promisde i evenii .' mia i \. \ ous voyez bien que je L'attends. i Muuci Pauvre Silvia !
sn.\ i \. Quoi?
i ibbicb. Mai - don Diègue qui quitte
Séville a L'instant.. .
SILVIA. Don Diègue quitte Séville ! Le
croyez-vous ?
iabrice. J'en suis sûr.
silvia. Et vous me dites cela ainsi !
FABRICE. J'ai pris mes précautions.
silvia. Lesquelles
FABRICE. Eeouiez, Silvia, je suis un lioinine reconnaissant, moi... même de l'intention... A ous m'avez promis d'éloigner le mari, pour me laisser la femme... eh bien ! moi, j'éloigne la femme pour vous laisser le mari.
SILVIA. Qu'est-ce que vous dites?
FABRICE. Que six bomnies à mes ordres, commandes par le drôle le plus adroit de toutes les Espaynes, sont embusqués à cent pas d'ici...
SU. M a. Et vous croyez qu'ils oseront?
On ontend un coup de pistolet.
FABRICE. Tenez, les voilà qui nous donnent de leurs nouvelles.
silvia. Mon Dieu! Seigneur, protégezle!
FABRICE* riant. Soyez tranquille, Silvia, j'ai reeomniandé pour lui la plus grande considération... les plus grands égaras...
SIL\ i\. Ob ! vous avez fait là une ebose ailieuse, terrible !
FABRICE. Mais où allez-vous?
SIL\ia. Je ne sais... je vais le défendre... me mettre entre lui et les assassins...
FABRICE* Mais vo. toile, Silvia, ce
ne sont point des assassins.
sili i \. Laissez-moi!
FABRICE. Quelqu'un vient... je ne me trompe pas, c'est don Diègue.
sn.viA. Don Diègue !
fabbice. Allons, Silvia, à l'œuvre chacun de notre coté'... Celui oui aura réui le premier préviendra l'autre.
11 MU t.
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