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SCENE PREMIERE

GRANDET, JUMILLY,

(Ils cntient au lever du rideau par le fond.)

jumilly. Est-il possible, mon ami, un enlèvement?..

Guwnr.ï. Oui, pardieu! et dans toutes les règles! Ses gens ivres-morts, deux hommes à moi mis à leur place, une longue promenade sur les boulevarts, afin de nous donner un peu de teins, et la fière Ira In sse va se trouver, rue de .loubi ri , n° 11, à la discrétion du général Jumilly et de son ami Grandet.

jumilly. Sais-tu bien que c'est infâme ce que tu as fais là, et que je ne consen« tuai point à être Ion complice?

Gnwnr.T. A.1i! ça, vas-tii recommença?...le la liais et la méprise, disais-tu ;

en mon pouxoir, pour qu'il me fait permis de lui faire sentir à mon aise que l'amour a été remplacé dans mon eccur par le plus froid dédain!.. Eli bien ! ce que tu souhaitais si vivement, je te l'offre, moi!., et tu recules!... Va donc pour la centième fois te jeter à ses pieds et lui demander pardon de tout le mal qu'elle t'a fait.

Ji milly. Oh ! jamais ■ ... je veux me venger, je le veux! mon supplice fut trop long et trop cruel !.. Mais quel amant trompé, indignement joué, imagina, même dans un moment de désespoir, un semblable moyen ?

GRANDET, Et penses- tu donc qu'il faille agir COUlIlie tOUt le monde avec une femme qui ne ressemble à aucune autre femme, une véritable exception dans l'espèce ? non,

l'aie s'est amusée à te

mon ami , non

je donnerais tout au monde pour qu'elle lut * tourmenter, tu la tourmenteras à tou tour !

L AMI GRANDET

elle s'est moquée de toi pendant une année, tu te moqueras d'elle pendant une heure!... vous ne serez pas encore quittes.

ji HILLT. Mais elle aura le droit de nie mépriser, car ma conduite n'aura pas été celle d'un galant homme.

GRANDET. Te mépriser?., laisse donc !..

on méprise un esclave, on tremble devant son maître; et, si tu le veux, tu suas le sien !... A compter de ce jour, les rôles auront changé.

ji milly. Le crois-tu/

GRANDET. J'en réponds !. .. Mou pauvre ami, tu n'as pas voulu m 'écouter, tu ;is perdu ton tems à tâcher de greffer ta belle ame sur une nature ingrate qui a trompe toutes tes espérances; tu t'es livré pieds et poiagS liés à une femme qui a inventé pour toi des malices inconnues jusqu'à présenta la population féminine; et lu la plaindrais! tu serais assez fou pour oublier ses crimes et tes souffrances!... Je ne les oublie pas, moi!... Quand vingt fois je t'ai vu désespéré, prêt à te briser la tête contre les murailles, je ne t'ai pas dit que je m'égra lignais la poitrine de colère, et que je l'aurais tuée, celte femme.'...

Ji milly. Mon ami!..

grvndet. Sois tranquille, je ne la tuerai pas; mais, pardieu! je te vengerai!

JtJMILLY. Et quelle sera la lin de tout ceci?

GRANDET. Cela dépend de toi... Sois implacable comme elle; tache de 1 humilier, de piquer sa vanité, d'intéresser, non pas le cœur, non pas l'ame, mais les nerfs de cette femme... et tu verras!

ji milly. Serait-il possible?

GiiwuET. Mais ne t'avise pas de fléchir!... Si tu as le malheur d'hésiter, si elle voit remuer un de tes Sourcils, lu es perdu !.. . elle glissera de Les ;;i illes comme un poisson, et s échappera pour ne plus se laisser prendre... Inflexible devant elle! que chacune de tes paroles soit comme un

coup de lanière qui la déchire!... quand tu auras frappe, frappe encore, frappe- loii-

jouis!... Cet femmes-là sont dures , mon ami!... la souffrance seule peut leur donner un cœur !..

JI HILLT. IH sentiment vrai n'a jamais

fait battre Le sien.

GRANDET. El je doute fort que

vienne. . mais c'est égal, va LOUJOUft, «t

tu seras vengé «lu moins!. •< Si i avais agi

de la lOlte avec la B ivai "is<' { Misk.i , je nC

me m i ais p i la jambe g un lie !. ..

Biais alors j'étais ^^ (jraud niais aussi,

ji HILLT. •!<■ ne le serai | »l n> ! . . . ■ Vu est iaii maintenant : elle a épuisé tout < e qu'il y avait en moi de tendresse et d'indul-

gence! Oui, tu as raison, je l'humilieni, je la blesserai dans m vanité, seul sentiment qu'elle connaisse}... puis, qu'etl*

sorte d'ici, et que je lie 1 i r, \,M. |.iiu,ih

ghwmi. A merveille!... I comment era par un duo ,- main j'y \ i< ..di ai faire ma partie , et nous Boirons p u un tutti, qui, l'espère . produira de 1\ ffet...

ji hilli . Comment ? ..

(.r. wni.T. I. liés -moi faire !. .. tu ne soupçonnes pas tout < e que ta lieie duchesse a fait pendant ton absence, ni ce que je lui prépare : elle a ri quand je- loi ai déclaré la guerre; mais rira bien qui m a le derniei !

ji hillt. Je ne te comprends pis

grajdbt. Patience ï. . tout te sera expliqué... Je vais I uni loi monter ch./ ton ami , M de Y.iuion : sa fille CSt aupn SJ .!■ lui, sans doute '

JI) HILLT. Je crois qu'oui... Il gottnYe

toujours, et pointant il compte repartir bientôt pour La Rochelle.

ORANDET. 11 me suffit qu'il mil eni oi t a

Paris ce soir.

Jl'MILLl . Quel est donc ton projet '

GRANDET. Patience, tedis-je! .. là promenade de noire lu lie ennemie doit être terminée , j'entends quelqu'un; voici l'instant de la résolution!...

.u HILLT. Sois tranquille.

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