ma .s il 1 I . i hl
m ulain , qut! je me d< li Isii Je
tr mblaia qu'il m ul siu 01 «• boni versé tous les pi "p W que j'ai "i m«*s pooj ,i\ chu . projeta qu il adoptée.
1 \ m < 111 ssi
URANDET. Je vois a\^c plaisû «pie v
LE MAGASIN THEATRAL
une affaire terminée, et qu'il ne vous importunera plus d'un amour que vous ne pouvez partager.
la duchesse. Mais qui vous a dit cela, monsieur Grandet ?
Grandet. 11 me semble que ça été assez clair.
LA duchesse. Oui, vous m'avez cru une femme insensible, et moi j'ai pu vous croire méchant!... nous nous sommes bien trompés tous deux.
Grandet. Pas trop! pas trop!
LA duchesse. Oh ! je vous demande pardon!., car , sons cette apparence de rudesse, vous êtes bon, généreux.
GRANDET. Du tOUt, dutOUt!...
LA duchesse. Vous avez donc pensé, monsieur Grandet, qu'il pouvait se rencontrer une femme capable de voir et d'entendre chaque jour votre ami sans apprécier ses nobles qualités, sans qu'elle reconnût que l'amour d'un homme tel que lui devait être la plus grande et la plus chère ambition de son cœur?
Grandet , à part. Ah ça ! mais, ce n'est plus la même femme.
LA duchesse. Vous avez été sévère, cruel même envers elle !... eb bien ! elle ne vous en veut pas, et elle vous demande aujourd'hi un peu d'indulgence en échange de son amitié.
Grandet, souriant. (A part.) Quelle métamorphose!.. (Haut.) Pardon, madame la duchesse ! . . . savez-vous bien que si l'on n'y prenait garde, rien ne serait plus facile que de se laisser aller à ces douces paroles , à ces regards charmans?... oui, on jurerait qu'il y a place dans votre cœur pour une véritable émotion.
LA duchesse. Et pourquoi s'obstineraiton à en douter? pourquoi ne pas croire que mon ame est capable de comprendre la vôtre et de pardonner à un dévouement qui vous honore ce que votre conduite envers moi a pu avoir d'irrégulier et de désobligeant?
Grandet. Me pardonner?., vous, madame !...
LA DUCHESSE , approchant son jauleuil du sien. Moi-même!... je veux faire plus peut-être.
Grandet. Quoi donc ?
la duchesse. Vous contraindre à me rendre justice, à convenir qu'il y a quelque élévation, quelques nobles sentimens dans cette ame que vous avez si cruellement blessée.
Grandet. J'avoue franchement que j'ai été un peu perfide , et que , pour ne pas
me garder rancune , il faut que vous fassiez un grand effort sur vous-même.
LA duchesse. Mais non!., car désormais nous serons amis; la prévention cessera de vous aveugler. Vous viendrez me voir... souvent; vous me raconterez les campagnes de votre ami ; vous me direz la gloire qu'il s'est acquise, les nombreux dangers qu'il a courus quand son amour de, la science l'entraîna dans les déserts de l'Egypte : vous me parlerez de vous aussi, de votre existence si pleine d'utiles travaux et d'importantes découvertes , car je n'ignore point que votre art vous doit beaucoup, et je compte sur vous, monsieur Grandet!
Grandet. Certes, madame, ce serait avec grand plaisir...
la duchesse. Oh! vous verrez qu'une duchesse peut être une bonne femme !... Que de fois il arrive dans le monde, que notre opinion sur telle ou telle personne n'est que l'effet d'un mal-entendu, et qu'un moment d'entretien suffit pour changer toutes toutes nos idées?. Moi, par exemple, je vous avais mal jugé, et je m'en repens.
Grandet , à part. C'est incroyable !.. il y a dans toutes ses paroles un ton de franchise, un abandon! est-ce que cette
femme-là aurait un cœur ?
la duchesse. Je tiens trop à votre estime, monsieur Grandet, pour ne pas tacher de vous faire revenir sur mon compte.
Grandet, embarrassé. Mon Dieu! madame!..
LA DUCnESSE , lui tendant la main. Vous ne me haïrez plus, n'est-ce pas?
GRANDET. Vous haïr!... est-ce que cela se peut? (// part, en reculant son siège.) Grandet, souviens-toi d'Oliska!..
LA DUCHESSE, rapprochant son fauteuil.
Tous comprenez qu'une femme entourée d'hommages, obsédée de flatteries , doit se donner le teins de bien connaître l'homme qui lui demande tout son avenir, et que des yeux prévenus peuvent voir de la froideur et de la duplicité dans ce qui n'est que de la prudence.
Grandet, à part. C'est possible ce qu'elle dit là ! et j'ai peut-être été bien vite.
la DUCnESSE. Votre ami a partagé vos préventions ; vous n'avez rien négligé pour les accroître !
Grandet. C'est vrai.
la duchesse. Vous aviez imaginé que les triomphes de la vanité étaient tout pour moi ?
L AMI GRANDET
GRANDET. Est-ce que je me serais trompé, madame ?
LA duchesse. Croire que vous n'avez pas changé d'opinion, ce serait vous oflenser : un jiomme aussi pénétrant que vous voit jusqu'au fond des cœurs, et vous connaissez le mien maintenant.
grwdet. Madame!... {A part.) Ma parole d'honneur, je n'y suis plus du tout !.. .
LA DUCHESSE. Vous regrettez à présent, j'en suis sure, de m 'avoir montrée à votre ami sous de si tristes couleurs? de l'avoir éloigné de moi ?
Ain d'Aristippe.
Tout ce bonheur qu'apportait sa présence , Quand m'entourait son amour assidu, Grâce a vos soins, à votre défiance , Mon cœur en vain l'a long-tcius attendu , F.t pour tous deux c'est autant de perdu ! Les jours heureux ici-has sont si rares ! Sur leur retour bien fou qui comptera : Ah! croyez-moi , soyons-en plus avares!...
Qui sait si Dieu nous les rendra?
Qui sait, heJas ! si Dieu nuus h «rendra?
Grandet , à part. J'ai beau faire ! . . cette femme-là a je ne sais quoi dans la voix , dans les manières !
la duchesse. Convenez que vous avez été coupable !
GRVNDET. Eh! mon Dieu! j'ai grand'peur de l'avoir été plus que vous ne croyez.
LA DUCHESSE Comment donc?
GRANDET. Je ne m'étonnerais pas que Jumilly fût marié à l'heure où je vous parle.
LA DUCHESSE, se levant vivement. Marié!...
GRANDET, se levant. Oui, avec M1,e Adèle de Vauroy : vous savez, madame? celle à qui vous aviez enlevé M. de Nerval.
LA duchesse. Marié!... avec elle!.,.
Grandet. J'avais arrangé cela avant mon départ; l'affaire était en bon train... tous les jours j'écrivais à Jumilly pour le presser de terminer , car je tenais à l'arracher à vos séductions. Il m'a répondu que je devais être paisible et qu'il disposait tout pour le bonheur de la jeune Adèle ; depuis trois semaines il ne vous a pas revue, de sorte que...
LA DUCHESSE. Mais cela n'est pas possible!... il n'est pas marié!...
GRANDET. Je n'en sais rien : en arrivait chez moi, je trouve votre lettre et i'aceouis à votre hôtel avant même d'aller cmhrasft i mon ami.
i\ m < im.ssi:. Oh! il vous aurait indiqué le jour de la cérémonie, il vous tarait attendu.
grwdet. C'est probable! mais le contraire se peut aussi.
la DUCHESSE. Monsieur Grandet !
Grandet. Voua pilissez , madame?...
vous semblés souffrir ?...