‹ Pièces de théâtreChapitre 666 sur 1241 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

GASTON, puis DONATIEN.

caston, tris-agité. Congédié, sans retour!., et il ne pas même été permis de me justifier... Oh ! il faudra qu'elle m'entende... je la reverrai malgré elle, je lui écrirai... La revoir! lui écrire! où ?.. Cette maison dont je sors, où est-elle?., quel chemin suivre pour y arriver?.. Je suis sûr que c'est toutprès...àdeuxpasd'ici...

que je passe tous les jours devant la porte... Mais où?.. Ah! maudit Allemand!., si je le tenais!..

Donatien entrant. C'est moi , c'est moi.

caston. Ah! vous voilà... Vous arrivez fort à propos; j'ai deux mots à vous dire.

Donatien. J'apporte le billet d'invitation de ma cousine.

gaston va prendre son épée, la pose sur la table , et ouvre une boîte d'où il tire une paire de pistolets qu'il place auprès de l'épée, A Donatien, en lui montrant le tout. Voyez, et choisissez.

Donatien, prenant l'épée et la regardant avec attention. Oh ! là belle épéc!... [examinant les pistolets.) Les superbes pistolets!... ils sont de M. Lepage, de Paris?... Cher ami, voilà une attention!.. Vous saviez donc que c'est aujourd'hui ma

fête?

gaston. Je vous ai dit de choisir... Que préférez-vous , l'épée ou le pistolet?

noNATir.N. La poignée de l'épée est magnifique... Cependant, si cela vous est indifférent, j'accepte les pistolets.

e. aston. * Vous avez raison : je suis plus

Gaston , Donatien.

fort que vous à l'épée, et les pistolets peuvent seuls égaliser les chances du combat.

Donatien. Hein ! qu'est-ce que vous dites donc?

gaston. Je dis que vous me voyez dans la position la plus délicate... celle d'un homme réduit à vous tuer, ou à se faire tuer par vous.

Donatien. Qu'est-ce que cela signifie ?

gaston. Que vous m'avez rendu coupable d'une action infâme, en m'arrachant un secret confié à mon honneur... Je ne voulais pas le dire, je résistais... J'en suis fâché; mais ce secret n'ira pas plus loin, j'en ai fait serment : il faut qu'il meure avec vous.

Donatien. Par exemple !.. voilà qui c;t joli... Conçoit-on une idée pareille... Et vous croyez que je serai assez lâche pour me prêter à cetle plaisanterie?., non, Monsieur.

gaston. Il le faut.

Donatien. Et si c'est moi qui vous tue ?

gaston. J'aurai expié ma faute, ce sera bien fait.

air : Vaudeville de Partie et Revanche. IS'hesitcz plus, partons sur l'heure.

DONATIEN

Vous battre avec le sommelier du roi !

GASTON

11 faut que l'un de nous deux meure.

DONATIEN

L'un de nous deux?... ce ne sera pas moi ; Soyez-en sûr, ce ne sera pas moi.

Allez donc en chercher un autre.

GASTON

Je veux voire vie!

DONATIEN

Halte- là!

Moi , je ne \eux pas de la vôtre...

Que chacun garde ce qu'il a.

Que diable! expliquons-nous... Vou êtes Français, je suis Prussien... l'allain peut s'arranger... (d part.) Comment nu tirer de là ?.. Oh ! inspiration !. .

gaston, avec, impatience. Allons, Mon sieur...

Donatien, avec résolution. Je ne me fera pas prier plus long-temps. Monsieur, par tons... (// fait quelques pas comme pour sortir , puis il revient et se trouve à la droite tl

Gaston. *)Mais je dois vous prévenir que I vous me tuez, vous commettrez un Ticurtre inutile, que vous n'atteindrez pas ,otre but... en un mot, que votre secret îe mourra pas avec moi.

gaston. Qu'est-ce que cela signifie?

Donatien. J'ai tout dit, tout raconte.

caston, furieux. Malheureux!., et à jui ?.. Je tuerai celui-là aussi... A qui loue ?.. parlez...

Donatien , à part. Du diable, si je sais...

gaston. A qui donc ?

Donatien. A... à ma cousine.

gaston. La Princesse !

Donatien, à part. Je suis sauvé, [la Prin- ■esse parait en toilette de bal. ) Dieu ! la roici !... je suis perdu !

I SCEINE X.

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