LA PRINCESSE
Que parlez-vous de rang et de distance? De ma grandeur j'ai vu le dernier jour ,
Je ne suis plus dame de cour.
C'est pour cela que, plus j'y songe , A vos discours je n'ajoute point foi : Je ne suis plus princesse , et le mensonge
N'a plus d'accès auprès de moi.
gaston. Mon amour!., un mensonge!..
la princesse. Soyez franc... celles qui se contentent de ce mot-là ne sont-elles pas bien imprudentes?., et n'a-t-on pas le droit d'exiger quelques preuves à l'appui de telles paroles?..
caston. Des preuves, Madame !.. parlez, ordonnez... quelles preuves faut-il ?
la princesse. Je ne sais trop... je n'en demande pas, moi... Mais, sans chercher bien long-temps, il s'en présente une tout d'abord... On doit une confiance entière et sans réserve à la femme que l'on aime véritablement... El si nous en étions là, par supposition, j'exigerais avant tout de vous la confidence de cette intrigue, de cette aventure dont mon cousin m'a parlé.
caston. Vous la connaissez, Madame :
Donatien n'a pas omis une seule circonstance, et je n'ai rien à ajouter à son récit.
la FRtRCËSSi Peut-être... Je ne sais pas loni ce que je voudrais savoir.
caston. Comment ?
la princesse. Oh ! vous nous êtes engagé bien légèrement . M. Gaston... Les femmes abusent cruellement du pouvoir qu'on leur donne, et alors arrivent en loule les caprices, les fantaisies... [gcûment.) .le compte abuser aussi de voire passion..', soudaine; el ma fantaisie, à moi, mon premier crfprice, cVsi de connaître le nom de cette daine chez qui i nus alliez.
gaston. Il ne dépend pas de moi d< vous satisfaire à cet égard... j'ignore moimême son nom.
la princesse. Vraiment ?
gaston. Je vous l'atteste.
la princesse. S'il en est ainsi, je m< résigne... Cependant, ce nom que von ignorez , qui sait ?.. quelque circonstanc< imprévue pourra vous le révéler plus tard. . Si cela arrive, promettez-vous de ne mi rien cacher?
gaston. Je jure, sur l'honneur , Madame, de vous dire ce nom... quand je le saurai,.. ( à pari. ) Je suis bien tranquille : je ne le saurai jamais.
la princesse, d part. 11 a juré sur l'honneur!., (haut, et cherchant à se remettre] M. d'Aubrai, l'heure du bal approche , I il m'en coûterait d'arriver une des dernières.
gaston. C'est bien, Madame... je n'a que mon uniforme à passer... La toilettt d'un soldat n'est pas longue, et je suis à vos ordres.
( // tort à gauche. )
SU'JNK Ml.
LÀ PRINCESSE seule , triste et pensive*
Il a iuré sur l'honneur de me livrer ce nom, dès qu'il le connaîtra !.. Eh bien! il le connaîtra dès aujourd'hui . ce nom; et s'il ose tenir son serment!.. Ah! tout sera fini... Ou plutôt, tout est fini déjà; car il a dit : Je jure sur r honneur... Mail quel moyen lui fournir de savoir ce nom ';'.. Lui écrire?., impossible... [comme frappée d'une idée) Ah'., ce mouchoir brodé de mon chiffre, de mes armes... il ne manquera pas de supposer qu'il l'a pris pal mégardjé à la place du sien.. Où le mettre? [apercevant te chapeau f uniforme iU Gaston, qu'il a pose sur le guéridon auprjk de la cheminée.) Là... Ah! comme le ceeUf me bat!.. Allons, rassurons-nous. .. du calme et du courage... Le voici!..
( Elle Jette le mouchoir dans te chapeau., m
s'éloigne du guéridon. )