SCENE III
MULNEll, GUILLAUME.
Ils arrivent par le clirniin hors «le vue, 10. fond, à doite. Mulner porte un costume bourgeois : liabit carré marron, culotte marron, gilet noir, cravate blanche, bas gris, souliers, chapeau a large! borda, manteau, perruque blanche. Mulner
arrive le second sur le plateau, il a Pair d'être
hissé par Guillaume.
Guillaume. Courage, monsieur Mulner, il n'y a plus qu'un pas..
MLNA
HULlfER. Ouf! je n'en peux plus...
GUILLAUME. Nous voici en liaut du rocher.
■ULNER, s' asseyant sur la pierre à gauche. A oyez ou peut conduire le dévoue* ment de L'amitié. Et vous dites, Guillaume, que c'est par ici que vous l'ave/ vu?
GUILLAUME, indiquant à droite. Là-bas.
monsieur IMulner.
■ULNER. Je n'irai pas plus loin... j'aime
mieux mourir ici je suis éreinté I.
vous l'avez reconnu ?
GUILLAUME. L'uniforme, pas l'individu.
Il était trop loin pour que je visse son visage ; je l'ai vu gravir le rocher avec l'agilité d'un chevreuil, et puis il a disparu.
MLLNEit, à part , soupirant. Ils sont heureux, les chevreuils! Et vous êtes sûr qu'il 1 enlevé la fille de votre maître, de mon pauvre ( lric?
Guillaume. Malheureusementnous n'en pouvons douter.
MUL\ER, jetant les yeux sur une lettre. C'est bien ce que mon vieil ami m'écrit : voilà ses instructions sur ce que je dois faire... mais, dans sa douleur il no me donne aucun détail sur ce funeste événement. Il ne se doutait donc de nrn ! il ne surveillait donc pas sa fille? Comment diable cela sest-il fait?
Il se \i-vc el descend la letae.
(.l'ILLAUME. Que voulez-vous, nmnsieui IVIulner? Comme bien des pères, il n'a pas songea l'inexpérience de son enfant. Cependant il s'occupait de la marier , le futur était admis chei M. 1 lric; mail il parait qu'il ne plaisait pas à ma jeune mattresse. C'est alors que Max, l'officier que nous cher* hons, vint en congé dans notre vallée de Chamouny...
■I LNER. Il se sera fait aimer, c'est clair.
Guillaume. In soir M. I lue envoya IS
fille exécuter quelques travaux sur le versant de la montagne, pies de son habitation; le futur, qui était là, voulut accompagner sa fiancée pour l'entretenir de son amour... La soirée s'avançait, ma jeune maîtresse ne revenait pas... M. I lric » I moi, remplis d'inquiétude, nous nous mime-, .» sa recherche, et sur le haut d'un rochi i ... (regardant autour de lui (ma foi , comme qui dirait l'endroit où nous gommes en ce moment) nous vîmes celui mie mon
■laltre voulait nom mer .son gendre étendu,
naigné dans son sang.
Mi!L\Eit, avec effroi. Moi I '
<.i ii.i.m me. Non, heureusement ! Mas, dans un accès de jalousie furieuse, l'avait provoqué en duel et blessé. Mail ma jeanu
maîtresse ne revint | is; 1 1 il quitté
le pa\<. Après bien o< i mf< os, mon
maître a su ou ils se sont réfugiés en Su C'est alors qu'il m a dit : \ i UTOUVI : I vieux camarade M ulner . il . it mestre, il a quelque autorité. Dis-lui i » bagi ins, et, s'il le peut, il me vit ndra i d aide... Voussavez tout maintenant.
mi i m u. Il a eu raison de comptei «m
moi... Ah ça ! mais pourquoi diable,
puisque voussures cru reconsiattn ce Max,
n ave/.-vous pas saute mu lui tOUtde
guillaumi . riant. D'abord, monsieui le bourgmestre, il était trop loin . et puis, s'il m'eut reconnu, il aurait probablement pri> 1 1 fuite.
■ULNEn , avec importance. On il rosis aurait frappé, c'est malheureusemi ot probable. Et vous n'avez pas vu la jeune fille avec lui?
t;i ii.i.m mi:. Non ; mais quelques pay« sans que j'ai apostés pour rurveillei s, n démarches m'ont assuré avoir entrevu plusieurs fois une femme, qui disparaissait avec -Max lorsqu'on s'approchait de ce
côté'.
■i i m:k. A n n i veille ! Eh bien ' voyous,
allez vile... assurez-vous du lieu OU ils ont
pu se blottir, 1 1 1 1 venei m'en donm i <i\ is je i4 rai .i vous, moi, t^ toute la loue armée de Martigny.
».i ii.i.m. ME. Je compte mu \oiis, monsieur.
Il remonte U Kêna.
Mii.M'.n, le rappi 'ont. ah >ai.
«n revenant chei moi, vous trouvia ma fille, ni- pai Les pas de * e qui vous 1 1 \ o\e7-vous ... ces choses-là... ces amours, 1 1 - enlèvemens, » i i sedui tions. , , j gne... {Apercevant Mm.i qui parait au second pian, a gain lu*.) Mina!