‹ Pièces de théâtreChapitre 72 sur 1241 · SCENE VII PIQl [LLO, FABRICE · texte numérisé non relu

SCENE VII PIQl [LLO, FABRICE

Ils se regardent.

PIQUILLO. Eh bien! seigneur, Fabrice?

i ibbice. Eh bien ! monsieur le drôle! piquillo. \ oui avez un quart d'heure

pour vous décidei a vous marier.

i ibbice. El toi. quinze minutes pour te ])i épai ei à être pendu.

piqi î! LO. Que dites-Tous «le la position?

I LBRICE. Jfl dis que nous l'avons nn'ri-

tèe tous les deui moi, par ma sottise. . .

toi, pai ta maladri

PIQl iLLO.Ma loi. s igneur i'abiicc, mon

élonncnienl vaut bien le \otiv. il il y a là quelque tour île pBSf du diable;

je fais entrer doua LéoROI dans ce cabinet, et c'est dona Silvia qui on sort, . .

FABRICE. Misérable !...

riQUiLLO. Ah! voilà... On n'est pas plus tôt dans une situât ion équivoque, que non seulement on vous abandonne, mais encore qu'on vous injurie... Eli bien! monseigneur, je ne suis pas si ingrat que vous, et si je puis vous être bon à quelque chose dans l'embarras où vous vous trouvez, disposez de moi.

Fabrice. Trêve de fanfaronnades, monsieur le faquin ; votre position n'est pas tellement brillante, ce me semble, qu'il vous reste du temps à perdre à vous apitoyer sur celle des autres... Je ne suis pas forcé de vivre avec ma femme, moi, tandis que vous êtes forcé de mourir avec votre corde, vous ! . ..

piquillo. Tout beau, monseigneur, tout beau ; nous ne sommes encore que fiancés, et j'espêrebien que le mariage n'aura pas lieu, par défaut de consentement de l'une (ic^ parties. t

FABRICE. Pardieu , je voudrais bien savoir comment tu y échapperas?

PIQUILLO. En mettant mon cou à une assez, grande distance de la corde pour qu'ils ne puissent jamais se rejoindre.

FABRICE. Alors, si tu as un moyen de sortir d'ici, comment n'en profites-tu pas à l'instant même ?...

PIQUILLO. Parce que j'ai pour principe de ne jamais faire les choses qu'au moment où elles doivent être faites. L'alcade nous a donné un quart d'heure, c'est juste le temps qu'il me faut pour procéder à l'inventaire de quelque chose que j'ai là.

FABRICE. Ce drôle m'amuserait, sur mon honneur, si je n'avais autre chose à faire que de l'écouter!. ..

PIQUILLO. D'abord fermons la porte en dedans, afin de ne pas être dérangés dans

nos petites affaires... Ah! celle-ci. .. j oubliais... et maintenant que nous sommes chez nous...

FABRICE. Que diable tires- tu de ta poche?

PIQUILLO. De ma poche?... Je tin4 la poche du commissaire que je lui ai coupée en embrassant ses genoux... Quand j'ai vu que je perdais mon temps à le prier, j'ai voulu tirer le meilleur parti possible de ma position, et alors je lui ai... je suis un peu curieux de savoir ce qu'il y a dans cette poche) et vous, hein?...

Fabrice. Que veux- tu que cela me fasse à moi?

PIQUILLO. Vous Svei tort d'ètlf si indifférent... qui peut due ce que contient la poche d'un commissaire !

FABRICE. Vide-la alors, et n'en parlons

t pi

us!...

Pint'ILLO.

piqlilt.o. Peste! comme vous y allez...

ce n'est pas ainsi que cela se pratique... Procédons selon les règles... nous avons affaire à un homme de justice.. . gare les nullités... (// tire une montre qu'il pose sur la table.) A huit heures de relevée.

FABRICE. Mais c'est ma montre que tu as là?

piqlillo. Vous croyez?

Fabrice. J'en suis sûr...

piquillo. C'est possible : vous me l'aurez prêtée sans y faire attention... j'emprunte comme cela beaucoup de choses, et quand on ne me les redemande pas, j'oublie de les rendre.

Fabrice. Coquin ï

piquillo. La scéance est ouverte...

« Dans une poche de commissaire qui a été reconnue avoir fait autrefois partie d'un vieux pourpoint râpé, et avoir été violemment séparée dudit pourpoint à l'aide d'un instrument tranchant. . avons trouvé...

» Premièrement. Une bourse assez plate, objet qu'il nous a paru inutile de mentionner au procès-verbal.

» Deuxièmement. Des lettres de noblesse accordées à l'alcade Zambulos, en récompense de l'habileté qu'il a déployée dans ses fonctions. ..\ oilà une récompense mérimais comme ceci peut nous servir dans l'occasion, confisquons !. ..

>< Troisièmement. Oh\ oh! note sur les faits et gestes du nommé Piquillo... liste des vols qu'il a commis... des vols!... dans Les villes de Madrid, de Tolède, de Sarragosse, d'irun, de Barcelone, de Ségovie, etc. »

Ceci étant des mémoires particuliers qui ne doivent être imprimés qu'après ma mort, je m'oppose à leur publicité.

« Quatrièmement. Ah ! ah ! le sceau royal, une lettre de Sa Majesté !

« Le seigneur Zambulos fera chercher

■ dans Sévi! le et ses environs un jeune sei-

■ encorde Burgos,quise cache sous le nom

»> de don Diègue. »

i iBRiCfi. Qu'est-ce que tu dis? don Diègue!

piquillo. Cest écrit

FABRICE. Api»

luoi ii.i.n. ■ Pour plus ample renseigne-

» ment, il saui i que lu fugitif, dont le

itablenom <st don Mendoce,'a près de

" lm ï dona Léonorj qu'il fait pas*

i pour si femme. »

Fabrice. Ss sœur! dona Léonor! Léo- DOi est m sœ h .. maifl lis donc, boum au!

piquillo. Ma foi, lises rous-méme, monseigneur, si vous eu i pressé, •.

i muuci:. •< Il lui annoncera. .. *

piquillo. L'alcade Zambulos, toujours.

FABRICE. ■ Oui, il lui annoncera.. . » Sa sœur! et moi qui ai cru... u 11 lui annon- » cera que, sur la lettre cpie nous avons «reçue de lui, et d'après les instances de » don Fabrice d'Olivarès, nous lui accor- » dons sa grâce pleme et entière, et qu'il » peut revenir à Madrid...» Sa grâce! oh! Piquillo, mon enfant, quelle idée tu as eue là... de couper la poche de ce vieil imbécile !...

PIQUILLO. J'en ai souvent de pareilles., seulement elles ne réussissent pas toujours aussi bien.

DUO

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