‹ Pièces de théâtreChapitre 726 sur 1241 · OCTAVIE · texte numérisé non relu

OCTAVIE

Le ciel qui t'occupe sans cesse, Crois-moi, ne saurait t'en punir, Celui qui dnnni la jeunes.»' .

N'est pat l'ennemi du plaisir!..

séraphine. Moi, qui te croyais à Seuils, bien tranquille (liez ton père , fujje «le mon élonnement, de ma frayeur; lors* qu'hier au soir, tu es venue seule, sous ce costume me demander as il a à l'iota de me- p.irens.

octavie. Il le fallait bien... tnn père tel

mon oncle... et pour tOUt au monde je ne Tombais pas qu'il me 904 chez lui.

-i raphine. Aus-i, je n'ai pai méOM pris le temps de l'interroger... jl était tard !.. je t'ai bien vite cachée dans ne pavillon qui e*t toujours Inhabité... mais ma cooecienoe nV-t pas tranquille, car il t'< it sons doute

arrivé une aventure; terrible...

OCTATII. Non!., lien de bien extraordinaire... j'ai été enlevée...

m' h U- m ne. Enlevée!., par eYea roreorê!

iavie. Par un jeune homme... un oflicicr.

séraphine. Et tu as pu le souffrir.

octavib. Dam! quand on n'est pas la plus forte.

sébaphin*. Se laisser enlever par un officier!.. Est-ce un ollicier supérieur?

octivie. Un sous-lieutenant!..

sèiiAPiiiNE. Tu es impardonnable.

octavie. Je conviens de mej torts, mais ils sont involontaire». .. figure-toi qu'on devait donner à Senlis, un bal déguisé et masqué...

séraphine. Quel abyme pour l'innocence !. .

octavie. Je reçois une invitation., mon père me défend de l'accepter... c'était cruel !.. mais le lendemain , il est fore é de se rendre à Pari.» pour y rester huit jours... en son absence, plusieurs de nos amies vinrent me ?qir, et moi, j'eorageais...

parce qu'elles avaient Pair île ne plaindre... Pauvre Octavie !.. un si beau bal !.. que tu es malheureuse !.. mais < Y>l qu,..

tu le veux bien.. — Moi ?.. et comment :j

sans doute!., viens-y avec nous... tu serai déguisée, on ne te reconnaîtra ■ l* ton père n'en Miira rien...

mrapiiise. Tu t'es laissée entraîner?..

octavie. One veux-tu ?.. je savais qu'Artliur devait y être.

sFRirni.NE. (v)u'est-ce que ('est qu'Arthur.'

octavie. Arthur de Yeruun, ie jeune officier de chasseurs, ÇO garnison a Senlis... qui depuis quelque temps me parlait d'amour.

aphine El tu l'ecout lis...

OCTATii. Est-ce qu'on peut empêcher un ollieier de- pailer... surtout celui-! qui est hès bavard... v • » i I ù pourquoi je. piis ce I ■d-iuinr , l'uniforme de s,M| |, ment petite tenue! je me réjOUÎSSaifl de l'ii.li i-nei !.. .i peifie au bal... je le 1*0060* il feint de ne pas me i e uun titre . et tout en rails. mt, innis quittons la s Ile

pour le jardin , ou après plusieurs déloi nous ai r i\ oni i uoe porta extéi lé,

Jeu \ hommes un

Cris . ' t nie pi k . ut .i ( ni,. d'Arthur dans

une « I) ns<' de poste qui pari au gaftnp..,

viinM . > ois- in cepeodaot , ou

bal- j. usent cnuduin .

octavie. Heureusement qu'en traversant ce village qui n'e.-t qu'à deux lieue» de Senlis, une roue s'est brisée, et tandis qu'Arthur cherchait du secours, l'obscurité a protégé nia fuite et je suis venue te demander un refuge.

sêraphine. Combien tu dois haïr ce jeune homme ?..

octavie. Mais non, au contraire!., tu ne comprends pas cela, toi qui n'as jamais aimé

SÉBAPBtNI. Peut Cire...

octavie. Tu connaîtr.iis l'amour?

sêraphine. Oui!., mais un amour pur et sans remords... un amour qui ne peut-être heureux que là- haut...

octavie. Là-haut!., prcnds-y garde !..

danscegenre-lù, les enlèvemens sont plus dangereux.

sêraphine. Ne plaisante pas sur un pareil sujet.

octavie. Je n'en ai guère envie, je Fuis trop inquiète, trop malheureuse!.. C'e>l demain que mon père revient de Paris, et s'il ne me trouve pas à son arrivée, si le bruit de cet événement se répandait,., et ces choses-là se répandent 8i vite...

Air Du partage de la richesse.

Tu sais combien la médisance

En province est prompte à blesser ; Sur un seul mot, sur la moindre apparence

On la voit souvent s'exeicer.

Mon aventure est un excellent thème,

Dieu sait comme on va bavarder...

Car j'ai fourni le canevas moi-même,

Et l'on n'aura plus qu'à broder.

sêraphine. Mon Dieu ! c'est vrai... Quel parti prendre.

octavie. Il n'y en a qu'un... La nuit prochaine il faut que je retourne à Senlis, car je ne puis y retourner que la nuit; mais il le faut absolument.

sÉRAPiiiNE. Ei qui t'accompagnera?

octavie. Ton frère Léon n'est-il pas ici?

sêraphine. Non, il est à Paris, où il est allé faire ses adieux à nos parens.

octavie. Ses adieux?..

sêraphine II est sur le point de partir pour Pliulift, mon père dit que c'est le moyen d'achever son éducation. Nous attendons même un monsieur, un jeune homme qui doit le suivre dans ce voyage.

octavie. J'entends, un mentor... voilà justement ce qu'rl me faudrait... Se confiera des domestiques, c'est impossible.

sêraphine. . l'opérons encore; nous avons toute la journée pour y penser, et d'ici à ce soir, le ciel nous inspirera petit-être... En attenta ht , quitte ce costume; je ne t'aime pas sou* cet habit, et je t'ai apporté tout Ce qu'il faut pour en changer.

Tille lui donne le paquet.

octavie. Xu ne m'a pas apporté autre chose? rr

s£r APniMï. Quoi donc?

octavie. A déjeûner... je meurs defaim.

sêraphine. C'est juste... je tâcherai...

Chut!., je crois entendre parler.

Elle écoute.

octavie, écoutant aussi. En effet, on s'approche,

sêraphine. C'est la voix de mon père!

[Elle remonte la scène.) Maman est avec lui... Que viennent-ils faire?., eux qui ne visitent jamais ce pavillon...

octavie. Mais, ne sois donc pa* troublée comme ça... Fais semblant de chercher un livre dans celte bibliothèque.

sêraphine, allant d la bibliothèque. Mentir !.. dissimuler !.. tu vois à quoi tu m'exposes.

octavie. Adieu. . . n'oublie pas mon déjeuner.

Elle rentre à gauche en emportant le paquet.

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