SCENE II
SÊRAPHINE, M. et M»e MONT GOBERT,
mont-gorert. Oui, madame, je vous répète que je le veux.
m"' mont-gobert. Et moi, je vous répèle que vous n'avez pas le sens commun... Ce pavillon est isolé, au bout du jardin... rien n'est plus incommode.
mont-gorert. Mais au con traire. . . une solitude délicieuse, véritable demeure du s^ge, avec une bibliothèque chisie... (// se retourne et aperçoit Sêraphine.) Tiens! lu étais là , Sêraphine?
Mœe MONT-COBERT. Que failCS-VOUS , ICI ,
mademoiselle?
sêraphine. Maman, je cherchais un livre,
mont-gobert. Approche, mon enfant .. , Je suis sûr qu'elle sera de mon avis.
Mme mont-gobert. Bi isons là, monsieur.. Vous voulez qu'il habite ce pavillon, j'y consens, n'en parlons plus.
sêraphine. Habiter ee pavillon... qui donc cela?
mont-gobert. Le jeune homme qui doit accompagner ton frère dans ses voyages; son séjour ici sera de courte durée, mais encore faut-il le loger convenablement... Y verrais-tu ainsi des obstacles ?
sêraphine. Mais quand doit-il arriver ?
mont-gobert. Je ne l'attends que dans t» ois ou quatre jours.
sêraphine. à part. Ça me rassure. (Haut.) Alors, je n'y trouve aucun inconvénient.
mont-gobert. Vous l'entendez, madame; il n'y a que vous qui fassiez toujours de l'opposition.
m"' mont-gorert. C'est que vos idées sont quelquefois si contradictoires.
mont-gobert. Et en quoi, s'il vousplaîl ?
IMc blâmeriez- vous parce que je donne ur compagnon de voyage à mon fils un
bon jeune homme qui a fait «e? études au séminaire, ce qui est, selon moi, un gage de moralité el Je bonne conduite.
Air : J'en guette un petit de mon âge. Oui. je préfère en cette circonstance, Un homme simple et d'esprit peu léger, Cardans le monde il Ml mainte fcience Qui pour mon Sis, » iFi « |>lu- d'un danger. Je vcix quelqu'un d'une candeur extrême,
Qui ne puisse trop l'éclairer...
Et lui laissant presque tout ignorer, Putu* lui >oit un autre mui-même.
séraimmne, à part. Mon père a raison.
Mme mont-gobert. Non, ce n'est nés en cela que je vous désapprouve... Du temps de l'empire, c'est à peu pics de cetle manière qu'on élevai! beaucoup de jeunes guii*... La mode en était revenue ; je m'étonne seulement que vous fassies revivre un pareil usage, vous qui ne cnoyeia rien, qui vous mettez au-dessus des principes les plus respectés.
mont- c obbit. C'est vrai... En général je ne croi* que ce que je vois, et comme je ne vois rien... vous comprenez le reste'; mais je ne suis pas fâYhé que mes enfuis nient une autre* manière de voir.
M"c mont-gobert. Je ne sii«* poun-u i vous encouragez Séraphl ne dans >e«; ïdèes de dévotion, fort bonnes d'ailleurs, OU and elles ne sont pas poussées trop loin ; mais, fuir le monde et le mariage, vouloir M consacrer entièrement à la retraite, voila ce que je déclare un abus, et mon devoir est de m'y opposer.
séraphins. Mais maman , puisque c'est mon goût, mon >eul dénir,
MONT-GOBERT S IIS doute... c'est écrit
sur sa figure... regardez-la... la candeur même... C'est au point qu'à sa pension elle a servi de modèle pour le portrait d'une sainte qu'on destinait à une église.
Mm* MONT-GOBERT. Q IMUI porte ?. . moi* je
soutiens qu'une jeune personne est faite pour «e marier, pour vivre dans la société.
H0KT-C0BE1T. Tâchez alors fie découvrir Un gendre qui nous convienne , je ne demande pa- mieux.
m"* mont-gobert. I\icn n'est plus facile : mon frère est colonel, et dan-, son régiment il y a plus d'un officier...
mont-gobert. l-n militaire!.. êle.»-vous folle? Un gendre qui se ferait tuer à la première occasion.
M"0 mont corert. C'e'lait comme ça du temps de l'empire.
Mont-gobert. Vous me citez toujours l'empire.
m"' mont-gobert. Eh! trouvez-moi quelque chose de mieux.
mo>t-gobf.rt. Je n'y consentirai jamais1 !
M*' Mont-cobkrt, C'ot ce «juc DOUI ver-
rons... Quanta votre fils, le danger e<t moins grand pour lui; Cependant, point d'imprudence., vou- ne connaissez pas ce jeune homme que vous attendez... tf ||
! lia-ard c'était un fanatique, un hypocrite...
mont-gobert. Le jeune Théophile? le fil- de mon ami Bernard, mon une - n socié !.. j'ai sur lui les meilleurs, reosei. gnemeos... Il faut vous dire qu'il >• ■ dix «•n douze ans. mon ami Bernard, qui n'avait pas été aussi heureux que moi en ans Rembarqua [mur le- [o les, afin de i blirsa fortuné. En partant, il I m fils
entre les mainj d'une \ ieille lante dévote qui l'eleva a >.a manière, et voi i pourquoi Théophile a emlnassé la prolessiOO dont je vous parlai- toul-a-l'heui e.
M™' MONT-GOBE1U. J <; collipren Is.
Mont-gobert. Son père en fut désolé à
son retour. Il était riche; ses projets de
fortune s'étaient réaKsés, et ma foi, ayant appris que je cherchais une espèce de men-
lor pour mon û|i , il m'a prié de choisir
Théophile : il espère que le mon. le el les vo\ pges le feront renoncer à un état qui
contrarie le> vue- de s i famille. Vous -entez que je n'ai pu refuser un pareil service
a UO ancien ami.
m"* mont-gobert. à la bonus heure... mai- encore une foU, tf. Théophile ne
vous esj pai personnellement connu :J
poar-coHisrr. Soyes doue tranquille; je l'examinerai, .. je le questionnerai,., <t
von-, «ares qui [e ne suis pas bête. . . J'ai
lu Voltaire . j'ai lu tout YoIlaiic ! une fort
belle édition qoi mu oouté asseï cher... ainsi reposei-vous suc moi, et prépares ce pavillon d'une manière convenable***
c't -t tout ce que j«- vnib demande.
m°" mont-gobert. Je m'en occuper ii d«-s aujourd'hui.
séraphin k. Permt tl"/. maman... ri nous gênerait... je me cil SI ge de t *>u t et la.
I >m-(.odikt. Cette chère sofanl ! . M
voici l'heure oi'i mes journaux . omeot, je vais les parcourir avant le déjeuner. Ail ■' ta UfiMê des fsmi
\ OOI le sn\c/.
Dani Ici jotraïui [e m'îoatroii bien m mal; l)i pin.H lung*trrapi j'en ai prii l'ha
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