‹ Pièces de théâtreChapitre 730 sur 1241 · THÉOPHILE · texte numérisé non relu

THÉOPHILE

théophilk, entrant.

Air dit Comté Ory.

De ma voix étrangère Ecoutez ma prière bis.

Mon cœur pur et sincère Vous implore aujourd'bui ; Je suis dans ma misère , Exilé sur la terre, De ma voix étrangère Acceuillcz la piière Le ciel en qui j'espère, Deviendra votre appui I

mont-gobert. Soyex le bien-venu, mon cher Théophile, je suis ravi de votre anivée!.. cependant je ne vous attendais que dans quelques jours...

Théophile. Il est vrai!., mon zèle a peut-être passé les bornes, et, poussé par je ne sais quelle impatience aveugle, je suis accouru sous votre toit... comme un frêle esquif battu par les vents !..

m"1 mont-gobeit, dpart. C'est h'èsbien... on ne le prendrait jamais pour unoflkier.

mont gobert. Je crois comprendre que vous avez eu du mauvais temps en roule., niais nous vous recevrons de manière k vous faire oublier les fatigues du voyage.

TnÉopiiiLE. Je n'attendais pas moins de votre mansuétude.

m"" mont-gobert. Monsieur ne doute pas du plaisir que nous procure son arrivée. ..

mont-gobert. .Mm* Mont-Gobert, mon épouse... que je vous pré- ente...

w"e mont-g"BEbt, d rart. Il baisse les yeux!., c'e-t a I tu 'trahie !..

tbÉophili: , d part. Celte femme a des regards bien hardis!..

mont-obert Et comment se porte mon vieil ami Bernard ?

tuÉophilb. Mon père jouit de la santé du corps H de l'esprit. ..

mont-gobert. Je crois qu'il n'e-l fins très sa t M'a il de l'état que vous avez embrassé?

Théophile. Mon père est un bonne 14 homme, selon les idées du siècle, mais son ame est enveloppée d'épaisses ténèbres!., il prétend, que je n'ai pas de vocation pour les choses spirituelles... et il exige qu'a vaut de n'y consacrer tout entier, je marche quelque temps au milieu des voies du monde!., il espère me ramener par là à des pensées profanes , à des -entimenterrestre-... voilà pourquoi il m'a envoyé vers vous... c'est une épreuve à subir, j'en sortirai victorieux, et une fuis ma tache accomplie, je retournerai au bercail, comme un agneau bondissant.

M8" mont-gobert. bas d Théophile. Vous jouex voire rôle à merveille.

Théophile, d part. Que nie veut donc cette femme?..

mont-gobert. Jeune homme, nous reparlerons de tout cela, car il ne faut pas vous attendre à me voir partager toutes vos opinion^ j'ai lu Voltaire !.. je suis un disciple de Voltaire.

Théophile. Vous en avez bien l'air.

mont-gobert. Mai- pour le moment, ne songez qu'à vous reposer... mon fil.- esl encore à Paris, el jusqu à son retour, vous habiterez ce pavillon tranquille et solitaire... ici, votre bibliothèque, là \otre chambre à coucher. (I l initit/uc ? une el l'autre.) Ma fille aura soin que vous ne manquiez de rien.

Théophile. Votre fille! vous avez une 011e ?

Mont-gobert. Une jeune personne , que je voua demande la permission de fOUS pic -en ter.

M"' mont-gobert, bas d Théophile Acceptez, acceptez!..

Théophile, aprCs C avoir regdrxUé Non, monsieur, et si j'avais connu celte circonstance, mon pied n'aurait point touché le seuil de votre demeure.

Mont-gobert. Pourquoi donc?

Théophile. La remine est recueil ad !.. et moi faible mortel , je doU fuir rel Iche, une créature Qui pou-- I.

Oœur à la révolte.

m"'mom gmiu-rt, à part* GVstbfonpIai

adroit!., il a iuliuiincnt d'esprit.

moxt-gobert. En vérité, mon jeune ami, VOUS portez un peu loin le- -,iopules, niais n'importe, nous allons nool meltre à table, déjeunez avec non-...

on bon déjeuner ni >e refusa pi*... j';ii J'excelle ns vins , du Bordeaux, du Chamberiin, du Champagne moutsens*

théophilb. Permettez-moi de ne point n'asseoir à ce banquet*

mont-gobert. TOUS n'avez peut-être pafaim '.'

tiu'.oi-hile. Au contraire... je -ni- comme les Hébreux dans le de-ert , avant que leciel leur eût envoyé lu m mue... je tombe d'inanition.. . mii- ce Champagne. ..je craindrai- de me laisser -urprendre A la

gourmandise f et je préfère qu'on me serve

ici une légère collation , afin de D

der à li nature que ce nui Mt nécessaire

pour réparer se- 1 111m-,

mont-gobert. A lions soit !. . vous aimai la -olitude, chacun son jjont... ainsi madame, vous donnerez des ordres en conséquence !..

M"1' MONT-GOBERT. C'e-t Convenu... I

d Théophile.) Vous êtes charmant, attendez-moi... je reviendrai quand mon mar ne pourra nous déranger.

THEOPHILE, d part, .le -ni- charmant.

moiit-gobert. Au revoir, mou jeune ami... au revoir...

Air: Mais pardon , il faut que je quille. I< i libei t- toute enlii Point de gène, voila ma lui...

I lit Ml IIILI

Qu'un j .m le oiel rooi remuai De ce que vooi Lui'* p toi rn M4D. Éoai -GOBB4 r.

Monsieui m tooalre un peu m

l.i noua aevom tan* p îne l'excuai t . ..

ir il veut nom laiiuci j-- lm^<- , Le plaisir dr l'apprivoises !..

ENSEMBLE

ïr\ liberté toute entu-re, Point Hé lt1 '•'!«• . c'ett rtotre !<>i , Qroyei notra amitir lin< • On est ( bai inni- ( . .Hun.

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Iri liberté toute entièi e , Point cl> ► 1 1 r* ma lui. .,

Gruj • i mon imi

o i tel < lu / i!

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1, i liberté toute •

Je m< -tir loi ,

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Wont-C t .nu- ai femme.

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riii'.oi'iiii.i:. <.«/.

Ili veulent m'spprrvoiser! . \ dlàblenle monde.. . .'i peine m dan! ci

Babyl »ne impui i

des cmhùcl; * le prtmicr pii j*y

rencontre un impie enflé d'orgeuil !.. car Ce iMont-Gobert est enflé d'orgeuil!.. et une le m rue fiivole, qui roule peut-être des pensées criminelles! les yeux de < elle femme brillaient comme deux escarbouc!es, et chacune de ses paroles me semblait un glaive à deux tranchans. «Atten- » dez-moi, m'a-t-elle dit: vous êtes charnmant!.. je reviendrai quand mon mari » ne pourra nous déranger.» Ce discours a répandu l'épouvante dans mon esprit!., c'est un piège affreux tendu sous mes pas... où suis-je grand Dieu?.. Pourquoi suis-je venu parmi les en fan s des hommes!., qui me donnera la force de renverser mes ennemis et de me dompter moi-même, qui suis mon plus grand ennemi!., car mon ame n'est point encore détachée des choses de la terre, et mon cœur est plein de turpitude? !.. mes regards s'arrêtent sur la créature avec une complaisance qui me rend I égale de la brute .. ma misère est si profondre que j'ose a peine prononcer le mol de femme!., ce mot qui suffit pour me causer dt:s êblouissemens !. . ô femme, ta vue trouble ma vue et ta voix troubla ma voix! ton approche me fait tressaillir et la nuit même, tu remplis mes songes de visions tumultueuses.

Air : Je conçois que pour la séduire.

Ton joui s en proie à l'ardeur qui m'enflamme, Parfois j'ai su réprimer ses transports, Mais plus souvent, les désirs dans mon Ame, Ont imposé silence à mes remords...

De bien , de mal , j'offre un affreux mélange , Oui, le démon, par un art corrupteur, Pour me tenter prend la forme d'un ange, Et le ciel et l'enfer se disputent mon cœur. Ah ! je ne puis y songer sans terreur, Dans ce péril redoublons de feiveur, Car le ciel et l'enfer se disputent mon cœur,

On fuir?., où me cadrer ?.. l'esprit de ténèbres qui tourne sans cesse autour (h; moi , me poursuit dans les lieux mêmes con-acrés à la prière... c'e>l un peu loti Naguère encore je m'en sourie ne; agenouillé sur le marbre, je frappais ma poitrine, lorsqu'eu relevant mou front prosterné... j'aperçus un tableau qu'on venait de placer dans le sanctuaire... c'était le portrait d'une sainte... un rayon de soleil traversant le nef semblait entourer cette tête charmante d'une auréole céleste!..

Mes yeux demeurèrent fixés... et souvent je revins passer devant elle de longues heures dé contemplation... bien plus... lin talent profane, que j'avais Cultivé durant ma jeunesse, me servit à reproduire ces traits divins etdepuisce temps ils ne m'ont plus quittés!., helas, peut-être suis-je coupable.!., peut-être est-ce une ruse de l'esprit du mal pour m'enlraîuer plus sûrement dans l'aby tue.., ruais non !.. c'est un

amour sans tache... une affection dégagée de? scn*!. [Tirant le portrait de son sein.) Celte image est un lien qui me rattache à une antre patrie! oui! reste sur mon cœur, ô me> chastes délices!., sois pour lui comme un bouclier d'innocence et que nul autre que toi , ne puisse y établir sa demeure. [Un domestique entre, portant le drjtûner.) Qui vient la? [Il serre vivement te portrait.) Ah! c'est le repas qui m'a été annoncé!., mais avant d*y toucher, cherchons dans cette bibliothèque quelque bon livre... afin d'unir la nourriture de l'esprit à celle du corps... (Il va prendre un livre.) Voltaire, toujours Voltaire, écrivain renpli d'erreurs et de préjugée... je suis ffiché d'en avoir souillé ma main... La Religieuse par Diderot... je ne connais pas cet homme de lettres... mais le titre me parait asseï édifiant, pa courons quelques passages.

Il l'ouvre et lit un instant tout bas.

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