‹ Pièces de théâtreChapitre 732 sur 1241 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

THÉOPHILE, puis M" MONT-GOBERT.

Théophile. A quelle agitation intérieure j'ai été en proie!.. Serait-ce une nouvelle tentation le l'ennemi des hommes? Ah!

veillons plus que jamais sur moi pour détourner gea maléfices!.. Voici la femme Mont-Gobert ; attention.

Mmc mont-gobert. Vous êtes seul... tant mieux!.. Mon mari est sorti, nous n'avons rien à craindre... cependant, pour plus de sûreté, fermez cette porte.

Elle indique celle du fond.

Théophile. Que je ferme...

Mme mont-gobert. Oui; que personne ne puisse nous sm prendre.

Théophile, dpaj't. A quelle épreuve suisje réservé ?

Il va fermer la porte.

Mme mont-gobebt. Il paraît un peu timide , pour un officier... allons, en qualité de belle-mère future, c'est à moi de l'encourager. (Elle va s'asseoir sur le canapé.) Maintenant venez vous asseoir à côté de moi.

Théophile. Je dois m'abstenir de cette familiarité.

m™" mont-gobert. Venezdonc, vous disje; nous n'avons qu'un instant, et si nous le perdons en cérémonies...

Théophile. Non, non... je me tiendrai devant vous dans une attitude respectueuse.

Mme mont-gobert. Il ne s'agit pas de respect. . encore une fois approchez-vous, ou je vais me fâcher.

Théophile, d part. Que mon patron me soit en aide.

Il s'assied sur le bord du canapé.

m"" mont-gobert. Mais plus près , plu»

près... Est-ce que je vous fais peur?

Elle le fait approcher.

Théophile, tout près d'elle. Ah! mon Dieu!

m01' mont-gobert. En vérité , monsieur, vous ne répondez guère à l'idée qu'on m'avait donnée de vous... On m'avait annonce un jeune homme vif, galant , et même, s'il faut vous le dire, un peu mauvais sujet.

Théophile. 0 ciel! j'ai été en butte aux (lèches de la calomnie, et les méchans se sont ligués contre moi !

M"0 mont-gobert. De grâce, point de dissimulation!.. Vous craignez peut-être de vous montrer à moi tel (pie vous êtes? eh bien! vous avez tort... je suis bonne, indulgente, et je sais qu'il faut pardonner quelques licences aux personnes de votre état.

Théophile , à part. Cctle femme est uû blasphème vivant I

UU

Mm* mont-cobert. Ainsi . mettez -mus à votre aise, et causons d'amitié... Vous sentez que, dans noire position mutuelle. ..

Théophile. Mutuelle?..

M"e mont-gobert. Il est nécessaire de bien nous entendre pour tromper mon mari...

Théophile. Tromper votre mari?..

M°" mont-gobert. Ce n'e^t pas difficile; et cependant, avec ses préjuges, sel idées étroites, nous aurons de la peine à lui faire approuver vos projets amoureux.

Théophile, à part. Que ne suis-je frappé de surdité !..

m" mont-gobert. Mais rassurez-vous :

ma volonté l'emportera, et je ne serai heureuse que lorsque j'aurai couronné vos vœux.

Théophile , à part. Ma langue reste clouée à mon palais !

M"e mont-gobert. Eh bien! qu'avez-vous donc?.. Vraiment, je ne conçois plus rien au monde d'aujourd'hui... du temps de l'empire, un homme de votre profession *e serait déjà à mes pieds pour me remercier.

Théophile, d part. Mes traits se couvrent d'horreur I

m"" mont-gobbrt. Mais parlez donc , Monsieur! .

Théophile, se Irrant. Oui, je parlerai, femme criminelle!., je parlerait et ma voix retentira comme une trompette de malheur!

m"' mont-gobert. Que signifie un pareil langage ?

Théophile. Je parlerai... et je publierai partout tes plans de débauche et d'adultère !..

m"' mont-gobbrt. Arrêtez , monsieur I . . vous perdez la tête!..

Théophile. Kctire-toi , basilic! ne me souille pas de tes attouchement venimeux!

m"* mont-gobbrt Calmez-vous... Il y a ici quelque mystère que je veux éclaircir, et vous ne me quitterez pai ISOI me l'avoir expliqué...

Théophile. Ta veux me retenir!., 1 1 , lurai bien m 'échapper de tes griffes.

Il T.i pour IUI tir.

Mn* M nt-cobert, CarrNanl. Encore une fois, vous ne sdrtirët pai ainsi...

THÉOPHILE. Lâche -moi... lâl he - IIU » i ,

femme plus impudique que les filles de Moabt.. ( En j< (/'Initiant, ton manteau n détache 't refit entre lee maitti d$ nmdanu Mont-Gobert ) \a, je te maacHsî.. Que le

Vent de la iulcii: -ouille lUf ta l»ie; que

la terre se desnèche sons tes pied-. ; que ton eorps -on couvert de lèpre-, et que leacris

de douleur porleul uu loiu répouvautc.

Anathême sur toi, moderne Putiphir!

Il *<>i t pi êripilatnmetit*

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