SCENE PREMIERE
JULES, VERDIÈRES, mirant par U fond.
\erdières, à ta cantonnade. C'est bien!
j'attendrai lMoquet ! ( En scène. ) Diable
d'homme !.. Il devait sortir ce matin... j'espérai! trouver la petite seule...
(Il tire un peigne «le h poche et irrange ses favoris en se regardant dans le miroir*)
JULES, se glissant dans ta chambre. Personne ne m'a vu entrer... et puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de von la petite...
\ t unit lus, devant la glace. Hein! quelqu'un !
IULES , effrayé. Quel esl ce monsieur .'
\ERDU RI S. b|| ! je ne nie trompe pal ,
c'est monsieur Jules de Chevilly '.
(Il se retourne.
jui.rs. Monsieur \ erdièn i !
\ chimères. Le gant jaune le plui entreprenant du balcon de gauche.
ji les. L'amateur Le pins eutbousiaste , le pins épileptique de l'orchestre.
yerdières. Qu'est-ce que mm rasa
faire ici , mon cher ?
m 1 1 s. (] esl une question que je ne i fais pas à vous. Rien que de rotas von chez Ninette, je sens nu frisson qui me
prend... Je viens trop tard '
\eri)Ièri:s, avec fatuité. Si j'étais un fat,
je vous (lirais : oui! mais j'aime mieux VOUS
dm- tout franchement t non !. «Cependant, tenez, si j'ai un conseil à rous donner, c'est de retourner à votre balcon en lorgner une autre.
JULES , déconcerté, nein !.. nous i dune des intellij I m- la p| i, , ' roui
faites Totrecom '. . rousél m. .
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LE MAGASIN THEATRAL
L'amour est nn rude officier;
11 punit ceux qui, passe la retraite,
Ne sont pas rentres au quartier.
yerdières. Mauvais plaisant ! et si ces petits anges oublient mes quarante-neuf ans...
JULES , riant. Au fait , elles peuvent en oublier quarante-neuf , puisque vous en oubliez dix.
YERDIÈRES, continuant. Pour ne remarquer qu'une chose, c'est que j'ai la figure fraîche, le cœur chaud, la jambe fine, l'œil brillant et la taille élégante ! je n'ai pas, il est vrai , une barbe de bouc , des cheveux de marchand de salade ; je ne me suis pas établi derrière une paire de moustaches ; je ne fume pas comme un chasseur de la garde nationale... c'est possible. . . mais j 'ai quelques autres avantages. Oh ! je sais qu'au foyer, ou dans vos avant-scènes, vous parlez de moi en souriant... vous m'appelez vieuxfat!.. {Jules fait un mouvement.) Eh ! mon Dieu ! je ne vous en veux pas. . . Il y a des personnes qui ne me trouvent pas si vieux... allez , allez toujours , je fais mon affaire... et je me venge de vous en vous gagnant vos louis à Chantilly, ou en vous enlevant la fleur des danseuses à V Opéra.
jïjles. Et vous êtes le plus fin renard!.. Comment ? cette petite Ninette , qui était perdue dans les chœurs... qui en est sortie hier pour la première fois... vous l'avez déjà remarquée !.. vous voilà déjà chez elle...
yerdiÈres. Vous y êtes bien , vous ?..
JULES. Oh ! moi, c'est différent!., à vingt-cinq ans , on ne dort pas!., mais à votre âge...
YERDIÈRES. A mon âge, on ne dort plus. . . j'ai chanté toute la nuit.
JULES. Ah ! oui... Est-ce que, par hasard, vous qui êtes le plus rude chanteur de romances du Directoire, de l'Empire et de la Restauration, vous donneriez des leçons de chant à la petite ?
yerdières. C'est possible!
JULES. Vous êtes discret !
VERDURES. Encore un avantage sur
JULES. Allons, soyez bon enfant !..
puisqu'il en est temps encore , cédez-moi le pas!., que diable !.. ayez pitié de moi... c'est une affaire d'ainour-propre. .. Hier, à l'orchestre, quand j'ai juré que Ninette ne serait pas insensible à mon hommage , ils ont tous ri comme des incrédules, et ils ont parié que j'en serais encore pour mes frais.
yerdières. Si je m'étais trouvé là, j'aurais tenu le par.
jlles. Pour moi ?
VERQlin.ES. Non, contre... j'ai la main heureuse... N'eft-ce pas contre vous qu'à Chantilly età Verrière, j'en ai déjà gagné deux?..
jiles. Oui, i i& foi ! j'ai encore ces deux paris-là sur le cœui !.. je suis piqué au jeu!.. et il ne sera pas dit que vous l'emporterez toujours sur me;.
yerdières lui tendant la main. Voulezvous votre revanche ?
jules. Soit!., une poule.
yerdières. Mille écus chacun.
jules. Six mille francs à celui qui arrivera le plus vite au cœur de Ninette... à une condition !
yerdières. Laquelle?
jules. C'est que la lutte sera loyale... on ira de franc jeu... sans se dénoncer.
yerdières. C'est juste ! le mari ne doit rien savoir.
jules. Ah ! ii y a un mari ?
yerdières. Légitime!., c'est original!., et une mère... ancienne bayadère... ouvreuse au balcOR de droite... cinq pieds quatre pouces.
jules. Oh! la mère, je m'en moque!., ça m'est égal... Je lui donnerai la poule à manger... mais Je mari, qu'est-ce que c'est que ça?
yerdières. Un brave homme, qui adore sa femme , un berger, un trumeau , un dessus de porte. Il travaille pour l'Opéra... tout ce qui est couleur de chair le regarde.
JULES. Diable !
\LRDIEI\ES.
AlR <\s Frères de lait.
C'est un artiste aisea cher à nos belles , Le confident de ros corps de ballet , Qui, retouchant Issl >rmes naturelles, Fournit, là-bas, <r coton et corset ; A l'un, l.i hanche, à l'autre, le mollet ; Il arrondit nos svl )lmlcs volages Tar les maillots <j î ii leur t'ait...
jules, ivec enthousiasme.
Quel métier !
Si je L'avais, je ne vendrais pour gages Que le droit de Ici essayer.
\ EUDIÈRES, apercevant Lolo/tc (/ni arrive par ta porte à droite. Oh ! la mère !..
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