‹ Pièces de théâtreChapitre 792 sur 1241 · LOLOTTE · texte numérisé non relu

LOLOTTE

Oui , vous y gagneriez , je le parie , D'être a la plac' du pauvre Lyonnais,

Car si vousèfs sauve jamais,

Ce n'sera pas par le génie.

( Moquet qui d'abord ri a fins compris l'intention de Loto/te reste un instant à réfléchir et témoigne par un geste de fureur qu'il comprend enfin , lors de la répétition îles deux derniers vers.)

MOQUET, d'un air menaçant . Ouvreuse!

ouvreuse !

LOLOTTE. Mais elle n'a rien à se reprocher, monstre que vous êtes ; elle repousse héroïquement les séductions... voilà ce qu'elle fait.

NINETTE, pleurant. Non, non, je n'ai rien à me reprocher, bien sûr!

MOQLET, à sa femme , avec noblesse.

J'aime à le croire... j'aime à me bercer de cette chimère...

LOLOTTE. L'artiste qui l'aime en sera pour ses soupirs et ses bouquets.

moquet. î n artiste!... ah ! c'est un artiste!.. ( à part. ) en cheveux, peut-être.. Eu effet, le nouveau coiffeur la regarde toujours d'un air inquiétant.

LOLOTTE. Viens, ma fille, viens; laissons ce tigre à toutes les fureurs de la jalousie'! Vien8) 'incitant la main sur son ca'ur.) tu as de ça, toi!

NINETTE, mettant aussi sa main sur son cœur. Oh ! oui, ma mère!

MOQUET, se méprenant sur l intention de Lolotte, et mettant à son tour sa main sur sa poitrine, dit avec hauteur : Qll entendezvous, par ce geste?. « qu'entende*-? put î

(Kllcs vont pour .sortir , Verdièrcs les ramène.)

scr.M-; \.

NINETTE, VERDIERES, LOLOTTE, MOQUET.

VERDIERES, entrant par le fond. Qu'cst-

THEATRAL

ce que c'est? on dispute?... (A part.) Tant mieux!

lolotte. C'est monsieur mon gendre.

moquet. C'est mademoiselle ma bellemère !

NINETTE. C'est mon mari !

VERDIERES , à Lolotte. Allons, allons, du calme, belle-maman!

LOLOTTE. Laissez-moi, vieux faquin!

(Elle remonte la scène, et va dans le fond, à gauche.)

MOQUET, à part. Il paraît qu'elle en a pour tout le monde.

verdiÈres, à part. Quel diable d'accueil me fait-on !.. (A Ninctlc.) Ma belle, nons allons chanter.

NINETTE , lui tournant le dos. Non, vous m'ennuyez, vous m'êtes insupportable...

Partons, maman...

(Elle se rapproche de lolotte, qui est au fond.)

MOQUET , d'un ton imj)érieux, s' approchant de Ninctlc. Non , non , restez, je le veux !

LOLOTTE , lui jetant le bouquet à la figure. Tenez, jaloux, voici votre bouquet.

MOQUET , stupéfait, portant la main à ses yeux. Bon! juste dans les yeux! C'est mon appoint , j'ai mon compte.

(Elles sortent , Moquet marche un instant »ans y voir, et lUtin air égare.)

C OOQOQQOQQO^QOQQQOQPOQOOQOOQQQQWOQQOQOOOOOQ

MOQUET, VERDIÈRES.

verdiÈres, à part. Insupportable!, j'en étais sûr... elles commencent toutes par me trouver comme ça...

MOQUET , toujours la main sur ses yeux , heurte Verdièrcs. Mais c'est à en perdre la tète!...

verdières. Qu'y a-t-il donc , mon cher Moqiut?

MOQUET. Il y a... il y a... (Lui prenant les mains.) Vous êtes mon ami, vous; vous êtes pour moi un deuxième père, vous eles ma plus ancienne pratique... 11 m'arrive une chose...

VERDIERES. Mais vous m'effrayez! parlez !..

MOQUET. Ma femme!... (// se donne une tape sur le front.) O ciel!

XERDIÈRES. ctoiné. Pas possible !

MOQUET. J'ignore le nom de mon antagoniste... mais il rswt*... on me Inavoué.

VERDIERES, il part. Esl-ce (pie JuliS

serait déjà si avancé que ça?... Aliî diable!...

MOQUET | avec émotion. Je voudrais me jeter dans vos bras un moment.

LE MARI DE LA DAME DE CHOEURS

VERDIÈRES, étendant les bras, d'un air résigné. Jetez-vous y.

(Moquet se jette dans les bras de Verdières et l'embrasse a deux repris**.)

MOQL'ET, d'un petit air dégage. Je suis un homme très à plaindre, s;ivez-vous?

Il y a un rendez-vous pour ce soir.

\ krdiÈres. Ah I bah ! {A part.) Déjà ?

MOQUET, allant ramasser le bouquet qui est resté par terre. Voilà le signal!

VERDIÈRES. Et votre femme l'aime?

MOQUET. La rose-pompon?

VERDIÈRES. Non... lui.. . cet amant. . .

MOQUET, avec douleur. Si elle l'aime?

elle en est insensée!

VERDIÈRES. Elle VOU9 l'a dit?

MOQUET. A moi! à moi-même !... parlant à ma personne , {avec indignation) comme disent ces gueux d'huissiers.

VERDIÈRES. La chose est grave I

MOQL'ET , avec importance. Pour moi!...

de la plus haute gravité !

verdières. Et à quoi attribuez-vous ce refroidissement?

MOQUET, fort étonné et gaunent. Refroidissement?... le mot est hasardé.

verdières. Elle a donc été égarée?

MOQUET, avec desespoir. Perdue! c'est sa mère... c'est son obélisque de mère... une femme qui survit à toute son esp le dernier type d'une race éteinte., comme les carlins!.. On n'en voit plus!..

VERDIÈRES. Et que prétendez-vous faire?

MOQUET. Je vous le demande., à vous..

(avec amertume) qui nous avez mariés!... (.S'e reprenant vivement.) Je ne vous en veux pas !.. à vous, à qui je fournis des corsets depuis quatre ans. . . et des mollets. . depuis six... {élevant la voix) des mollets !

VERDIERES, impatienté. C'est hou! ('est bon!... vous criez !...

MOQUET. Je vous le demande... que fcriez-vous? Conseillez-moi, car je n'y mus Bios... (montrant son front) j'ai tout ceci entrepris... je suis fou... je ferai quelque malheur.

(Il remonte la Mène, saisit une chaise, cl l'agite rio- Iriiiiiiriit en l'air»)

\ i.iuuihis. Arrêtes !

MOQl ET. Je jetterais mon mobilier par

l.i fenêtre... s\l ne m'appartenait pas.

\ l.ltim UI.S , le ramenant. Allons, \

trop violent!

■OQI ET. Oui , je le suis , violent !... oui, je le suis... la jalousie nie rOD|

elle me mine! j<" n'ai pis mu le corpi

I ii ge comme ça «pu ne m>h jaloux '.

\ BRDIBR1 S. \ oyons , voyons, < i <>'■ vous qu'il y ait réellement du danger?

MOQUET, pret à pleurer. Vous me 1, ,hmandex, neillard? tous demanda i un somnambule nui m pronu di nu une gouttière, s'il y a du danga . i, mtooi lourd .' ou êtee-voux ivre : puisque je roux «lis qu'il y ■ un rendez-vous pour o loii !

\i r.iui .r.i s, à part. Ce p< lii drôle « M si avancé* que ça! comment a-t-il lait? il va se moquer «le moi.

■OQ1 HT , .-'éloignant d'un nie anéanti . EJ|

bien ! vous ne me donm i pai i\i^ ( onseil .'.. ah! les malheureux n'ont pas d'amis.

\ i kimi RIS, Si laitl

Mont il . revenant e'eemei,!. \U , n ont }

M.i'.nii.iu.s. Oui, et je rail vous le

prouver.

Mooi ET. Je vous .'( oute av. C 1 1 |pet t. \ l SOU SIS. Je ne \ois <ju"uii mÔjtH de

vous empêcher d'être.*.

mooi i; r , t interrompant vivement. I

■Sis... ( u/'f< s un tern/'s ) ;u In \

\ BRDii .m. s. l.t le moyen est tout slm pie... c'est d'accepter l'engagement de Londres.

moquet | apet foie. Oli !

WADiBBM. \a «le f.ure partir votre

femme ce son inclue ; il n'y i pas une minute à perdre.

M(ini 1. 1 , lui taÙÙJOnt la main i

dialitc, puis le quittant aussitôt et {misant deux pat en arrière. L'idée est majeure! se rapproché Oe Perdii | j'en am-

brasse tonte li poi tée.

\ mOIl Kl S, d'un i II. in '

miioi i: i . m /• i Je lésa p o <■ \ iolemment.

AlR : J'ai MM lr Parmi s sr </<•< ij.ifrirs. Oui, p. n oetts i Ml o . Ile,

Je \ .n-. p"i' i 1 1 M iDche enti 'eux.

VIllDIKIlKs , à fi,ll t.

1 1 m» lniit joui > , je sa le.

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VI . femme p ut potu I \ .If \ .ni \ i\ i c m ni . il. dui^nc ! [Gatment,

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verdières. Je cours les reten

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