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SCENE IX

LOLOTTE, MOQUET, entrant par 1$ fond,

d'un air sombre, cl un bouquet a la main. NINETTE.

MOQUET, d'une voix caverneuse. Ninette ! Ninette!

NINETTE, bas à sa mère. Le bouquet! il le tient!

LOLOTTE, bas. Silence !

MOQUET. Ah! c'est vous, Lolotte?.. estce que vous ne pourriez pas nous laisser seuls tous les deux?

lolotte, l'observant. IMonDieu! monsieur Moquet, comme vous êtes pale!

MOQUET. Pale! c'est possible... chacun a sa couleur qui lui est propre. [Ninette se dirige vers la droite pour sortir; il lui dit avec autorité :) Ninette, restez! (A Lolotte.) Je voudrais deviser seul avec mon épouse.

lolotte. Non, certainement, je ne partirai pas, dans l'état d'exaspération où je vous vois.

MOQUET , croisant les bras, et d'une voix étouffée. Ah! oui; je suis exaspéré!., je concentre une foule de choses, et je tremble de tout mon être, comme... n'importe !

lolotte. Oh! Dieu! vous ressemblez à M. Levasseur, dans Gustave III.

MOQUET, vivement. Vous trouvez ?.. je plains cet artiste alors.

NINETTE, avec hésitation. Est-ce que la personne qui a sonné ?.

moquet. C'était pour cet engagement de Londres. [Ninette fait un mouvement de joie.) On venait chercher la réponse, mais tu l'as refusée.

NINETTE, avec embarras. C'est que....

quitter Paris !.. te quitter !

MOQUET, traînant sa phrase avec une intention ironique. Oui, tu y tiens... à Paris !

lolotte, effrayée. De quel air il dit ça !

ninette. Tous me faites peur ! mais qu'est-ce que vous avez donc ?

MOQUET, à pleine voix et d'un air décidé'. C'est que, ce qui vient de m'arriver est si dramatique!

nïxette. Quoi donc encore ?

MOQUET, prenant le bras de Ninette et celui de Lolotte , cl les amenant briuquemen près de lui. Je reconduisais ce monsieui qui a sonné tout-à-1'heure , et un autn jeune homme qui venait pour une pain de mollets... je les lâche au pied de l'esca lier, dans l'allée qui est très-noire, lorsqui je suis accosté par une jeunesse.

lolotte. Une jeunesse !

MOQUET. Je dis une jeunesse, je n'ei sais rien ; je n'ai pas vu sa figure. Elle nu dit : [Imitant une voix de femme.) M11* Ninette, de l'Opéra? C'est moi, je lui réponds Cette vieille femme se met à rire indécem ment.

lolotte, étonnée. Une vieille femme!

MOQUET. To, to... c'est ici, quoi ! qu'est ce que vous lui voulez? Elle répond : [S reprenant.) Ah!... Et voyez l'ingénuité d cette enfant...

LOLOTTE, plus étonnée. Une enfant !

MOQUET. Elle me dit : C'est vous qu êtes son domestique? [Avec indignation.

Son domestique? j'ai donc le pbysiqu d'un serf? j'ai donc l'air d'un groom , ac tuellement?Hein ! [Avant que Lolotte ait e le temps de lui répondre, il crie : ) Laissez moi !

LOLOTTE, cherchant à le calmer. Eh bien voyons! tout le inonde peut se tromper., vous lui avez dit qui vous êtes?

MOQUET. Oui.

ninette, à part. Ah! je respire!

MOQUET. Je ne lui ai rien dit du tout., et j'ai même ajouté : C'est moi.

NINKTTE, à part. O ciel !

lolotte. Mais c'est un mensonge!

MOQUET. C'était un piège... assez gros sier... que je tendais sous ses pas; ce homme y est tombé en plein.

LOLOTTE, encore plus étonnée. C'était U homme à présent!

MOQUET, imitant la voix de femme. T( nez , me dit-elle , remettez-lui cela.. qu'elle se trouve au rendez-vous de c soir... Silence ! [Avec fureur.) Et il ajoute Silence! ce qui veut dire : Motus!

( Il remonte un peu la scène et s'agite avec indignî tion. )

NINETTE, à part. Ah ! je suis morte ! lolotte. Eh bien! après? voyons., vous avez une manière de dire les choses.

LE MARI DE LA DAME DE CHOEURS

MOQUET, avec fureur. Alors, tremblant, lors de moi, je me rue sur ce vieillard.

LOLOTTE, n'y comprenant plus rien. Mais 'était une femme !

MOQUET, continuant sans l'écouter. Je le aisis par son peigne <T écaille, et je lui dis: Retite malheureuse! qui est-ce qui l'enoie ? (Imitant la voix de femme.) Grâce! race !.. me répond-elle ; c'est moi qui orte les bouquets de M"" Prévost.. [Tranu il le ment à Lolotte, en reprenant su voix aturcllc.) Mmo Prévost . la marchande de ouquets du Palais- Royal. (Lolottl le réunir, il semble croire ipCclle ne le comrenct pas.) Près de Chevet. (Même jeu ; il 'it plus fort :) Chevet! qui tient des honards. [S' avançant vers Lolotte, et d'un air urieux. ) Chevet! quoi? Chevet! (Tranuillcment.) J'allais en savoir davantage ;t ça m'aurait obligé) quand cet homme est échappé, me laissant seul avec les lées que j'ai, et cet attroupement de oses-pompon.

(Lolotte prend le bouquet.)

LOLOTTE, à part y comptant les roses. Sept! I y en a sept !

NINETTE, à part. Sept heures!

MOQL'ET, jtrenunt une pose digne, et d'un m calme. INinette, voudriez-vous mC doner la clef ?

NINETTE. Quelle clef?

MOQL'ET. La ciel de ceci... qu'en dis-tu? e voudrais connaître votre conclusum!

LOLOTTE, s' avançant. J'en dis, j'en dis..

MOQUET, la repoussant dubras, l\i mêlez... je n'ai pas l'honneur de vous adreser la parole, à vous.

NINETTE. Mon Dieu! mon ami, je t'asure que je ne sais pas... et puis. . enfin.. u reste...

moquet. Ce n'est pas là un conclusion!

lolotte. Je tous demande un peu s'il

a de quoi se mettre martel en tête pour m méchant bouquet de trois livres dix ous.

moquet. Je m'importe peu du prix! Je M mettrai en tète ce que je voudrai... moinême! mais provisoirement, vous mex-

édez, vous me fatiguez, vous m'eiimi\i ■/..

B remonte la scène avec colère et tourne le «I"-» tu deux femmes.)

LOLOTTE. Vous êtes un malhonnête.

NINETTE, te plaçant pn i de Lolotte* Ah ! i vous insultez ma mère..*

HOQUET, redescendant la tcène, Je ne

ms pas un malhonnête , j<* n'insulte pis ta nère ; je ne lui dis lien, je lui porte I

ime.... nécessaire... je 1< prie seulement

le me laisser tranquille.. (// Lolotte) Fai-

tes-moi le plaisir de me laisser tranquille dans mes foyers... ah!

mm i ' i \ mil me chercher querelle, parce qu'on m'achète i i-pomj

Est-rc ma faute, à moi .'

■oqi m . Et ce rendez-vous?... Quel est

votre conclusum ?

lolotte, faneuse. Allez, vous n

qu'un jaloux, et avec un mau COtnmfl

■OQI LT , allant pour .s 'eian. et 9CTI Lolotte.

Hein?... qu'est-ce que vous reries?...

NINETTE, retenant Manul. MonaifUf

Moquet!.. . mon ami !...

■OQI BT] a Lolol/e, d'un air furieux , et

parlant par-dessus l'épaule de Ninette sssi

lui lnirie le passage, .Ne donne/, pu 'de mauvais conseils a ma femme.

LOLOTTE. Moi!

■OQI BT, (fiant. Je VOUS pi i» de ;;iidei

le silence le plus religieux dans vos avis.

J'ai èpOUSC liia femme pour moi, pour moi tout seul {il donne un baiser à Aï entendez-vous.' je tiens l'emploi en < 1. et sans partage.. «

(Il quitte Niaetti

NINETTE. Mail oui... mais oui .. qm

vous dit le contraire?... [Pleurant.; Aussi, je t'aime, Léon !.. .

■OQI bt. Tu m'aimes, Léon ; tu m'aimes, Léon! mais ce bouquet, mats ce rendez-vous? tu m'aimes, Léon! DUUS inconnu ! quel est-il .'

mm i n . baissant les feu t. le ne sais...

lolotte. "N <»u< ne derei pas le connaître! . .. vous ne le connaîtra i pas!... / dant le brai devant Sinette, en ligne depro* tection. Je défends à ma Bile de \<>us le nommer.

mm mi Mi mère ' voyot

■OQI it » frappé de ttupem Comment!

mais i est donc vrai? Je voulais me renfermer dois le doute, \'»us m, dépouillez

de cette faculté ? D'un air de fuém

\ ou s me réduisez à craplo] i I • ■ mal du commissaii e '. !

loi n i 1 1, pas tant au mil tout-ii-mtip. Eh bien! quand cela serait vi u quand eue serait aim< «pii

vaut niieiiN dans le bout di son do ;i . qui .

mm i m . ifit ii ealsM l

Mais non, maman!

i oi o i r i . Mi - s, ; i , donc! je veux lm dire ï i dm insu e dnomme,

MOOl 1 l . ! tant de pilt I, <

bras» Allez, allez toujours. , j<- me ci

les lu as. .. « oinmc N apolcon . nu 1 1

louiie... Ailes, inveilivez-iii'U |, |*SJSJ n»,

ainsi...

LE MAGASIN

LOLOTTE , s' approchant de lui avec rage. Oui, oui, votre femme est aimée...

MOQUET , les bras croisés. Bon!

LOLOTTE , criant. Adorée î

MOQLET , criant. Bien!

LOLOTTE , criant plus fort. Adulée !

MOQUET, criant plus fort. Très-bien!

LOLOTTE , criant de toutes ses forces. Idolâtrée !

MOQUET, imitant toujours Lolotte. Bon!

la Marseillaise ! (A part.) Hein ! hein !... en voilà-t-il des couleuvres que j'avale... à lonfts traits!., en voilà-t-il une matelote de couleuvres... qui m'est offerte!

Ai iv de Julie.

C'est un supplice ! une horrible torlurc ! Je n'eonnais rien d1 plus affreux sous le ciel! J'aimerais mieux être dans la posture Où se trouvait l'ouvrier Dufavcl.

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