‹ Pièces de théâtreChapitre 81 sur 1241 · SCIAI. II · texte numérisé non relu

SCIAI. II

MARH i i B, WD1 NELMOOR, l'.MMY.

ElU arirvien <oui,mi < n\i

Emma.

MM.'i i m . Hadaoû

* y Inroor, Bmn .

LE MAGASIN THÉÂTRAL

r\m\.Eh! bien, que veut donc Mariette ?

MARIETTE. Quelqu'un à cheval entre

t| ,[,.. l'avenue.

i \iu \ Ah! ce ne peut être que Ion futur!

LAD! RELMOOR. M. de Normont? II ignore QjU4 je suis ici.

EMMA. Mais non , c'est qu'il ne l'ignore

pas.

LADl IELMOOB. Comment?

EMM A. Il était u inquiet d'apprendre où tu étais. . . .

LADl RELMOOR. Que tu le lui as dit.

EMMA. Je croie qu'oui.

LADl RELMOOR. Et tu penses qu'il viendra ?

EMMA. J'ai peur de le lui avoir conseillé.

LADl RELMOOR. Mais c'est une trahison!

EMMA. Que ta me pardonneras !

LADl RELMOOR. Il le faut bien.

EMMA. Et j'espère que tu ne refuseras pas la porte à ton futur ?

LADl RELMOOR. Le moyen? Allons, recevons-le ! mais aide moi d'abord a reprendre mon costume ordinaire. ( Elle prend la mantille de taffetas noir).

EMMA. Laisse-moi faire ! Et vous Mariette, allez pour qu'il ne nous surprenne pas. [Mariette sort).

LAin RELMOOR, riant pendant qu'Emma l'aide à placer sa mantille. Il doit penser, j'en sui ssûre, (pie j'ai au moins la taille de travers , tant je prends coin de la cacher.

EMMA , lut donnant son chapeau. Tiens , ton affreux chapeau qui te donne dix années de plus.

LADl RELMOOR , riant en mettant ses gante. Il doit me supposer des mains affreuses.

EMMA arrangeant U bonnet qui eet eout

le thapeau. Attends, celte dentelle ne tombe pas assez bas, elle laisse encore voir un peu de tes eheveux.

LADl RELMOOR M regardant au miroir.

Oh! mais tu me remis horrible !

EMMA. C'est par amitié. Tu m'as convertie a tes principes.

LA1>\ RELMOOR smniant. T'en servirastu puur ton usage.

EMMA, le ne suis pas encore assez parfaite pour cela ! El nuis, vois-tu, ma chère Adinc , pour se faire aimer avant le mariage , on peut avoir du superflu en fait de beauté j mais après on n'a rien de trop.. .

Œlle examine Lady Nelmoor de tous côtéei

Que dira M. de Normont qui t'a toujours vue ainsi , et qui croit n'épouser qu'une femme respectai le . quand il trouvera une jolie femme ! Il est capable de se plaindre de ce que la, mariée cal trop belle.

lady NELMOOR riant. Oh ! alors, je serai sa femme et il ne s'apercevra peut-être pas si je suis jolie.

EMMA. C'est possible ! d'ailleurs , avec un homme si raisonnable , la beauté. . . . ce sera du bien perdu.

LADY NELMOOR Soupirant. Ah !.. .

EMMA. Voilà un soupir qui n'est pas du mêmeavisque tes paroles de toutà l'heure.

LADY NELMOOR avecunpeu d'impatience.

Ecoute , Emma ! autrefois à la pension, lu passais pour la plus contrariante et la plus moqueuse de nos compagnes : est-ce que ce serait encore comme autrefois.

EMMA. Par exemple ! est-ce que toi, autrefois, tu n'étais pas étourdie, coquette? Et à présent , Dieu merci , tu as de la sagesse plus qu'il n'en faut à une femme pour son usage! Cela m'effraie , j'ai peur qu'il n'arrive quelque malheur.

LADY RELMOOR riant. Et que veux-lu qu'il arrive, folle ?

EMMA. Cela n'est pas naturel ! car enfin les autres femmes me trouvent déjà prude et sévère moi , } areeque je n'ai envie de plaire qu'à mon mari ! Ce qui n'empêche pas pourtant que je sois bien aise quand les autres me trouvent aimable et jolie.

LADY NELMOOR. Ah ! ah .' mais c'est de ii coquetterie . cela !

EMMA. Allons donc , il faut bien se distiaire un peu , surtout lorsqu'on a uo mari officier , qui passe la moitié de l'année à son régiment et qui ne nous aime que par semestre.

LADY NELMOOR. Eh bien ! cela n'est pas prudent ! On est sa[;e. . . c'est vrai , mais il vaut encore mieux fuir le danger.

EMMA. C'est aussi ce que je fais... quand il peut y avoir du danger. L'hiver dernier, par exemple , j'ai consigné à ma porte un. jeune fou , un de nos hommes à la mode, qui me suivait partout et faisait mille extravagances ! Ah ! j'ai été d'une sévérité , d'autant plus que ces mauvais sujets ont toujours un je ne sais quoi !...

lady NELMOOR. Quelle horreur ! peuxtu bien dire cela ?

EMMA. Que veux-tu , c'est que c'est vrai ! Ils réussissent souvent a plaire aux, femmes les plus raisonnables , et remportent sur les hommes les plus sensés.

lady NELMOOR. Tu as vraiment des idées !. .. Pour moi, ma chère amie , on m'en avait présenté un de ce genre là, dès les premiers jours de mon arrivée à Paris; on avait imaginé un projet de mariage. . . Ah ! si tu savais comme je l'ai traité. . .

EMMA. Moi , je n'ai jamais voulu recevoir le mieu ! Eh ! bien , je te l'avoue, je

UN MARÏAGË raisonnable.

crois que i'a'i eu tort ! il ne faut jamais prendre rie résolutions extrêmes !

LADY NELMOOR. Au contraire ! et je lui ai fait fermer ma porte impitoyablement.

EMMA. Pourquoi cela ! tu ne risquais rien , toi . puisque tu as les hommes à \<x mode en horreur, et que tu serais di^ne de te mettre à la tête d'une croisade contre les étourdis.

LADY NELMOOR. Encore !

Emma. Ne te fâche point ! Mais pourquoi donc M. de Normont n'arrive-t-il pas? Mariette le retient peut-être.

LADY NELMOOR , souriant. Elle pense sans doute que je ne suis pas piête à le recevoir.

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