‹ Pièces de théâtreChapitre 825 sur 1241 · BURETTE · texte numérisé non relu

BURETTE

A moi?... ce ne serait rien , peu importe ; mais c'est à vous qu'il faut penser... Vous souffrez, vous êtes malade... Hier, avoir suivi cette chasse pendant cinq heures, et puis danser à ce bal une partie de la nuit... Vous n'êtes pat raisonnable, vous ne vous ménagez pas... vous mourrez.

EDOUARD

^ Eh bien, tant mieux... c'est < c que je veux, c'est ce que je désire... Iri, comme à Paris, i folies, ces plaisirs extravagants auxquels je me livre, me sont devenus nécessaires... j'en ai besoin pour m'étourdir, pour ne pas rester seul avec moi-même; car je souffre trop, je suis trop malheureux.

SUZETTE

Vous, malheureux! quelle peut en êtn l.i i au.se?

Edouard.

loi seule.

si /.Kl i i Moi , grands dieux !

EDOUARD

Oui, Suzette... je t'ai toujours aimée... je t'aime comme un insensé, comme un malheureux eu délire.

SL'ZETTE, se cachant la figure avec la main. Ah ! monsieur, que me dites-vous là!

EDOUARD

D'abord , je l'avoue , j'ai cherché à me faire aimer de toi; puis j'ai rougi de mes projets... j'ai voulu te fuir, te traiter avec froideur, avec dureté, te parler comme un maître... mais ta bouté et ta douceur m'ont toujours désarmé ... et ce qui a achevé de renverser toutes mes idées, toutes mes résolutions, c'est que cet amour qui me dévorait, il m'a été facile, depuis quelque temps, de voir que tu le partageais.

SFJZETTE, naïvement.

C'est vrai...

EDOUARD

Tu m'aimes donc maintenant?

SUZETTE

Maintenant... non, ça a toujours été de même; mais c'est depuis quelque temps seulement que je m'en suis aperçue.

EDOUARD

Grands dieux !

SUCETTE.

Mais vous, monsieur Edouard, vous ne devez pas le savoir ; vous devez l'ignorer. Obtenez de votre père que je quitte ces lieux... que je m'en aille.

EDOUARD

Tu veux quitter ces lieux!

8UZM i l .

Oui... je ne puis pas y vivre... je souffre trop; tout m'y rappelle les bienfaits de votre mère; votre état, le mien, et la distance qui nous sépare... Et jugez, monsieur, juge/, des tourments que j'éprouve, lorsque je vous dirai qu'hier , pendant ce bal, de la première pièce dont les portes étaient ouvertes, je nous ai vu, dans ce salon qui m'est interdit, je vous

ai vu toute la soirée danser avec mademoiselle de Luceval.

EDOUARD

Cest mon père qui me lavait ordonné.

SUZEI II..

Parcequ'U veut vous marier avec elle... je n'en puis douter ; j'en suis sûre.

EDOUARD

Qui te l'a dit? où l'as-tu vu?

IUZETTI , montrant son cœur.

Là... il est des pressant! menti oui ne trompent jamais...

EDOUARD

Et moi, je jure que jamais je m consentirai

g une pareille union ; OU plutôt , il est un moyen

de te rassurer, <i de l.i rendre impossible.

Quel est-il?

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