‹ Pièces de théâtreChapitre 853 sur 1241 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SUZETTE; EDOUARD, à la crois.

ÉDOV ARD *.

Suzette, est-il parti?

SUZETTE

Monsieur, que venez-vous faire en ces lieux?... me perdre.

EDOUARD , courant auprès de Suzctte.

Non... mais je viens réclamer mes droits... CBS droits, que leur perfidie essaie en vain de m'cnlever... Car tu étais «à moi... tu m'appartiens par ton amour... Je t'ai épargnée, je t'ai respectée... et quand je pense qu'aujourd'hui même, un autre obtiendra un prix qui n'était dû qu'à moi .. que ce Bertrand auquel on t'a sacrifiée...

SUZETTE

Monsieur...

EDOUARD

Celte idée seule fait bouillir mon saiij; dans mes veines.

SUZETTE

Celui que j'ai épousé mérite mon estime, la vôtre; et c'est pour être digne de lui que je ne dois pas vous ('coûter plus long-temps-.. Laissez- moi.

EDOUARD

Moi! te laisser !... non... Quelque malheur, quelque danger qui me menace, je reste en ces lieux... rien ne pourra m'en arracher.

SUZETTE

Quoi! pas même l'idée de compromettre mon bonheur, ou ma réputation ! Ah , monsieur! quelle différence!... ce n'est p;is là ce que je viens d'entendre.

EDOUARD

C'est que personne ne t'a jamais aimée comme je t'aime... et quels sont ces devoirs qu'on t'a imposés malgré toi, malgré ton cœur?...

sont-ils plus sacrés que les promesses que tu mas laites?... Oui, Su/.ette, c'est moi qui ai reçu tes serments... c'est moi qui suis ton amant, ton mari... Viens, fuyons... suis-moi, >i tu m'aimes... (Il reut l'entraîner.)

SUZETTE , s'arrachant de ses braa

lamaii ! vous êtes sans pitié pour moi , je le

• k.luii ird . Sutctt<

serai pour vous... O ciel! j'entends du bruit... on vient... éloignez-vous.

EDOUARD

Non... je reste.

SUZETTE

Par grâce !... par pitié!... si ce n'est pas pour moi, que ce soit pour lui, pour son repos... .l'en appelle à votre honneur... à votre amour... partez à l'instant... ou je croirai que vous ne m'avez jamais aimée.

EDOUARD

Tu le veux, je m'éloigne... (S'approchant de la croisée et se retirant aussitôt. ) Bertrand est sous cette fenêtre, qui donne des ordres à des ouvriers.

SUZETTE, montrant la porte du fond.

Eh bien , descendez vite par cet escalier.

EDOUARD, entendant parler du dehors.

Impossible!... C'est la fermière... c'est madame Pinchon!... Que diable vient-elle faire ici?... Ne crains rien, Suzette, je serai prudent.

(Il se cache derrière le paravent et le referme sur \aL) SUZETTE.

O mon Dieu! vous me punissez «le l'avoir écouté !

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