‹ Pièces de théâtreChapitre 913 sur 1241 · IM1H · texte numérisé non relu

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nore pas moins que Le roi qui a su vous apprécier.

LAGARDIE

Ah ! sire...

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Oui, monsieur, oui..

Air : Ce luth galant, etc.

Heureux le roi qui donne sa laveur Au vrai mérite, au courage, à l'honneur ! Au\ cœurs de ses sujets il fait chérir sa gloire : Quand le temps aura fui , Quand jugera l'histoire, Les choix qu'il a su faire, escortant sa mémoire, Irout plaider pour lui.

Eh! mais, c'est singulier, plus je vous regarde... Vous n'êtes jamais venu en Pologne? LAGARDIE.

Jamais, sire.

CASIMIR

Voyez pourtant, vos traits réveillent en moi un souvenir confus... Au milieu d'une fête!... d'une noce... je me rappelle... non, je ne me rappelle rien... Ah! sur mon trône, j'ai eu tant de secousses, que je n'ai plus guère l.i tête a moi!

LAGARDIE

Ce n'est pas l'opinion de l'Europe, sire. CASIMIR.

L'Europe est trop bonne, et vous aussi.

LAGARDIE

Ea mission dont je suis chargé prouve assez l'estime qu'elle fait de vos lumières... Votre majesté n'ignore pas que son successeur au trône de Pologne...

CASIMl!'..

Oui, le pauvre Michel !... il est mort après s'être fait Lattre par les Turcs... J'ai quitte' à temps; ça aurait bien pu m'arriver.

LAGARDIE

Vos dix ans de règne ont prouvé le contraire... aussi le roi de Suède, mon maître, d'aCCOrd avec le cabinet de Versailles, s'est

assuré de L'élection, et vous invite par ma

voix à remonter sur le trône.

CAS1MIH. *

Le trône 1... Que signifie cette plaisanterie, monsieur? êtes-vous venu ici pour vous jou< i de moi ?

LAGARDIE

Ah! sire, pouvez -voua supposer...? Ces lettres de créance...

CASIMIR, Quoîl Ce serait sérieusement!... ( Il jette an coup-d'œil mu les lettres. ) Oui, ma foi! rien n'égale ma surprise! Il \ a donc disette d'amhi-

tieux, pour qu'on ait pensé à moii... On

m'avait BSSUré que Jean Sûbieslu se mettait sur les ran;;s ; excellent elu>i\ pour Cette pau- Vre Pologne que j'aimerai toujours mais de

loin!... Il lui faut un héros; et sons ce rapport . Sobieskî est bien mieux son fait ave

moi; avec les meilleures intentions du monde, je ne suis pas un grand homme, c'est connu j'ai fait mes preuves.

LAGARDIE

Ce que j'entends a droit de m'étonner à mon tour!... Puis-je m'expliquer avec franchise?

CASIMl H.

Oui... oui., nous sommes convenus que je n'étais plus roi.

LAGARDIE

Eh l)ien ! sire, il me semhle que mon message ne devrait pas être imprévu pour vous... Les lettres confidentielles de madame de Maintenon , ce qu'elle m'a dit hier elle-même dans une audience secrète...

CASt.Mir,.

Plaît-il ?

LAGARDIE

Quelqu'un de votre maison lui a répondu de votre désir, de votre consentement...

< \slMIR.

Qui aurait eu l'audace...? Que je n'aie pas su toujours ce qui se passait dans mon royaume, rien de plus simple ; mais dans mon ménage !.. Et vous a-t-elle nommé...?

LAGAHDIE.

Non , sire.

UN HUISS1EK , annonçant.

Madame la maréchale de l'Hôpital!

LAGARDIE, à part.

Ah! j'éprouve un trouhle...

CASIMIR, à part.

La maréchale!

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