‹ Pièces de théâtreChapitre 93 sur 1241 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LADY NELMOOR , puis M. DE VERPY.

|«AD1 NELMOOR seule et agitée. Eh bien / il part , il s'éloigne et je ne puis le retenir. Que lui dire ? Je l'ai offensé, je l'ai banni. ]1 ne reviendra plus/ Quelle noblesse de pensées, quelle chaleur d'expressions, quelle délicatesse de sentimens ; et je ne

le reverrais jamais ? Oh il faut

[Elle va vers la porte du fond sans Irop savoir ce qu'elle fait. M. de Ycrpy parait). Mon oncle ....

H. DE VERPY. Où couriez-vous ainsi, ma nièce? Et quel changement, bon Dieu. ( ette robe, c< tte coiffure, c'est charmant,

charmant en vérité ? Mais qu'avez-vous ? ce n'est pas seulement votre toilette qui » -t différente j vous, si calme d'ordinaire, si paisible, rous êtes troublée. ..

LAD1 NELMOOR. Moi /

M. DE VBRF1 Vos yeoi sont pleins de larmes.

LAD1 NELMOOR. liais non.

H. DE VERPY. Mais >i ( // lui prend la main) el \ oui trembles ?

LAD1 NELMOOR. Vous vous trompez, mon oncle.

M. DE VERPY. Non, je ne me trompe ] et j< riens de rencontrer 11. Arthur, il était troublé aussi. Ma nièce, auriezvoua A > ous plâiudre de cet étourdi ?

l.\m NELMOOR. A me plaindre de lui ?

de M. \ il !» u i : (»ii non.' c'est impossible.

m Dl \i rpt. Impossible, allons dooe/

un (.une fou . oudacieux . inconséquent.

I un M I MOOR. El ou av. y. VOUS pris ,

mon oncle, qu'il esl Ton, audacieux et

inconséquent.

M. DE VERPY. Où je l'ai pris , mais quand il n'y aurait que toutes les extravagances qu'il a faites aujourd'hui.

LADY NELMOOR. Qnoi donc ?

M. de VERPY. Eh bien, sa chute de cheval ?

LADY NELMOOR. Un événement malheureux.

M. DE VERPY. Malheureux / je voudrais savoir pour qui ? Et jNormont , enfermé dans une chambre, pendant qu'on me retenait d'un autre côté/

LADY NELMOOR. Une mépris sans doute!... un accident !...

M. DE VERPY. Un accident qui a des suites, il me semble !

LADY NELMOOR. Vous croyez ?

M. DE VERPY. J'en ai peur!.... et cet amour qu'il promène aux pieds de toutes les femmes, qu'il a offert à votre amie même !...

LADY NELMOOR. La vanité d'une femme peut si bien se tromper sur ces choses là /

M. DE VERPY. Ah ! mais ses affaires en désordre.

LAJ>1 NELMOOR, vivement. Du désordre!

lui qui tout à l'heure offrait une somme considérable qu'il croyait m'être nécessaire !

M. DE VERPY. Bah!... ah ça , mais c'est donc un garçon très rangé, un modèle de sagesse?

LADY NELMOOR. Et si bon... si noble...

M. DE VERPY. Oui dà ?

LADY NELMOOR. Jamais aucun homme n'a si bien senti tout ce qui convient au caractère et au cour d'une femme.

M. DE VERPY. Vraiment !

LADY NELMOOR. Il devine ses idées, partage toutes ses petites susceptibilités...

M. DE verpy. Voyez vous ça....

LAD1 NELMOOR. Comprend tout ce qu'elle petit éprouver, tout ce, qui peut servir à sou bonheur.

M .de verpy. Qui diantre se serait douté de pareille chose?

L\in NELMOOR. Ce i tes, il faudrait une grande injustice pour oe pas trouver sa conduite cl ses paroles pleines de bonté , d'esprit et de raison.

M. DE VERPY. En vérité!...

LADl NELMOOR. Oui, mon oncle...

Il DE VERPY. Malepeste! M. Arthur a l'ait bien du chernio pour un boiteux?

i \nv NELMOOR. Que dites vous?...

M. DE VERPY. Je dis, ma nièce que je m'associe à vos inquiétudes, A votre trouble car vous ôtes agitée, émue, comme quelqu'un qui aurait à réparer une cireur uu

L'N MARIAGE RAISONNABLE

une injustice!... envers M. Arthur , eh ! bien, nous réparerons cela! n'est-ce pas? [Il la regarde malicieusement.) Après votre mariage avec M. delNormont!

l\dy XELMOOR , reculant et comme frappée de stupeur. Mon mariage avec M. de iNormont l

M. DE YERPY. N'est-ce pas demain que nous signons le conlrat?

LEDY NELMOOR. Demain!...

M. DEVERPY. Sans doute, est-ce quelles vingt-quatre heures de réflexion...

LADY KELMOOR , vivement. Les vingtquatre heures de reflexion prouvent que j'avais encore la possibilité de changer d'avis.

H. DE VBRPT. Certainement !... si vous trouviez qu'il y avait moyen de faire un mariage plus raisonnable!... est-ce que... (// la regarde avec intention.)

LADY kelmoor, maligne et caressante.

Convenez . mon oncle , que des gens médians pourraient trouver M. de Normont... quelque peu ridicule!...

M. DE YERPY. Ah! ah! et vous avez découvert cela aujourd'hui ! tudieu ! que de découvertes en un jour! allons, allons I.... j'y suis! et moi aussi j'en ai fait une!

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