SCENE PREMIERE
FORSTER, REAUSKJOUR, LA ( If VNOI- NESSE, MARGUERITE, AMI El K
An lever du rideau , Mai guérite est assise à droite «lu j>uhlic ; près d'iJ,!i:, a sa gauebe, Amélie < st assise sur un . ut la Clianuinessc se lient debout à sa droit* : Marguerite a surscs genoux un album < dans lequel les deux autres femmes jet) temps en temps durant i.i >iun.-. 1). l'autre cote" du théâtre, près de la table où sont restées les curi de la Chanoinesse, au d assis el I sonl sépai • ipar toulc la largeur du ibi
LA chanoinesse, se penchant vers les deux
femmes et indiquant le projet d'isoler les deux
hommes de leur cmvertation.
Il paraît que M. Bonnard lit dans le par lettres qui viennent de lui arri\er de P qu'Albert est occupé à écrire dans sa chambre, i i que nous pouvons causer ici comme li imus étions seules.. M. Forfter est si sérieux, et M. Reauséjour si étourdi, qw> fait de les bannir!... Nous De parler* Dl pas de la journée a M. de Beauiéjour, pour le punir d'avoir compromis Mmo Rcauval.
amii.ii: , 1 tant.
Et moi qui n'avais rien vu de dangereux ce rendez-vous!... on l'ait comme cela nulle un prudences, parce qu'on ne vous instruit pas du tout de ces choses-la dans les couvens.
MAIIGL'ERITK , fiant.
Folle ï... veux-tu donc qu'il y ait un»
LA CUANOIISE.^E, riant.
l'our traiter des rendez-vous, peut -è:
MAHOl Kllll i: , posant ta main sur la I \>n,'lic.
Ah! si cette bonne téte-la pOQYail être aussi raisonnable qu'elle est jolie !••• Mail U y I la un
peu de folie, m aiment!
AMÈUM.
Tu me donneras de la raison, toi qui I pour deux.
MAKUlKltli
Non!... Util, eu ce moment, j'ai de la joi cœur a en vouloir donner a lOUl Ci qui uVOD-
toure: .. I je souliailerais tant qui tu fusses heureuse, toi !..
LA CIIANOIMK8SK.
m Beauval s'ennuie, que oe M fail
une colleeiion de choiOI curieuses, au lien de faire des coquetteries?... Mon Dieu, le i
la peine et L'argent qu'elle emploierait .1 <e procurer des magots et des perroquet*, ne seraient
pa> perdoi !.. oab loi i iti mil lovai m \
tandis qui rtlBUM I : eaux oiseaux
de paaaag reste pas même une
plume!... et. du mon*, on ne se compromet pas les oiaena empaillés.
I l'-nt.
béai iftjoi u \ Forttti ei Mariant,
11 paraît que là-1 nspirc contre nous?...
l.i tante aat le chelde la conspirât 1 une
vieille rancune.
IOHMER, trêS-ijr
même »cs : la luiii r dea 1 nmea, la .1 bonbeui et l<
• pl.n»J:
< > 1 1 " \ous ne plaisan' M "... Bail s
gravité amer; pa» COB»
preodre que • 1 •.n«tr
qu il faut ni 'A
n nie Loi.
11 «1 •• !• dr mi|i-
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Si je demaodaii pardoa, on refueetaii .
i\. \Ol loin.
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Cl IfM.JiUH /
Aussi, j'en ril
1 \ 1 un, de
Me.
/ lit un ., lattM
quitté1 leni pJ* I uiei
roMTBA, haut r mm.
oh oh i ne sera
pas.
BIAI
inde même q
AL-r», je pai
■■Ai IBJOI u . •• M rant la n.
MAGASIN THEATRAL
la ciianoinesse, aux femmes.
Quel est donc ce pari que monsieur est si sûr de gagner?
BEAUSÉJOUR, très-haut.
Oui, mon cher monsieur Forster, toutes les choses rares qui sont sur cette table, tout ce que vous avez apporté d'Amérique, en y comprenant vos millions, ne vaut pas ce que j'ai dans ma poche.
FORSTER
Bah!...
BEAUSÉJOUR
M. du Sommerard n'a rien de pareil dans sa collection, et la marquise de Montade prétend qu'elle se brouillera avec moi, si je ne le lui donne pas pour la sienne.
LA CHANOINESSE
Qu'est-ce que cela peut être T
Beauséjour prend clans sa poche un petit portefeuille, en tire un papier plie' en quatre, l'ouvre et montre une mèche de cheveux.
FORSTER
Une mèche de cheveux !
LA CIIANOINESSE.
De qui donc?
Elle s'avance un peu et cherche à voir. BEAUSÉJOUR.
l'ne mèche de cheveux d'un des Templiers brûlés sous Philippe-le-Bel!... authentique!... Regardez plutôt!... puis voilà un papier qui le prouverait, si cela pouvait avoir besoin de preuves !
LA chanoinbsse, s approchant.
Monsieur de Beauséjour, apporter ici pareille chose est bien obligeant !
FORSTER, la voyant s'approcher.
Oh!...
BEAUSÉJOUR , à part.
Et dune!...
la ciianoinesse, regardant les cheveux.
Comme ils sont conservés!... on ne dirait pas qu'ils datent de si loin !...
beauséjour , à part.
Je le crois bien \ (Il a abandonné la mèche â la Ciianoinesse qui l'examine : il tire la Mode de sa poche.) Voila le dernier numéro de la Mode!... La gravure est justement lu toilette qu'avait hier soir Mme de Léville, et qui a tant t'ait parler quand elle a été sortie de chez Mme de Relrnare. AMÉLIE , qui s'est levée au nom de Mmt de Léville, cl qui accourt.
Elle a parfois des toilettes si bizarres! voyons donc !
FORSTER
Oh!...
BEAUSÉJOUR , à part.
Et de deux! (// lai.sse la Mode entre les mains d'Amélie et tire un autre journal </<• sa poche.) Ah! ce journal est pour Albert qui veut savoir où l'on souscrit pour les incendiés de la Creuze !... Ce diable d'Albert, je ne sais pas comment il
fait, il a toujours de l'argent pour tous les malheureux! (Marguerite s'est levée au nom d'Albert, et elle s'approche à mesure que Beauséjour en parle.) Il n'y en a guères comme lui!... ordinairement, ceux qui sont généreux n'ont pas d'argent, et ceux qui ont de l'argent ne sont pas généreux!... Mais Albert ! oh! c'est un homme à part !... je ne connais personne de meilleur et de plus parfait au monde!
marguerite , arrivée tout près de Beauséjour il s'appuyant sur le dossier de soji fauteuil. N'est-ce pas ?
FORSTER
Oh!...
BEAUSÉJOUR, à part.
Et de trois ! ( Haut en se levant. ) Vous étiez là, madame? {Il rit. ) Eh bien ! monsieur Forster?..
FORSTER
Vous avez gagné !...
Il prend gravement dans sa poche un paquet de bank-notes.
LA CHANOINESSE
Comment?... qu'a donc gagné M. de Beauséjour?
FORSTER
Le pari qu'il avait fait qu'après l'avoir repoussé quand il allait près de vous, mesdames, vous arriveriez toutes trois près de lui !
les trois femmes, en s'éloignant.
Ah!...
forster, lui donnant la bourse.
Voilà votre somme !
BEAUSÉJOUR
Merci! J'en achèterai le ;>etit alezan dont Rodolphe d'Harcourt veut se défaire. Ces jeunes gens de la haute société me vendent tous leurs mauvais chevaux pour un peu de bonne amitié qu'ils me donnent, et ils croient que je ne m'en aperçois pas!... Ils se trompent! j'ai mis cela dans le chapitre des dépenses perdues!...
\m (/<• lt Robe ci U» Boites.
M. h . 1 1 l argent sitôt que je parie, Je suis lûr de le ressaisir :
Pour moi c'est une économie, El pour Forster c'est un plaisir :
A me dupei en riant on s'essaie, Je Fais semblant d'être dupe en effet,
J'achète niais c'est lui qui paie,
Et toul le monde est satisfait.
forster, trùs-grave.
Il plaisante toujours!
BEAUSÉJOUR
Au reste, il est juste que vous payez aujourd'hui pour le mauvais tour que vous nous aviez joué en nous amenant cette espèce diroquois arrivé des bords du lac Ontario... M. Bonnard!
Les femmes qui causaient ensemble se rapprochent. MARGUERITE.
Que dites-vous de RI. Honnard?
beauséjour.
Je dis que, grùce à Dieu, nous en sommes débarrassés, il est parti!
MARGUERITE
LA CEIAKOINESSE.
Parti, lui? Oh ! vous ne le connaissez pas !
BEAU9ÉJOUn.
Comment?
FORSTER
Sans doute!... Il va passer plusieurs jours au château. Tenez, demandez plutôt à M. le comte Albert que voici.