‹ Pièces de théâtreChapitre 996 sur 1241 · BONNARD, MARGUERITE · texte numérisé non relu

BONNARD, MARGUERITE

marguerite, arrivant leste et joyeuse.

Mon oncle!...

BONNARD

Ah! ma charmante nièce, que ce nom d'oncle me fait de bien!... il ne faut pas moins que votre présence et l'espoir de votre amitié pour me remettre un peu.

MARGUERITE

Mais c'est vrai!... vous paraisse/ tout troublé, c'est ma faute peut-être? ... Ce matin, je vous ai reçu dans un moment de chagrin ; je suis encore un peu enfant, je pleure sans raison, et je vous aurai attristé?... Allons, c'est à moi de dissiper cette tristesse.

BONNARD

Qu'elle est gentille!

MARGUERITE, tràs-grtie.

Vous craigniez que mon mariage n'eût pas été volontaire et ne fût pas heureux?... Soyez bien tranquille à ce sujet, dès le premier jour où j'ai vu Albert, je l'ai aimé.

bonnard, triste.

Je le comprends à présent.

MARGUERITE

Le monde l'estime; ses amis lui sont dévoués, jusqu'aux gens qui le servent, tous vantent sa bonté, et moi je l'admire... ah! je bénis le ciel d'avoir uni mon sort au sien.

BONNARD, à pari.

Ah! mon Dieu! comment lui dire maintenant tout ce qui se passe?

MARGUERITE

Mais rassurez-vous doue!... une erreur vous a empêché de connaître Albert, et quand vous l'aurez vu...

BONNARD, triste.

Mais, je l'ai vu 1

MARGUIRITE.

Quand vous lui aurez parlé?...

BONNARD, soupirant.

Mais je lui ai parlé.

MARGUERITE

Et qu'a-t-il donc dit qui puisse vous attrister ainsi ?

BONNARD

Marguerite, s'il fallait que vous vinssiez avec moi, avec moi qui ai tant chéri votre père, et qui vous aime déjà de toute mon âme?

MARGUERITE

Eh bien, sans doute, nous irions... car à l'avevir nous resterons tous ensemble... notre maison sera la vôtre... Albert et moi nous serons vos enfans...

bonnard, à lui-même.

En vérité, c'est impossible à lui dire!

Impossible?... Mais il n'y a qu'une chose impossible en ce monde, c'est de me séparer d'Albert.

BONNARD

Si je voulais... si je devais vous emmener loin d'ici... loin de lui?

MARGUERITE

Est-ce que j'y consentirais jamais?

BONNARD

Ou si des événemens pénibles le forçaient à

s'éloigner, lui ?

MARGUERITE

Je le suivrais !

BONNARD

Si le malheur l'avait frappé?

MARGUERITE

Je le suivrais malheureux !

BONNARD

Et s'il ne vous aimait pas, ma pauvre enfant?

MARGUERITE

Ah! s'il ne m'aimait pas?... ô mon Dieu!...

BONNARD

Que feriez-vous?

Je le suivrais encore!...

BONNARD

Et si c'est lui qui ordonne cette séparation ?

MARGUERITE

Lui?...

BONNARD

S'il l'exige?... s'il y pensait... depuis ce funeste mariage?

MARGUERITE

Je ne comprends pas !

BONNARD

Ma foi, ni moi non plus !

MARGUERITE

Dites-lui donc... non, ne lui dites rien !... mais où est-il? que je le voie... que je lui parle... car vous vous êtes trompé.

Air : Un matelot.

('/■•si une erreur! vous D'avei pu lYnirmlrc Ce moi cruel < 1 1 1 i me glacte d'effroi ! Lui, nuni Albert, que j'ai rêva i icnJrc,

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Oui, qu'elle lui parle !... qu'il la voie!... car devant ses larmes toute ma colère di>parali a moi !.. (// ta vers la porte de gauche.) H est MARGUERITE, courant a la poric.

Il est là?... Albert!...

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