BONNARD, MARGUERITE
marguerite, arrivant leste et joyeuse.
Mon oncle!...
BONNARD
Ah! ma charmante nièce, que ce nom d'oncle me fait de bien!... il ne faut pas moins que votre présence et l'espoir de votre amitié pour me remettre un peu.
MARGUERITE
Mais c'est vrai!... vous paraisse/ tout troublé, c'est ma faute peut-être? ... Ce matin, je vous ai reçu dans un moment de chagrin ; je suis encore un peu enfant, je pleure sans raison, et je vous aurai attristé?... Allons, c'est à moi de dissiper cette tristesse.
BONNARD
Qu'elle est gentille!
MARGUERITE, tràs-grtie.
Vous craigniez que mon mariage n'eût pas été volontaire et ne fût pas heureux?... Soyez bien tranquille à ce sujet, dès le premier jour où j'ai vu Albert, je l'ai aimé.
bonnard, triste.
Je le comprends à présent.
MARGUERITE
Le monde l'estime; ses amis lui sont dévoués, jusqu'aux gens qui le servent, tous vantent sa bonté, et moi je l'admire... ah! je bénis le ciel d'avoir uni mon sort au sien.
BONNARD, à pari.
Ah! mon Dieu! comment lui dire maintenant tout ce qui se passe?
MARGUERITE
Mais rassurez-vous doue!... une erreur vous a empêché de connaître Albert, et quand vous l'aurez vu...
BONNARD, triste.
Mais, je l'ai vu 1
MARGUIRITE.
Quand vous lui aurez parlé?...
BONNARD, soupirant.
Mais je lui ai parlé.
MARGUERITE
Et qu'a-t-il donc dit qui puisse vous attrister ainsi ?
BONNARD
Marguerite, s'il fallait que vous vinssiez avec moi, avec moi qui ai tant chéri votre père, et qui vous aime déjà de toute mon âme?
MARGUERITE
Eh bien, sans doute, nous irions... car à l'avevir nous resterons tous ensemble... notre maison sera la vôtre... Albert et moi nous serons vos enfans...
bonnard, à lui-même.
En vérité, c'est impossible à lui dire!
Impossible?... Mais il n'y a qu'une chose impossible en ce monde, c'est de me séparer d'Albert.
BONNARD
Si je voulais... si je devais vous emmener loin d'ici... loin de lui?
MARGUERITE
Est-ce que j'y consentirais jamais?
BONNARD
Ou si des événemens pénibles le forçaient à
s'éloigner, lui ?
MARGUERITE
Je le suivrais !
BONNARD
Si le malheur l'avait frappé?
MARGUERITE
Je le suivrais malheureux !
BONNARD
Et s'il ne vous aimait pas, ma pauvre enfant?
MARGUERITE
Ah! s'il ne m'aimait pas?... ô mon Dieu!...
BONNARD
Que feriez-vous?
Je le suivrais encore!...
BONNARD
Et si c'est lui qui ordonne cette séparation ?
MARGUERITE
Lui?...
BONNARD
S'il l'exige?... s'il y pensait... depuis ce funeste mariage?
MARGUERITE
Je ne comprends pas !
BONNARD
Ma foi, ni moi non plus !
MARGUERITE
Dites-lui donc... non, ne lui dites rien !... mais où est-il? que je le voie... que je lui parle... car vous vous êtes trompé.
Air : Un matelot.
('/■•si une erreur! vous D'avei pu lYnirmlrc Ce moi cruel < 1 1 1 i me glacte d'effroi ! Lui, nuni Albert, que j'ai rêva i icnJrc,
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S'il l'oubliait, muusieui , j m • u j<ju\iens!
B05NARD
Oui, qu'elle lui parle !... qu'il la voie!... car devant ses larmes toute ma colère di>parali a moi !.. (// ta vers la porte de gauche.) H est MARGUERITE, courant a la poric.
Il est là?... Albert!...
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