‹ Pièces de théâtreChapitre 108 sur 575 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les precldents, HENRIETTE.

HENRIETTE. Eh bien. Monsieur, qu'est-ce que vous faites donc? de tous les cotés on demande le marié, on ne sait ce qu'il est devenu, et Monsieur est là à causer bien tranquillement, penriant que j'étais d'une mquiétude...

LEON. Je devine, c'est là ta femme.

HENRIETTE. Oui, Monsieur; et ce n'est pas bien à vous de venir ainsi déiangir mon mari; vous êtes cau>-e que j'ai lirouillé deux contredanses, parce que je reg.irdais toujours par la fenêtre si c'était bien avec un monsieur qu'il causait; et quand il faut danser la-bas, et être ici, ça ne va pas du tout.

RoGEK. C'est ((u' voyez-vous, par caractère, ma femme est UH peu jalouse.

HENRIETTE. Oui, Monsieur ; je ne m'en (liifcnJs jias.

lÉON. C'est moi seul qui suis coupable; pardon, Madcmoiselk".

BE^R1ETTE, d'uH air fàché. Tiens, Mademoiselle!

LEON, souriant. J'ai tort, je devais dire Madame.

HENRIETTE. A la bonne heure! ça n'est pas par Ccrtù, mais ce mot-là me fait tant de plaisir à entendre! il y a si longtemps que je l'attendais! j'avais tant d'envie d'être appelée madame Roger! Madame Roger, c'est un beau nom; n'est-ce pas. Monsieur?

ROGER. Cette cliiire Henriette!

LEON. Ah! que vous êtes heureux! toi du moins, rien ne s'oppose à ton union; tu peu\ épouser celle que tu aimes... tu avais raison tout à l'heure; il n'est pas en mon pouvoir de rien ajouter i ton bonheur, mais je veux du moins, avant de vous quitter, faire mou cadeau à la mariée. [Otant une bague de son doigt.) Tenez, ma belle enfant.

HENRIETTE, retirant Sa main gauche qu'il leutprendre. Oh! non, Monsieur, pas à cette main-là, c'est l'anneau que Roger m'adonne. En vous remerciantbien.(/l Roger.) Vois comme il est brillant ; mais c'est égal, j'aime mieux l'autre. {Regardant son autre main.) Mais renironsdans la salle du bal, où l'on doit danser longtemps encore, car il n'est que neuf heures.

LEON, vivement. Neuf heures! vous en êtes bien sûre?

ROGER, soi/;)i'ra«( et regardant Henriette. Oh! oui. Monsieur: il n'est que cela.

LEON. Adieu, mes amis; adieu, comptez sur inui. {Revenant et leur prenant la main.) Et si jamais nous étions séparés, si je ne devais plus vous revoir... Mais non, ne pensons pas à cela. Je vous reverrai. Adieu, Henriette; adieu, Roger ; bonne nuit. {Il sort par la droite.)

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