FIORELLA, RODOLPHE
(Zerbine l'amène et sort.)
noiiELLA. Quoi! Monsieur, vous n'avez point voulu iKirtir sans me dire un dernier adieu?
RODOLPHE. Je l'ai voulu. Je l'ai essayé du moins; c'est Impossible, je suis revenu sur mes pas; car, malgré ma colère, je sens là ipic j'ai été envers vous injuste et cruel.
FIORELLA. Vous voilii! tout cst oubl'é.
nonoLiMiE, sans l'écouter et avec égarement. Oui, vous oublier, c'est ce que j'avais dit, je l'avais juré, mais je ne sais plus tenir mes scrinenis. [Regardant autour de lui pour voir si on ne peut l'entendre.) Ecoute, Camille, veux-tu renoncer à les trésors, il tun opulence?
FIORELLA. Je l'ai dé à fait, j'ai remis ma fortune entre les mains d'Albert ; n.oi je ne veux plus rien, et je (lars.
BonoLpiiE (lui, tu part, ras, il le faut, mais avec mol.
FIORELLA. Que dites-vous? il se pouriailY
RODOLPHE. J'ai lutté en vain, je ne le puis, c'est au-dessus de mes forces, ma raison même y succomberait. Dérobons-nous a tous les reganls, renonçons à ma famille, à mes amis; qu'ils oublient qui nous avons été; t.'lcbons surtout de l'oublier nous-mêmes; et loin de notre patrie, loin de l'Europe, cherchons quelque endroit écarte où nous puissions cacher notre amour. (^ voixbasse et avec force.) Viens, je t'épouserai!
FIORELLA, portant la main à son cœur. Dieu! (Avec ivresse.) Moi, Rodolphe, moi votre femme! et c'est vous qui me le proposez! Ali! je ne croyais lias qu'un si grand bonheur me fût réservé. Oui, mon cœur est heureux et fier d'un pareil sacrifice, mais il n'en serait plus digne s'il pouvait accepter.
RODOLPHE. Qu'osez-vous dire?
FIORELLA. Qiie mon bonheur, que mon amour même, ne peuvent me faire oublier le soin de votre honneur! Moi vous priver de vus amis, de votre famille, de votre [latrie! Non, d'aulres destins vous atteodcnl, votre pays vous réclame, la carrière des armes voiis cA ouverte. C est là Rodolphe, c'est au champ dhonueurqne vous devez m'oublier.
DUO
Partez, la gloire vous appelle!
Oubliez d'indignes amours!
L'honneur qui vous sera fidèle Prendra soin d'embellir vos jours.
RODOLPHE
Ce refus qui me désespèic
Vous rendra plus digne de ma îoil
FIORELLA
Dans ma retraite solitaire Votre nom viendra jusqu'il moi !
De vos succès je serai lière.
Heureuse de votre bonheur.
RODOLPHE
Non, non, dans la nature eut ère, Plus d'espérance pour mon cœ .r!
Toi seule m'attaches à la vie.
Et si je ne peux te fléchir, A tes pieds mes maux vont finir.
FIORELLA
Ce n'est point à mes pieds, c'est pour votre palrio Qu'il vous est permis de mourir!
ENSEMBLE
FIORELLA
Parlez, la gloire vous appelle ! Oubliez d'indignes amours :
L'honneur qui vous sera fidèle Prendra soin d'embellir vos jours.
RODOLPHE
Vainement la gloire m'appelle, Camille est mes seules amours.
Tu le veux,., tu le veux, cruelle?
Oui, je m'éloigne et pour toujours.
(^Rodolphe va sortir, lorsqu'on entend en di'hors la loix de Piétro, qui se dispute aveo Zerbine.)