‹ Pièces de théâtreChapitre 202 sur 575 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AMY, seule, entrant avec précipitation. Je ne vois persoune dans cette galerie, mais j'ignore où elle conduit. De quel cote, maintenant, tourner mes pas? comment regagner ce pavillon, que sir Raleigh m'avait assigné pour asile, et ipi'il m'avait suppliée de ne pas quitter? (i'est une imprudence que j'ai faite, mais comment résister à mon impatience? Depuis deux heures jatlendais, et pas un mot de lui, pas la moindre nouvelle! Ne pouvait-il s'échapper un instant, et venir me rassurer ? Il me semblait qu'en sortant de ce pavillon, je ne pouvais manquer de l'apercevoir, lui, ou sir Raleiïh : mais à jieine avais-|e mis le pied dans le parc, qu'il m'a été impossible de m'y recounaitre ; ces immenses allées, ces massifs, ces labyrinthes, c'est à n'en pas finir. Ab! mon Dieu, que tout cela est grand; et je vous demande àquoi servent des jardins comme ceux-là? Ne vaudrait-il pas mieux en avoir un où l'on fût toujours sur de se rencontrer? A chaque instant je voyais jiasser près de moi des pa'jes qui tenaient de riches bannières, des seigneurs en habit de cour, des valets en livrée qui portaient des vases de fleurs, on des tapis magnifiques; quelquefois je me basardais, d'une voix tremblante, a leur adresser la parole; ah! bien oui, ils étaient si empressés, si affairés, ils ne m'entendaient pas; et dans ces lieux, ou peut-être aurai.s-je le droit de commander, personne ne d lignait me répondre, ou faire atlenliou à moi ; personne, excepte ces deux bomines d'armes; j'en tremble encore! oser m'arrêter par la main, moi, la comtesse de Leicester!

AIR

Mais on vient... ô bonheur! c'est lui, je l'aperçois. Courons... Mais non, il n'est pas seul, je crois. Et ipielle est cette femme aussi noble que belle?

Ses yeux se sont tournés vers elle...

Leicester!.. Ah! grands dieux! il s'éloigne soudain; Mais sa bouche infidèle a pressé cette main...

D'où vient donc ce soupçon qui m'étonne,

Et se glisse en mon coeur éperdu?

LEICESTi'[l.

Malgré moi, la force m'abandonne; C'en e;t fait... c'était lui.,, je l'ai vu! (Si! lecaiit.) Non, je ne puis le croire encore; Quoil mon époux me trahirait!

C'est faire injure à celui i|ue j'adore, Et queUiue erreur, sans doute, m'abusait. D'où vient donc cet effroi qui m'étonne, Et se irlisse en mon cœur éperdu?

Malirré moi, la force m'abandonne ; C'en est fait... c'élait lui. . je l'ai vu!

{Elle tombe accablée sur un fauleiiil)

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